
Monter une vidéo, générer des images à l’aide de l’IA puis lancer un jeu : si ces activités sollicitent des ressources différentes, la plateforme RTX Spark de Nvidia rend tout cela possible sur une seule et même machine.
Les premiers PC portables qui embarquent la nouvelle puce N1X, au centre de toutes les attentions, commencent à passer entre les mains des experts et débarquent dans le commerce. Plusieurs références signées Asus, Lenovo, Microsoft, MSI ou encore HP sont proposées sur le site de la Fnac, à l’achat ou en précommande.
RTX Spark : une nouvelle architecture pour les PC portables Windows
Avec RTX Spark, Nvidia entend redéfinir les capacités des ordinateurs sous Windows 11. La plateforme vise l’IA en local, les jeux vidéo et la création exigeante, et repose sur les composants et les logiciels du fabricant historique de puces graphiques.

RTX Spark s’appuie sur une puce, baptisée N1X, qui réunit le processeur et la puce graphique autour d’une même mémoire vive : ce SoC (System on a Chip) intègre un CPU Grace et un GPU Blackwell – la dernière génération des puces Nvidia – qui se partagent les tâches. Le premier s’occupe du fonctionnement général et de la coordination du système quand le second prend en charge les calculs lourds et le rendu graphique.
N1X se décline en deux variantes : la première associe 18 cœurs CPU et 5 120 cœurs GPU, tandis que la seconde passe à 20 cœurs CPU et 6 144 cœurs GPU. Cette dernière dispose de davantage de ressources de calcul pour les tâches exigeantes, qu’il s’agisse de création, d’intelligence artificielle ou de jeu vidéo.
La mémoire unifiée : une différence de taille pour l’IA
Le principal changement apporté par le SoC N1X tient à sa mémoire unifiée. Traditionnellement séparées, la mémoire vive du CPU et la mémoire vidéo du GPU sont ici réunies pour offrir un grand bassin dans lequel l’ordinateur va venir piocher en fonction de ses besoins.
L’intérêt se mesure surtout à la taille des projets que l’on souhaite traiter. Charger un modèle d’IA volumineux ou travailler sur une scène 3D complexe demande beaucoup de ressources, en plus de la puissance nécessaire pour réaliser les calculs. Les configurations RTX Spark proposent ainsi de 24 à 128 Go de mémoire :
- 24 ou 32 Go pour combiner création, jeu et premiers usages de modèles IA locaux adaptés à cette capacité (jusqu’à 25 milliards de paramètres) ;
- 48 ou 64 Go pour charger des modèles plus volumineux (jusqu’à 90 milliards de paramètres) et disposer de davantage de marge pour ses projets créatifs ;
- 128 Go pour les grands modèles locaux (jusqu’à 120 milliards de paramètres) et les scènes 3D particulièrement lourdes.
Ces chiffres restent des ordres de grandeur : les besoins dépendent du modèle d’IA choisi, de sa compression et de la longueur des contenus qu’il doit traiter. Un agent local peut aussi fonctionner avec un petit modèle, il n’est donc pas réservé aux configurations les plus riches en mémoire.
Cette architecture vise également une meilleure efficacité énergétique, avec l’objectif de conserver des performances élevées sur batterie. L’autonomie et la puissance effectivement disponibles dépendent toutefois de chaque ordinateur, de ses réglages et des applications utilisées.
IA, jeu et création : ce que permet RTX Spark
IA en local et agents : de nombreux avantages
Les PC RTX Spark permettent d’installer et d’exécuter des modèles d’intelligence artificielle directement sur la machine. Résumer des documents, transcrire un enregistrement ou générer des images peut ainsi se faire sans solliciter un serveur distant, avec les outils compatibles. Cette approche présente plusieurs avantages :
- maîtrise des données : un traitement entièrement local permet de conserver les fichiers sur l’ordinateur, sans devoir les transmettre à un service cloud. Les données ne servent pas à entraîner les modèles d’une entreprise tierce et ne risquent pas d’être exposées lors d’une faille de sécurité d’un service cloud ;
- fonctionnement hors connexion : une fois le modèle et les logiciels téléchargés, les tâches locales restent accessibles sans Internet ;
- absence de facturation à la requête : l’utilisation de modèles locaux à poids ouverts, comme Llama 3 ou Mistral, ne coûte rien à l’usage, sans abonnement à un service cloud ni paiement au volume de texte traité, mesuré en tokens ;
- personnalisation et contrôle : on choisit exactement quel modèle utiliser en fonction de son besoin. On peut, le cas échéant, le modifier et l’affiner avec ses propres données, sans subir les restrictions ou les changements imposés par les fournisseurs de services cloud.

Les agents IA prolongent ces possibilités en utilisant des outils pour enchaîner plusieurs actions en vue d’automatiser un processus. Avec les intégrations et les autorisations nécessaires, un agent peut par exemple consulter un dossier, en extraire les informations utiles puis préparer une synthèse. D’autres scénarios, comme modifier un rendez-vous ou envoyer un compte-rendu, nécessitent un accès aux services concernés : les usages sont nombreux, d’autant qu’un agent peut combiner traitements locaux et services en ligne.
Jouer et créer en toute mobilité
RTX Spark ne doit pas pour autant être considéré comme une plateforme dédiée à l’IA. Conforme à l’ADN de son fabricant, la puce N1X est tout aussi capable de faire tourner des jeux dans de bonnes conditions, notamment en faisant appel aux avancées logicielles maison comme le DLSS.
Dans les jeux compatibles, elle associe ainsi génération d’images et effets de lumière avancés, notamment grâce au path tracing. Nvidia annonce la prise en charge de centaines de jeux dès le lancement, parmi lesquels Cyberpunk 2077, Fortnite, Marvel Rivals, World of Warcraft ou encore NBA 2K27, premier titre à exploiter le DLSS 5.

L’architecture Arm de la puce N1X impose néanmoins certaines limites. Pour fonctionner sur Spark, de nombreux jeux développés pour les processeurs x86 s’appuient sur de l’émulation, tandis que d’autres restent incompatibles, notamment en raison de leur système anti-triche. Nvidia travaille avec les développeurs pour élargir la liste des jeux pris en charge nativement par Spark.
Les principales applications de création, comme Adobe Photoshop ou DaVinci Resolve, fonctionnent nativement sur l’architecture Arm des RTX Spark, sans passer par l’émulation. Une simple recherche sur Works on WoA permet de savoir si le logiciel que l’on utilise fréquemment est pris en charge par la plateforme de manière naturelle ou émulée.
Quel PC portable RTX Spark choisir à la Fnac selon ses usages ?
Deux critères principaux déterminent l’usage que l’on pourra faire d’un PC portable sous RTX Spark : la quantité de mémoire et la variante de la puce. La première fixe la taille des modèles que l’on peut charger, y compris pour les agents locaux, tandis que la seconde joue sur la vitesse avec laquelle les tâches vont s’exécuter.
De manière plus conventionnelle, la taille et la fluidité de l’écran, l’espace disque sur lequel installer les modèles d’IA, les logiciels et les jeux mais aussi la connectique sont d’autres critères à prendre en compte.

Les modèles disponibles à la Fnac, à l’achat ou en précommande, couvrent des besoins variés :
- le PC portable Asus ProArt P14 H7407BA-SM250X vise les usages les plus lourds, des modèles à 120 milliards de paramètres aux agents IA en local. Équipé du N1X 20 cœurs CPU / 6 144 cœurs GPU et de 128 Go de mémoire, d’un écran tactile OLED de 14 pouces à 120 Hz et de 1 To de SSD, il ne pèse que 1,48 kg pour seulement 1,59 cm d’épaisseur ;
- le Lenovo Yoga 9n 2-en-1, dans sa configuration à 32 Go de mémoire et N1X à 18 cœurs CPU et 5 120 cœurs GPU, privilégie un équilibre entre création, jeu et utilisation de modèles locaux moins volumineux. Son écran OLED tactile de 16 pouces offre davantage d’espace pour une timeline de montage ou plusieurs fenêtres de travail ; il est livré avec deux stylets Lenovo Yoga, un étui et un chargeur USB-C de 140 watts pour être prêt à voyager dès la sortie de la boîte ;

- enfin, le Microsoft Surface Laptop Ultra, affiché à 2 899 euros à la Fnac, équipé de cette même variante du N1X, de 24 Go de mémoire et d’un SSD de 512 Go, permet de combiner les usages courants avec la création, le jeu et l’expérimentation de petits modèles locaux. Avec 24 Go de mémoire et 512 Go de stockage, il faudra en revanche s’en tenir à de petits modèles et surveiller l’espace disque.
