Test de l’Asus ProArt P16 : j’ai vécu une semaine avec le premier PC portable Arm de Nvidia

Beau, mais bruyant

 
Après avoir passé la puce RTX Spark au crible, place à la machine qui l’accueille. L’Asus ProArt P16 associe un superbe écran OLED 4K, des finitions haut de gamme et jusqu’à 128 Go de mémoire, mais il souffle fort, chauffe les cuisses et coûte très cher. Voici ce qu’il vaut au quotidien.
L'Asus ProArt P16 RTX Spark ouvert sur une table, écran OLED allumé
L’Asus ProArt P16 RTX Spark, ici dans sa version 128 Go.

Hier, on a publié un test très complet de la puce Nvidia RTX Spark, avec ses performances en jeu, en IA locale, en création et sur batterie, face à un MacBook Pro M5 Pro, à un PC portable gamer en RTX 5070, au Snapdragon X2 Elite Extreme et au Ryzen AI Max+ 395.

Cet article s’intéresse cette fois à la machine elle-même, l’Asus ProArt P16, premier PC portable RTX Spark à passer entre mes mains.

On parlera donc moins de benchmarks et davantage de ce qu’on vit avec l’ordinateur au quotidien : son écran, son châssis, sa connectique, son bruit, sa chauffe et son autonomie. On l’a aussi emmené pendant 11 heures de vol sans Internet, avec une IA chinoise gratuite installée en local à la place de ChatGPT. Bref, vous avez beaucoup de lectures pour mieux appréhender la puce RTX Spark. Et encore, ce n’est que le début.

Pour aller plus loin
On a testé la puce Nvidia RTX Spark qui veut réinventer le PC : les résultats face à Apple, AMD et une RTX 5070

Un test pas tout à fait comme les autres

Ce test n’est pas un test classique. Je n’ai pas eu le temps de passer l’écran à la sonde, si bien que la luminosité, la fidélité des couleurs et le scintillement de la dalle ne sont pas mesurés.

Le reste a en revanche été mesuré en détail, du Wi-Fi au bruit en passant par la chauffe, la consommation de l’écran et l’autonomie selon les usages. Il s’agit donc d’une prise en main très approfondie, assez complète pour aboutir à une note.

Il faut aussi garder en tête que le ProArt P16 n’est que l’un des six PC portables RTX Spark annoncés à ce jour, aux côtés du ProArt P14, du Surface Ultra de Microsoft, de l’OmniBook Ultra 16 de HP, du Yoga Pro 9 de Lenovo et du Prestige N16 Flip AI+ de MSI. Ses défauts ne sont donc pas forcément ceux de la plateforme.

Comme ses concurrents, il ne vise pas l’ultraportable sobre et endurant, mais la machine de performance polyvalente, capable de jouer, de créer et de faire tourner de gros modèles d’IA. Petit spoil : si vous vous attendiez à des autonomies de 20 heures, ce qu’on pourrait attendre d’une machine ARM, vous allez être déçu. Par contre, il y a de la performance, beaucoup de performance.

CaractéristiqueFiche AsusMon exemplaire
RéférenceProArt P16 H7607BAH7607BA, BIOS 304
PuceNvidia RTX Spark N1X gravée en 3 nm par TSMC, processeur Arm de 18 ou 20 cœurs selon la configuration20 cœurs
Partie graphiqueGPU Blackwell intégré, 5 120 ou 6 144 cœurs CUDA selon la configuration6 144 cœurs CUDA
Mémoire unifiéeDe 24 à 128 Go de LPDDR5X-9400 soudée, bus de 256 bits, environ 300 Go/s128 Go, dont 96 Go réservés au GPU ce jour-là
StockageSSD PCIe 4.0 de 512 Go à 2 To, deux emplacements M.2 2280 PCIe 5.0 x4 dont un libre (SSD simple face uniquement)SSD Samsung de 1 To (954 Go visibles)
ÉcranOLED 16 pouces 16:10, 3 840 x 2 400 pixels, tactile au doigt et au styletDalle Samsung ATNA60HC05, 283 pixels par pouce
Fréquence et réactivité120 Hz, 0,2 msFréquence variable de 30 à 120 Hz
Luminosité et couleurs700 cd/m² en SDR, 1 600 cd/m² en pic HDR, 100 % DCI-P3, Pantone Validated, DisplayHDR True Black 1400, traitement antirefletNon mesuré, Dolby Vision, 8 bits
Ports USB3 USB4 Type-C à 40 Gb/s (DisplayPort et recharge), 1 USB-A 3.2 Gen 2 à 10 Gb/s3 contrôleurs USB4 détectés
Autres portsHDMI 2.1 FRL, lecteur SD Express 7.0, prise jack 3,5 mmNon testés
Sans-filWi-Fi 7 tri-bande 2×2, Bluetooth 5.4Carte MediaTek MT7925, Bluetooth LE Audio activé
WebcamFull HD avec infrarouge (Windows Hello)Reconnaissance faciale fonctionnelle
AudioHaut-parleurs avec amplificateur Smart Amp, micros en réseau avec réduction de bruitDeux amplificateurs Cirrus Logic CS35L56
Clavier et pavé tactileClavier rétroéclairé, course de 1,7 mm, pavé tactile haptique–
Batterie99,9 Wh, 4 cellules99,9 Wh, 3 cycles de charge
ChargeurUSB-C 140 W, câble 240 WJusqu’à 138,7 W mesurés à la prise
Dimensions35,41 x 24,30 x 1,29 à 1,59 cm–
Poids1,77 kgNon pesé
Sécurité et soliditéTPM 2.0, Microsoft Pluton, norme MIL-STD 810H–
SystèmeWindows 11 Famille ou Pro selon la configurationWindows 11 Famille on Arm
Logiciels AsusProArt Creator Hub, MyASUS, GlideX, ScreenXpert, StoryCube, MuseTreeTous préinstallés
Offres incluses2 mois de Xbox Game Pass Premium, 3 mois d’Adobe Creative Cloud, 3 mois de Google AI Pro, 500 Go de Dropbox pendant 6 mois, 3 mois de Goodnotes–
PrixDe 3 299,99 € (24 Go / 512 Go) à 7 599,99 € (128 Go / 2 To)Configuration 128 Go / 1 To non commercialisée
Sortie16 octobre 2026–
Fiche technique d’Asus, comparée aux informations relevées sur mon exemplaire de test.

Notez que l’exemplaire de ce test nous a été prêté par Asus.

Design et finitions : un PC portable premium, mais pas un MacBook

Le ProArt P16 a de l’allure. Son châssis noir mat, sobre et sans fioritures, porte simplement le logo ProArt en relief sur le capot, et l’ensemble respire la qualité, avec des matériaux solides et des assemblages sans reproche.

Je le range sans hésiter parmi les PC portables premium, dans la lignée de ce que propose Razer avec ses Blade, d’ailleurs absents de la première vague RTX Spark. Face aux derniers MacBook Pro, il reste toutefois un cran en dessous en matière de finition et de construction.

Capot noir mat de l'Asus ProArt P16 avec le logo ProArt
Le capot noir mat du ProArt P16, avec son logo ProArt en relief.

La machine reste aussi très fine pour la puissance qu’elle embarque, avec 1,29 à 1,59 cm d’épaisseur selon Asus, et un poids annoncé de 1,77 kg contenu pour un 16 pouces. Cette finesse a un revers, que l’on retrouvera dans la partie consacrée au bruit et à la chauffe : il faut évacuer jusqu’à 80 W de chaleur dans un châssis très mince.

Ce ProArt P16 semble d’ailleurs reprendre le châssis et la ventilation de la version x86, conçue pour accueillir une carte graphique dédiée. Asus n’a donc pas dessiné une nouvelle machine autour de la puce, comme Microsoft semble l’avoir fait avec son Surface Ultra.

Profil de l'Asus ProArt P16 écran ouvert, montrant sa finesse
Un châssis très fin pour une machine de cette puissance, ce qui pèse sur la ventilation.

Une connectique complète

La connectique est très complète pour une machine aussi fine. On trouve trois ports USB4 à 40 Gb/s, qui servent aussi à la recharge et à l’affichage, un port USB-A à 10 Gb/s, une sortie HDMI 2.1, un lecteur de cartes SD Express 7.0 et une prise jack. Pour un créateur qui jongle entre un écran externe, un disque rapide et des cartes mémoire d’appareil photo, il ne manque rien, et Windows détecte bien les trois contrôleurs USB4.

Tranche de l'Asus ProArt P16 avec ses ports
Sur les tranches, on trouve trois USB4, un USB-A, une sortie HDMI 2.1, un lecteur SD Express et une prise jack.

Clavier, pavé tactile et son

Le clavier rétroéclairé, avec une course de 1,7 mm, est agréable à utiliser au quotidien, et le pavé tactile haptique est immense, ce qui le rend très confortable pour naviguer comme pour retoucher. Les haut-parleurs, pilotés par deux amplificateurs Cirrus Logic, offrent un son ample et convaincant pour un PC portable, même si je ne les ai pas mesurés. La webcam Full HD s’accompagne d’un capteur infrarouge pour la reconnaissance faciale de Windows Hello, qui fonctionne bien.

Vue de dessus du clavier et du pavé tactile de l'Asus ProArt P16
Un clavier agréable et un pavé tactile haptique de très grande taille.
Gros plan sur le clavier rétroéclairé de l'Asus ProArt P16
Le clavier rétroéclairé, avec une course de 1,7 mm.

Écran : une dalle OLED 4K superbe à l’œil

L’écran est le grand point fort de cette machine. Il s’agit d’une dalle OLED Samsung de 16 pouces en 3 840 x 2 400 pixels, soit 283 pixels par pouce, avec une fréquence variable de 30 à 120 Hz.

Windows abaisse la fréquence quand l’image est fixe pour économiser de l’énergie, et monte à 120 Hz dès que l’on fait défiler une page ou que l’on joue. La dalle est certifiée DisplayHDR True Black 1400 et compatible Dolby Vision, elle est tactile et accepte un stylet, et un profil de couleurs calibré pour elle est installé d’usine.

Écran OLED de l'Asus ProArt P16 affichant un fond d'écran coloré
La dalle OLED 4K de 16 pouces, certifiée DisplayHDR True Black 1400.

Faute de sonde (et de temps), je n’ai pas pu vérifier les 700 cd/m² en SDR, les 1 600 cd/m² en HDR ni la couverture de 100 % du DCI-P3 annoncés par Asus.

À l’œil, le résultat est pourtant remarquable, avec des couleurs très riches, des noirs parfaits propres à l’OLED et une définition 4K d’une grande finesse. On voit tout de suite que cet écran a été pensé pour la création et pour le jeu vidéo. La mise à l’échelle est réglée par défaut à 200 %, et le HDR est désactivé à la sortie du carton. Pensez donc à bien paramétrer ça pour l’usage que vous allez avoir de la machine. Typiquement, je suis passé à une mise à l’échelle plus basse et j’ai évidemment activé le CDI. Enjeu : je vous conseille de jouer en 1600p.

Capture des paramètres avancés de l'écran dans Windows : 3 840 x 2 400, 120 Hz variable, DisplayHDR True Black 1400 et Dolby Vision
Windows confirme la fréquence variable de 30 à 120 Hz et les certifications DisplayHDR True Black 1400 et Dolby Vision.

L’écran OLED 4K est le grand point fort de ce ProArt P16 : des couleurs très riches, des noirs parfaits et une finesse remarquable.

Performances : la RTX Spark dans un châssis de créateur

Je ne reviens pas en détail sur les performances, que j’ai mesurées longuement dans mon test de la RTX Spark. Pour résumer, la puce de Nvidia se situe au niveau d’une RTX 5070 pour PC portable en jeu et en calcul graphique, alors que ses jusqu’à 128 Go de mémoire partagée en font la machine Windows la plus complète que j’ai testée pour l’IA locale. Son processeur Arm à 20 cœurs reste en revanche en retrait sur un seul cœur.

Test (mode Performance, sur secteur)Résultat
Geekbench 7 processeur, mono / multi2 635 / 23 462
Cinebench 2026, mono / multi469 / 6 544
Geekbench 7 CUDA / Vulkan184 550 / 109 956
3DMark Steel Nomad / Speed Way / Port Royal2 970 / 2 970 / 9 135
IA locale, Qwen3.6-35B-A3B, écriture74,8 tok/s
IA locale, gpt-oss-120b (63 Go), écriture63,3 tok/s
Principales mesures de la RTX Spark dans le ProArt P16, détaillées dans le test complet de la puce.

Pour une prise en main, un réglage mérite d’être connu : les 128 Go de mémoire sont partagés entre le processeur et le GPU, et la part réservée au GPU se règle dans l’application Nvidia. Mon exemplaire en réservait 96 Go au GPU, ce qui ne laissait que 30,5 Go à Windows, assez pour le quotidien, mais un peu juste pour certains usages. Entre 85 et 91 Go réservés, on garde un bon équilibre.

Capture du Gestionnaire des tâches de Windows montrant 96 Go de mémoire dédiés au GPU de la RTX Spark
Dans le Gestionnaire des tâches, le GPU de la RTX Spark dispose ici de 96 Go de mémoire dédiée.

En jeu, une RTX 5070 avec les contraintes d’Arm

En jeu, la dalle 4K et la RTX Spark forment un beau duo, à condition de s’appuyer sur le DLSS et la génération d’images pour tenir une bonne fluidité dans les titres les plus lourds. La plupart des jeux passent par Prism, l’émulateur de Windows qui traduit à la volée les instructions x86, ce qui coûte un peu de performances côté processeur. Surtout, plusieurs anti-triches de jeux compétitifs ne sont pas encore pris en charge, si bien que Valorant, League of Legends, Call of Duty ou Battlefield ne tournent pas aujourd’hui sur cette machine. Tous les détails sont dans notre test de la puce.

Jeu d'action en cours sur l'écran de l'Asus ProArt P16
En jeu, la RTX Spark se situe au niveau d’une RTX 5070 pour PC portable.
Jeu sombre affiché sur l'écran OLED de l'Asus ProArt P16
Les noirs profonds de l’OLED profitent particulièrement aux jeux sombres.

En IA locale, une machine sans équivalent sous Windows

C’est en IA locale que la machine se démarque vraiment, puisqu’elle fait tourner des modèles de plusieurs dizaines de gigaoctets qu’aucun PC portable classique ne peut charger. Je l’ai d’ailleurs emmenée à bord d’un vol long-courrier pour vérifier si elle pouvait remplacer une IA en ligne sans connexion, une expérience que je raconte dans cet article sur nos 11 heures de vol sans Internet avec un PC RTX Spark.

Agent IA Hermes affiché sur l'écran de l'Asus ProArt P16
L’agent Hermes tourne en local sur le ProArt P16, sans connexion à Internet.

Pour aller plus loin
J’ai remplacé ChatGPT par une IA chinoise gratuite : 11h de vol sans Internet avec un PC Nvidia RTX Spark

Logiciels : Windows sur Arm et trop d’applications Asus

Le ProArt P16 tourne sous Windows 11 on Arm, avec la couche d’émulation Prism et ses forces comme ses faiblesses. Qualcomm a bien préparé le terrain avec ses puces Snapdragon, si bien que beaucoup de logiciels populaires existent désormais en version Arm native, comme Blender, DaVinci Resolve, Affinity ou Photoshop, et que la plupart des autres tournent correctement grâce à Prism. Nvidia annonce travailler avec Adobe pour porter l’ensemble de sa suite en Arm natif, mais il s’agit encore de promesses. La machine reste parfaitement utilisable au quotidien.

Asus installe en revanche beaucoup trop de logiciels maison. On trouve le ProArt Creator Hub, qui regroupe les modes de performance, les réglages de couleurs de l’écran et un moniteur de ressources, mais aussi MyASUS, GlideX, ScreenXpert, StoryCube et MuseTree, des utilitaires dont on se passerait volontiers, sans compter les offres d’essai pour Xbox Game Pass, Adobe Creative Cloud, Google AI Pro, Dropbox ou Goodnotes. Le Creator Hub reste utile, puisqu’il permet de choisir le mode Performance, indispensable pour tirer le meilleur de la puce. Selon la configuration, Windows 11 est livré en édition Famille ou Pro, et mon exemplaire tournait en édition Famille.

Capture de l'application ProArt Creator Hub d'Asus
Le ProArt Creator Hub regroupe les modes de performance et les réglages de l’écran.

Quelques réglages d’usine méritent aussi d’être ajustés. Au débranchement, la machine repasse d’elle-même en mode Standard et Windows en mode « Équilibré ». L’écran s’éteint et la machine se met en veille après 3 minutes d’inactivité sur batterie, et 5 minutes sur secteur. L’économiseur d’énergie de Windows s’active enfin à 30 % de batterie, et il divise par deux la vitesse de l’IA en dessous de ce seuil : je conseille de le régler sur « Jamais » dans les paramètres d’alimentation.

Wi-Fi 7 et stockage

La carte Wi-Fi 7 de MediaTek (2×2) s’est connectée chez moi en Wi-Fi 7 sur la bande des 5 GHz, avec un lien annoncé à 2 882 Mb/s. En débit réel, mesuré avec iperf3 vers un PC fixe relié en Ethernet 2,5 GbE, le ProArt P16 tient 1,33 Gb/s en réception et 1,41 Gb/s en envoi sur un seul flux, et jusqu’à 1,65 Gb/s avec huit flux, pour une latence moyenne de 5 ms. Cela représente environ la moitié du lien annoncé, ce qui est courant en Wi-Fi, et le résultat est excellent. Mon point d’accès n’émet pas en 6 GHz, cette bande n’a donc pas été testée.

Graphique des débits Wi-Fi 7 de l'Asus ProArt P16 : 1,33 à 1,65 Gb/s selon le sens et le nombre de flux
En Wi-Fi 7 sur la bande des 5 GHz, le ProArt P16 dépasse 1,3 Gb/s en débit réel.

Le SSD Samsung de 1 To lit à 7 083 Mo/s et écrit à 5 485 Mo/s quand la machine est reposée, des valeurs au niveau des meilleurs PC portables récents. L’écriture chute toutefois fortement, entre 630 et 1 890 Mo/s, après de gros volumes écrits dans la journée, sans doute quand le cache rapide du SSD est plein. Il faut le garder en tête quand on copie des modèles d’IA de plusieurs dizaines de gigaoctets.

Asus annonce un second emplacement M.2 libre, compatible avec les SSD simple face, ce qui permet d’ajouter du stockage plus tard. Par contre, je n’ai pas ouvert la machine pour le vérifier. En tout cas, c’est une bonne nouvelle de pouvoir étendre le stockage de cette machine a postiori. Rappelons que cela n’est pas possible de le faire sur un MacBook Pro.

Test (DiskSpd)Résultat
Lecture séquentielle7 083 Mo/s
Écriture séquentielle, machine reposée5 485 Mo/s
Écriture séquentielle après environ 300 Go écrits630 à 1 890 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire 4K317 000 / 103 000 IOPS
Mesures du 13 octobre sur le SSD Samsung de 1 To de mon exemplaire.

Bruit et chauffe : le gros point faible

C’est le principal défaut de la machine au quotidien : sous charge, elle souffle comme un PC portable de jeu. Au sonomètre, à 1 mètre, je relève 48 à 51 dB dans Cyberpunk 2077 en 4K, 52 dB sous charge processeur et 54 dB dans NBA 2K27, avec une pointe à 65 dB en génération d’images. Le souffle n’est pas désagréable, mais il reste très audible et dérangera les collègues dans un open space. On n’a donc pas perdu ce défaut historique des PC portables puissants, même avec cette nouvelle puce.

Graphique du bruit de l'Asus ProArt P16 à 1 mètre : 51 dB dans Cyberpunk 2077 en 4K, 52 dB en Cinebench, 54 dB dans NBA 2K27, 65 dB en pointe
Sous charge, le ProArt P16 fait autant de bruit qu’un PC portable de jeu.

On n’a pas perdu ce côté un peu négatif des PC portables, même avec cette nouvelle puce.

Le plus gênant tient toutefois à l’emplacement de la ventilation. L’air chaud sort par le dessous de la machine, et non par l’arrière, si bien que sur les genoux, il souffle directement sur les cuisses, ce qui devient désagréable après deux ou trois minutes de charge. Dès qu’on la sollicite, la machine se pose donc sur une table, et elle ne convient sur les genoux qu’aux tâches légères. J’ai aussi entendu de petits grésillements au centre du clavier sous forte charge, vraisemblablement un sifflement des bobines, que mon collègue Vincent a également remarqué sur son exemplaire.

Photo thermique du dessous de l'Asus ProArt P16 dans Cyberpunk 2077 : 50,2 °C au centre
Sous la machine, la zone la plus chaude se trouve au centre, autour de la grille d’aération, à environ 50 °C.

La chauffe reste en revanche bien maîtrisée. Après une dizaine de minutes de Cyberpunk 2077 en 4K, la caméra thermique relève 45,4 °C au centre du clavier et environ 50 °C en haut du clavier, juste sous l’écran, alors que les repose-poignets et le pavé tactile restent nettement plus frais. Le dessous atteint 50 à 52 °C autour de la grille d’aération. C’est chaud, mais pas bouillant, et la température reste très stable.

Photo thermique du dessus de l'Asus ProArt P16 dans Cyberpunk 2077 : 45,4 °C au centre du clavier
Après dix minutes de jeu, le centre du clavier monte à 45,4 °C, et les repose-poignets restent frais.
Photo thermique du haut du clavier de l'Asus ProArt P16 : 49,6 °C
Le point le plus chaud du dessus se trouve en haut du clavier, au-dessus de la puce, à 49,6 °C.

Les capteurs internes confirment cette stabilité. Pendant 12 minutes de Cyberpunk 2077 en 4K, le GPU est resté entre 63 et 69 °C, à 70 °C au plus, pour une puissance moyenne de 41 W, sans aucun bridage thermique visible. Le même constat vaut en IA prolongée, où le GPU ne dépasse pas 69 °C.

CapteurAu repos (3 min)Cyberpunk 2077 en 4K (12 min)
GPU, température41 °C66 °C en moyenne, 70 °C au plus
GPU, puissance (partie GPU seule)1 W41 W en moyenne, 60 W au plus
GPU, fréquence532 MHz2 010 MHz en moyenne, 2 437 MHz au plus
Zone thermique la plus chaude47 °C75 °C en moyenne, 80 °C au plus
Processeur, fréquence2 733 MHz2 991 MHz en moyenne
Relevés toutes les 2 à 3 secondes, mode Performance, sur secteur, le 16 octobre.

Autonomie : correcte, sans plus

Avec une puce Arm, on pouvait espérer les 15 à 20 heures d’autonomie des ultraportables à puce Snapdragon. Le ProArt P16 en est loin. J’ai mesuré la consommation de la machine dans plusieurs usages, en mode Standard, luminosité à 50 % et Wi-Fi actif, puis estimé son autonomie sur sa batterie de 99,9 Wh.

UsagePuissance moyenneAutonomie estimée (100 à 0 %)
Repos, bureau affiché, écran allumé8,0 W12 h 30
Navigation web, une page toutes les 30 secondes10,2 W9 h 45
Vidéo YouTube 4K en fenêtre, avec le son13,7 W7 h 15
IA locale en continu (mode Performance)environ 90 Wenviron 1 h
Autonomie estimée au rythme de décharge mesuré le 16 octobre (et le 14 octobre pour l’IA), pas une décharge complète.
Graphique de l'autonomie estimée de l'Asus ProArt P16 : 12,5 h au repos, 9,8 h en navigation web, 7,3 h en vidéo 4K, 1,1 h en IA
Près de 10 heures en navigation web, une heure seulement en IA intensive.

En bureautique réelle, il faut donc compter 8 à 10 heures à luminosité moyenne, un peu moins sur des documents blancs ou à pleine luminosité. Pour dépasser 12 heures, l’usage doit rester proche du repos, avec un écran sombre. Je n’ai pas mesuré l’autonomie en jeu, pour laquelle Nvidia annonce de 2 h 30 à 3 h 30 avec BatteryBoost limité à 60 images par seconde et des réglages bas.

Un plancher de consommation trop élevé

Pour comprendre ces chiffres, j’ai fait varier la seule luminosité de l’écran, machine au repos. La consommation passe de 6,7 W écran au minimum à 7,5 W à 50 % et 9,4 W à 100 %, et une page blanche en plein écran à 50 % consomme déjà autant que le fond d’écran à pleine luminosité, l’OLED payant cher les images claires. L’écran ajoute donc 1 à 3 W selon la luminosité et l’image, mais le reste, environ 6 W, vient de la plateforme elle-même, avec la puce, les 128 Go de mémoire, le Wi-Fi et les contrôleurs. Même dans le meilleur des cas, la batterie ne tiendrait guère plus de 15 heures au repos.

Graphique de la consommation de l'Asus ProArt P16 selon la luminosité de l'écran : 6,7 W à 0 %, 7,5 W à 50 %, 9,4 W à 100 %, 9,9 W sur page blanche
L’écran OLED ajoute 1 à 3 W selon la luminosité et l’image, sur un plancher d’environ 6,7 W.

Même avec une puce Arm, le ProArt P16 consomme déjà près de 7 W sans rien faire, ce qui le prive des 15 à 20 heures d’autonomie qu’on pouvait espérer.

En IA, autant qu’un MacBook Pro

En IA intensive, la machine tire environ 90 W sur sa batterie et tient environ une heure, comme le MacBook Pro M5 Pro, qui dépense moins d’énergie mais dispose d’une batterie plus petite, et un peu plus que le Framework Laptop 16 et sa RTX 5070. Mieux, la RTX Spark garde presque toute sa vitesse sur batterie au-dessus de 30 %, là où un PC portable gamer classique perd un quart de la sienne. Tous les chiffres sont dans le test complet de la RTX Spark. La batterie de 99,9 Wh reste par ailleurs juste sous la limite de 100 Wh admise en cabine d’avion, ce qui m’a permis d’utiliser la machine pendant un vol de 11 heures.

La recharge est rapide avec le chargeur USB-C de 140 W fourni : en pleine charge d’IA, la prise mesure jusqu’à 138,7 W, et Windows estime à environ une heure le passage de 25 à 100 %.

Prix et disponibilité

Le ProArt P16 RTX Spark est disponible en France à partir de 3 299,99 € en 24 Go de mémoire et 512 Go de stockage. La version 32 Go et 1 To est vendue 3 799,99 € à la Fnac, la version 64 Go et 1 To 5 299,99 €, et la version 128 Go et 2 To 7 599,99 € à la Fnac. La configuration que j’ai testée, en 128 Go avec 1 To de stockage, n’est pas commercialisée en tant que telle. Asus propose aussi le ProArt P14, seul PC portable RTX Spark de 14 pouces à ce jour, vendu 6 899,99 € en 128 Go et 1 To, et que je n’ai pas testé.

ModèleMémoire / SSDPrix
Asus ProArt P16 (H7607BA)24 Go / 512 Go3 299,99 €
Asus ProArt P16 (H7607BA)32 Go / 1 To3 799,99 €
Asus ProArt P16 (H7607BA)64 Go / 1 To5 299,99 €
Asus ProArt P16 (H7607BA)128 Go / 2 To7 599,99 €
Asus ProArt P14 (H7407BA)128 Go / 1 To6 899,99 €
Prix relevés le 16 octobre 2026.

Ces tarifs restent très élevés, même en tenant compte du contexte de pénurie de mémoire qui fait grimper les prix de toutes les machines bien dotées.

Pour profiter vraiment de la RTX Spark en IA locale, il est difficile de conseiller moins de 64 Go de mémoire, ce qui place le ticket d’entrée « raisonnable » (ça fait du mal d’écrire ça) à 5 299,99 €. La version 32 Go, à 3 799,99 €, convient à ceux qui veulent surtout un PC de création avec un très bel écran et pouvoir jouer un peu dans de bonnes conditions, sans viser les gros modèles d’IA. Les autres machines RTX Spark sont présentées dans notre test de la plateforme.

Pour profiter vraiment de la RTX Spark en IA locale, il est difficile de conseiller moins de 64 Go, soit 5 299,99 € pour ce ProArt P16.

Vous trouverez l’ensemble des prix comparés ici. Je vous encourage aussi à aller lire notre guide d’achat des meilleurs ordinateurs pour joueurs.

Il n’y a pas d’offres pour le moment, découvrez :

Protégez votre nouveau PC

Pour aller plus loin
On a testé la puce Nvidia RTX Spark qui veut réinventer le PC : les résultats face à Apple, AMD et une RTX 5070

Note finale du test
7 /10
L'Asus ProArt P16 est une très belle vitrine pour la RTX Spark. Son écran OLED 4K est superbe, ses finitions le placent parmi les PC portables premium, sa connectique ne manque de rien, et la puce de Nvidia en fait à la fois un PC de jeu au niveau d'une RTX 5070 et la machine Windows la plus complète pour l'IA locale. Elle garde en plus presque toutes ses performances sur batterie, ce qui reste rare pour un PC portable de cette puissance.

Le ProArt P16 hérite toutefois des défauts d'un châssis pensé pour une carte graphique dédiée. Il souffle fort sous charge, envoie son air chaud sur les cuisses et grésille par moments, alors que son autonomie, correcte en bureautique, reste loin de ce qu'on attend d'une puce Arm. Ajoutez à cela des logiciels Asus envahissants, les limites de Windows sur Arm en jeu et un prix qui dépasse 5 000 € pour une configuration vraiment adaptée à l'IA, et la machine s'adresse avant tout aux créateurs et aux développeurs qui veulent faire tourner de gros modèles en local, sur un très bel écran, et qui accepteront de travailler sur une table. Et si c'est principalement pour jouer, nous vous conseillons de plutôt vous orienter vers un PC portable de gamer classique.

Face à elle, le MacBook Pro M5 Pro reste l'alternative la plus sérieuse, plus silencieux, mieux fini et aussi endurant en IA, mais sans CUDA ni Windows. Les PC portables gamers x86 coûtent moins cher en jeu, mais ils s'effondrent dès qu'un modèle d'IA dépasse la mémoire de leur carte graphique. Une seconde génération de machines RTX Spark, conçues autour de la puce, pourrait corriger une bonne partie de ces défauts.

Points positifs
Asus ProArt P16 RTX Spark

  • Écran OLED 4K à 120 Hz superbe, certifié DisplayHDR True Black 1400, tactile et compatible stylet

  • Finitions premium et châssis très fin pour la puissance embarquée

  • Connectique complète : trois USB4, HDMI 2.1, lecteur SD Express et USB-A

  • Jusqu'à 128 Go de mémoire pour l'IA locale et un GPU au niveau d'une RTX 5070

  • Performances presque intactes sur batterie en IA et Wi-Fi 7 rapide

Points négatifs
Asus ProArt P16 RTX Spark

  • Bruyant sous charge (jusqu'à 65 dB à 1 m) et grésillements de bobines

  • Air chaud soufflé par le dessous, désagréable sur les genoux

  • Autonomie modeste pour une puce Arm (8 à 10 heures en bureautique)

  • Prix très élevé, 5 299,99 € pour la version 64 Go conseillée

  • Logiciels Asus envahissants et jeux limités par l'émulation et les anti-triches

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