Marc Simoncini veut « faire au vélo ce que l’iPhone a été au téléphone » : « un objet qui n’existe pas mais que l’on a inventé ». Ce projet se matérialise ainsi par un deux-roues électrique baptisé Angell, au design certes soigné, mais à la grille tarifaire élevée.

Difficile de résumer la longue carrière du chef d’entreprise Marc Simoncini. Cet entrepreneur français aujourd’hui âgé de 56 ans s’est notamment forgé une solide réputation après avoir fondé le célèbre site de rencontres Meetic, en 2001. Membre du Conseil national du numérique entre 2011 et 2012, l’homme d’affaires n’a cessé d’investir dans de jeunes entreprises, personnellement ou à travers son ancien fonds d’investissement Jaïna Capital.

De Devialet à Made.com en passant par Winamax, OuiCar, OLX ou Plyce, l’ami de Xavier Niel a eu le nez fin en s’intéressant de près à des sociétés aux nombreuses success stories. Aujourd’hui, l’intéressé jette son dévolu sur un nouveau créneau d’avenir : la mobilité urbaine électrique. C’est pourquoi le quinquagénaire lance un tout nouveau vélo à assistance électrique répondant au nom d’Angell.

Une « urgence écologique »

Marc Simoncini a justifié ce choix dans le cadre d’une keynote récemment mise en ligne sur YouTube, n’hésitant pas à pointer du doigt le moyen de transport qu’est l’automobile. « La voiture, c’est un truc de dingue. Déjà, ça se déplace à 15 km/h en moyenne à Paris. On perd une semaine par an dans les bouchons. On a un problème avec cet objet », constate-t-il.

Et de poursuivre : « 75 % des déplacements que l’on fait dans une ville font moins de 5 kilomètres. C’est bizarre d’utiliser un outil aussi mal adapté pour les déplacements urbains ». L’informaticien d’origine poursuit son speech au travers de trois constats : « Le premier, c’est que les villes sont en train de se redessiner intégralement. Ensuite, on voit que les moyens de locomotion dans les villes sont en train d’être redistribués ».

Troisième constat : « Il y a un sujet inéluctable, c’est qu’on a tous conscience de l’urgence écologique ». De ce raisonnement découle donc le projet Angell, vélo électrique aux qualités nombreuses. Son design, en premier lieu : soigné, sans pour autant sortir tout droit du futur. Le modèle s’équipe ensuite d’un moteur de 250W situé sur le moyeu de la roue arrière, en accord avec les normes européennes, pour filer à une allure maximale de 25 km/h.

Côté matériaux, comptez sur un cadre en aluminium, une fourche en carbone, des rayons en acier inoxydable et des jantes en alliages de 28 pouces. D’un poids très raisonnable de 13,9 kilos, Angell s’arme d’une batterie amovible de deux kilos, laquelle fournit un rayon d’action de 70 kilomètres. De quoi effectuer des déplacements urbains en toute tranquillité. Deux heures de chargement suffisent pour lui redonner 100 % de son jus.

Ecran tactile et GPS intégré

Sur le plan de la sécurité, la société a privilégié des freins à disque Tektro HDR 310, couplés à des phares sur mesure Spanninga, des clignotants et des vibreurs directionnels. Ces derniers s’apparentent à une aide à la navigation censée maintenir votre regard sur la route, apprend-on sur la page produit du vélo. 

Déterminés à proposer un modèle connecté capable de se démarquer de la concurrence, Marc Simoncini et ses équipes ont logiquement ajouté un écran tactile d’une diagonale de 2,4 pouces directement intégré au guidon de l’engin. Ce faisant, le conducteur accède aux principales informations de conduite (niveau de batterie, calories, vitesse, distance) et à un GPS optimisé en fonction du trafic et de la météo. 

Autre fonctionnalité proposée : la possibilité de programmer des objectifs personnels (une distance parcourue, un nombre de calories brûlées) avant un trajet. Sachez cependant que l’écran n’a pas besoin d’être obligatoirement connecté à une application mobile pour fonctionner. L’appareiller à son téléphone permet en revanche de géolocaliser le vélo n’importe où, n’importe quand, et prévenir un contact d’urgence en cas de chute via un message automatiquement envoyé. 

A l’achat ou en location

Quatre modes de conduite sont proposés à l’utilisateur : Fly Fast, qui délivre une accélération et une puissance maximale ; Fly Dry, un mode intelligent qui s’ajuste à votre effort et votre trajet en dégageant la puissance nécessaire ; Fly Eco, pour économiser la batterie et allonger vos distances ; et Fly Free, qui désactive l’assistance électrique. 

Sur le papier, Angell dispose donc d’atouts charmeurs susceptibles de vous faire franchir le cap. Sa grille tarifaire pourrait cependant vous faire rebrousser chemin : 2690 euros, ni plus, ni moins, ou 74,90 euros par mois pendant trois ans. Des sommes onéreuses que seuls les plus fortunés pourront se permettre de dépenser. Livraisons prévues au printemps 2020.