On en entend parler depuis des années. Ou plutôt, les rumeurs annonçaient ce MacBook Pro tactile depuis si longtemps qu’il avait fini par devenir un serpent de mer, même si personne ne réclamait vraiment de poser ses doigts sur l’écran d’un Mac. Le voilà pourtant bien réel. Mais au-delà du tactile, c’est surtout le tout premier MacBook Pro équipé d’une dalle OLED, propulsé par ce qui s’impose sans doute comme la puce mobile la plus puissante du marché. Et le calendrier fait bien les choses : il y a quelques semaines à peine, je testais justement le tout premier PC portable sous architecture RTX Spark.
Sur le papier, les deux machines se ressemblent beaucoup : écran OLED tactile de 16 pouces à 120 Hz, 128 Go de mémoire unifiée, puce Arm, GPU musclé et prix autour de 8 000 €. D’un côté, le nouveau MacBook Pro 16 pouces avec écran PROLED XDR, que j’ai testé en version M5 Max. De l’autre, l’Asus ProArt P16 équipé de la puce RTX Spark de Nvidia, que j’ai passé au crible.
Pour comparer équitablement avec le monde PC, j’ai soumis ce Mac exactement au même protocole de test : mêmes modèles d’IA, mêmes fichiers lourds, mêmes outils et même sonde de calibration pour l’écran. D’ailleurs, une bonne partie de mes observations vaut d’ailleurs aussi pour la déclinaison M5 Pro, qui partage le même châssis, la même dalle et la même base processeur.
Résumer cette machine à « un MacBook Pro avec un écran OLED tactile » serait un peu court. Elle perd du poids, l’encoche laisse enfin place à une Dynamic Island, et l’ensemble forme tout simplement le MacBook Pro le plus abouti qu’Apple ait jamais sorti. C’est surtout un produit impressionnant, que j’ai abordé en me glissant dans la peau d’un acheteur prêt à franchir le pas : avec une telle somme d’évolutions, j’ai voulu écrire exactement le test que j’aurais aimé lire avant de sortir la carte bancaire.
Fiche technique de l’Apple MacBook Pro 16 PROLED XDR
| Caractéristiques | Version testée : M5 Max, 128 Go, 2 To | Version M5 Pro |
|---|---|---|
| Puce | Apple M5 Max : CPU 18 cœurs (6 « super cœurs » et 12 cœurs performance), GPU 40 cœurs, Neural Engine 16 cœurs | Apple M5 Pro : CPU 18 cœurs, GPU 20 cœurs, Neural Engine 16 cœurs |
| Accélération IA | Accélérateur neuronal dans chaque cœur du GPU | Accélérateur neuronal dans chaque cœur du GPU |
| Mémoire unifiée | 128 Go, 614 Go/s annoncés (558 Go/s mesurés côté GPU) | Jusqu’à 64 Go, 307 Go/s annoncés |
| Stockage | SSD 2 To (options jusqu’à 16 To) | Jusqu’à 4 To |
| Écran | OLED tandem PROLED XDR 16,3 pouces, 3 472 x 2 266 pixels, ProMotion de 10 à 120 Hz, tactile ; 1 000 nits soutenus, 2 000 nits en pointe, contraste annoncé de 10 000 000:1 | Identique |
| Écrans externes | Jusqu’à 4 | Jusqu’à 3 |
| Ports | 3 Thunderbolt 5, HDMI (4K à 240 Hz ou 8K à 60 Hz), lecteur SDXC, MagSafe 3, prise casque 3,5 mm | Identique |
| Sans fil | Wi-Fi 7 (canaux de 160 MHz au maximum) et Bluetooth 6, puce Apple N1 | Identique |
| Caméra et son | Caméra 12 Mpx Center Stage dans la Dynamic Island, six haut-parleurs (dont quatre woofers), trois micros | Identique |
| Clavier | Français (17 dispositions au choix) | Identique |
| Batterie | 99,6 Wh, jusqu’à 24 h de vidéo en streaming et 17 h de navigation web (Apple) | Identique |
| Charge rapide | 50 % en 30 minutes avec un chargeur de 140 W ou plus | Identique |
| Poids et épaisseur | À partir de 1,82 kg, 1,60 cm | Identique |
| Système | macOS 27 | Identique |
| Prix | 8 399 € dans cette configuration À partir de 5 599 € en M5 Max | À partir de 3 899 € |
Design : plus fin, plus léger, mais toujours lourd
Au premier coup d’œil, on reconnaît un MacBook Pro. Les changements se trouvent autour de l’écran. Les bordures sont plus fines, celle du bas a disparu et les coins inférieurs de la dalle sont désormais arrondis, comme ceux du haut. La diagonale passe ainsi à 16,3 pouces dans un châssis de même gabarit.

Apple annonce 1,82 kg pour le 16 pouces, soit 15 % de moins que le modèle précédent, grâce à une dalle OLED plus fine, et une épaisseur de 1,60 cm. Je m’attendais pourtant à plus léger en le sortant de la boîte. La machine reste sous la barre des 2 kg, qu’on dépasse souvent avec un PC portable de jeu, mais l’écart avec un MacBook Air 15 pouces (1,51 kg) se sent nettement dans le sac. Il s’explique par ce qu’il y a dedans : une puce M5 Max et son refroidissement, une batterie de 99,6 Wh et un grand écran. Pour un usage vraiment nomade, le 14 pouces PROLED XDR descend à 1,38 kg. Je n’ai pas pesé mon exemplaire, et Apple précise que le poids varie selon la configuration.
Les finitions sont bien supérieures à celles de l’Asus ProArt P16 que j’ai testé. Le châssis en aluminium (100 % recyclé, selon Apple) affiche le niveau d’assemblage habituel des MacBook Pro, sans comparaison avec le PC d’Asus. La charnière a été revue pour le tactile : d’après Apple, l’écran ne tremble plus quand on le touche, et il s’ouvre toujours d’une seule main.

Le trackpad reste la référence. Il est immense, couvert de verre, et ne s’enfonce pas réellement : le clic est simulé par un moteur haptique, si bien qu’il répond de la même façon n’importe où sur la surface. En appuyant plus fort, on ouvre un aperçu ou la définition d’un mot. Les gestes de macOS, pour passer d’un bureau à l’autre, afficher toutes les fenêtres ou zoomer, sont d’une précision et d’une réactivité qu’aucun PC portable Windows ne m’a offertes, et le trackpad du ProArt P16 n’a rien à voir. On a presque l’impression de manipuler un écran tactile multipoint, avec très peu de latence.

Le clavier est très bon, lui aussi : la frappe est précise, confortable sur de longues sessions d’écriture, et les touches sont rétroéclairées. Le bouton d’allumage intègre toujours Touch ID pour déverrouiller la machine d’un doigt. De part et d’autre du clavier, les grilles des haut-parleurs donnent un vrai son stéréo, large et spatialisé, sur lequel je reviens plus bas.

Apple fait aussi preuve de bon sens côté connectique. Sur les deux tranches, on trouve trois ports Thunderbolt 5, un port HDMI, un lecteur de cartes SDXC, la prise magnétique MagSafe 3 et une prise casque.

On peut donc brancher un écran ou un téléviseur, vider la carte SD d’un appareil photo ou utiliser un casque filaire sans aucun adaptateur, et recharger la machine par MagSafe comme par n’importe quel port USB-C.
La Dynamic Island remplace l’encoche
L’encoche découpée en haut de l’écran depuis 2021 devient une Dynamic Island, comme sur l’iPhone. Elle ne loge que la caméra et le capteur de luminosité, et s’agrandit au besoin pour afficher des informations qu’on peut toucher du doigt.

Quelques exemples. Un appel FaceTime ou un appel reçu sur l’iPhone s’y affiche et se décroche d’un appui. Un fichier envoyé par AirDrop s’accepte au même endroit. La musique en cours s’y contrôle (pause, morceau suivant) sans ouvrir l’application.

Les activités en direct de l’iPhone, comme l’arrivée d’un VTC, le suivi d’une livraison ou le score d’un match, s’y affichent pendant qu’on travaille. Spotlight, le moteur de recherche de macOS, et Siri AI s’y ouvrent aussi, et un voyant de confidentialité s’allume dès que la caméra est active. La Dynamic Island rend ainsi utile une partie de l’écran que l’encoche laissait perdue.
Le logo Apple s’allume de nouveau
Autre retour que je n’attendais pas : la pomme au dos de l’écran s’illumine de nouveau. Les MacBook l’ont longtemps arborée, avant qu’Apple ne l’abandonne avec la refonte de 2016. Sur ce modèle, l’écran OLED n’a plus de rétroéclairage dont la lumière pourrait traverser le logo : Apple lui a donc donné son propre éclairage, logé dans le capot aminci. Capot fermé, la pomme ressemble à du métal poli ; une fois l’ordinateur ouvert, elle s’allume en blanc.

La lumière suit la luminosité de l’écran, et elle se désactive simplement quand on préfère la discrétion. C’est du marketing, évidemment, mais c’est une vraie signature : on reconnaît un MacBook Pro de loin, dans un café comme dans un amphithéâtre. J’y vois aussi un clin d’œil bienvenu au changement de direction chez Apple. John Ternus, jusqu’ici patron de l’ingénierie matérielle, a succédé à Tim Cook le 1er septembre, et le retour de ce détail très identitaire ressemble à un signe adressé aux fidèles de la marque.
Son, caméra et micros : rien à redire
Le système audio passe à six haut-parleurs, dont quatre woofers à annulation de force (ils se compensent pour éviter les vibrations du châssis) et deux tweeters. Apple annonce des basses 50 % plus profondes, le son spatial avec le Dolby Atmos et un réglage dédié à l’usage capot fermé, branché sur un écran externe. Le son est très bon pour un portable, avec du corps et de l’ampleur.
La caméra de 12 mégapixels, logée dans la Dynamic Island, profite de Center Stage, qui recadre l’image pour vous garder au centre quand vous bougez, et du mode Vue du bureau, qui filme ce qui est posé devant l’ordinateur. Elle est franchement réussie en visio. Les trois micros, qu’Apple qualifie de « qualité studio », captent la voix proprement, aussi bien en appel qu’en dictée.
Écran tactile : ça marche très bien, mais à quoi bon ?
C’est la grande première de ce MacBook Pro : on peut toucher l’écran. Apple intègre la couche tactile directement dans la dalle OLED (une technologie dite « on-cell »), ce qui supprime plusieurs couches de verre et réduit la latence. Le système stabilise même l’image de la caméra en visio, pour que vos interlocuteurs ne voient pas l’écran bouger quand vous le touchez.

Apple a longtemps refusé le tactile sur Mac. En 2010, Steve Jobs jugeait les écrans tactiles inutiles sur un ordinateur portable, parce qu’il faut tendre le bras vers une surface verticale. Seize ans plus tard, la marque change d’avis.
Le tactile du MacBook Pro fonctionne, et franchement bien. Je n’ai perçu aucune latence. On peut déplacer et agrandir les fenêtres, les plaquer sur un bord d’un geste, zoomer en pinçant, faire défiler une page, glisser des fichiers dans le Finder ou manipuler des éléments dans une application de création. Des bricoleurs avaient déjà greffé des écrans tactiles sur des Mac par le passé ; cette fois, Apple le fait nativement, et l’intégration matérielle est irréprochable.
Côté logiciel, en revanche, macOS ne va pas très loin. Les adaptations ressemblent à des gestes d’iPad (ouvrir, fermer, ranger des fenêtres), sans refonte de l’interface pour le doigt. À titre personnel, je n’ai jamais trouvé pratique un écran tactile sur un PC portable classique. Il faut lever le bras et le tendre vers l’écran, ce qui fatigue vite, et on n’en a naturellement pas envie quand le trackpad est aussi efficace. Je n’y ai trouvé un intérêt que sur les PC à charnière à 360°, qu’on replie pour s’en servir comme une tablette. Je n’ai pris aucun plaisir à naviguer sur le web ou à retoucher des photos au doigt : c’est plus rapide au trackpad.
Je trouve d’ailleurs qu’Apple met en avant les mauvais exemples. Sa page de présentation montre un clavier de piano joué sur l’écran, alors que l’intérêt réel est ailleurs : dessiner, manipuler des objets 3D, déplacer plusieurs curseurs de mixage à la fois. Apple cite Cinema 4D, ZBrush ou Blender, et c’est sans doute pour les créatifs que le tactile a le plus de sens. Il est logique qu’il reste réservé au MacBook Pro et à son écran OLED pour le moment.
J’ai tout de même trouvé un usage qui me fait gagner du temps. Je développe des applications mobiles avec Xcode, et je peux désormais tester mes interfaces au doigt directement dans le simulateur, sur l’écran du Mac, au lieu de déployer chaque version sur un iPhone ou un iPad. C’est le seul bénéfice direct que j’en ai tiré dans mes usages.

Il faut dire que ma façon d’utiliser un ordinateur a changé. J’utilise de moins en moins le clavier et le trackpad, et je parle de plus en plus à mon Mac grâce à un outil de dictée comme Wispr Flow. Je dicte mes articles, beaucoup plus vite que je ne les tape, et je donne mes instructions à des agents d’IA à la voix. Cette interaction vocale, adoptée de plus en plus largement par les développeurs, me paraît bien plus nouvelle qu’un écran tactile, une technologie qui a plus de dix ans sur les PC.
La suite dépendra de macOS. Si Apple adapte davantage son interface au doigt, et si l’OLED gagne un jour toute la gamme, comme sur l’iPhone, le tactile pourrait arriver sur les MacBook Air et le MacBook Neo. Les Mac Apple Silicon peuvent déjà installer une bonne partie des applications iPad, qui trouveraient alors un écran adapté. En attendant, je ne le vois ni comme un défaut ni comme un argument d’achat : c’est un bonus, qu’on s’en serve ou non.
Écran PROLED XDR : la meilleure dalle que j’ai mesurée sur un PC portable
Sur un écran OLED, chaque pixel produit sa propre lumière et s’éteint complètement pour afficher du noir, sans rétroéclairage. La version « tandem » d’Apple empile deux couches émettrices par pixel, pour monter plus haut en luminosité, consommer moins et mieux vieillir. C’est la technologie de l’iPad Pro, adaptée ici à un 16 pouces.
J’ai passé la dalle sous ma sonde Calibrite ColorChecker Display Plus HL, avec le logiciel ArgyllCMS, en suivant exactement le protocole utilisé pour mon MacBook Pro 14 pouces M4 Pro et son écran Mini LED (un rétroéclairage découpé en milliers de zones). J’ai aussi repris les valeurs de notre test du MacBook Pro 14 M5 Pro, mesurées avec une autre méthode.
| Mesure | MacBook Pro 16 PROLED XDR (OLED) | MacBook Pro M4 Pro (Mini LED), même méthode | MacBook Pro M5 Pro (Mini LED), autre méthode |
|---|---|---|---|
| Couverture DCI-P3 | 99,4 % | 99,4 % | 101 % |
| Couverture Rec. 2020 | 71,6 % | 72,3 % | 68 % |
| Contraste (damier ANSI) | Infini | 6 714:1 | 10 402:1 |
| Température des couleurs | 6 885 K | 6 233 K | 6 664 K |
| Luminosité max SDR | 576 cd/m² | 620 cd/m² | 607 cd/m² |
| Luminosité max HDR (fenêtre 10 %) | 1 950 cd/m² | 1 650 cd/m² | 1 580 cd/m² |
| Luminosité HDR plein écran | 995 cd/m² | 1 194 cd/m² | non mesurée |
| Delta-E 2000 SDR moyen | 1,64 | 1,38 | 0,87 |
| Delta-E HDR (ITP, préréglage « HDR Video ») | 1,53 | 5,79 | 1,57 |
Un contraste que ma sonde ne peut pas chiffrer
Le contraste se calcule en divisant la luminosité du blanc par celle du noir. Sur cet écran, le noir est tellement profond que ma sonde lit 0,000 cd/m² : la division donne un résultat infini, qui ne veut pas dire grand-chose. Apple annonce un contraste de 10 000 000:1. Avec un blanc à 2 000 cd/m², cela suppose un noir à 0,0002 cd/m², un niveau qu’on ne mesure qu’avec un spectroradiomètre de laboratoire, dans une pièce totalement noire. En prenant le seuil de 0,005 cd/m² que se fixe notre méthode, le contraste dépasse en tout cas 114 000:1.
La différence se voit surtout près des zones claires. J’affiche un disque noir entouré de blanc et je mesure le noir au centre. À 2,5 cm du blanc, l’OLED reste à 0,000 cd/m², alors que le Mini LED du M4 Pro laisse filtrer 0,197 cd/m², 25 fois plus qu’à 6 cm. C’est le halo typique d’un rétroéclairage par zones, que l’OLED supprime : des sous-titres blancs sur un film sombre restent nets, sans auréole grise autour.

Luminosité : 1 950 cd/m² en pointe, moins en plein écran
En SDR, c’est-à-dire l’affichage standard de macOS, du web et de la plupart des applications, je mesure 576 cd/m² sur un blanc plein écran, curseur au maximum. C’est un peu moins que le Mini LED du M4 Pro (620 cd/m²). Apple annonce 1 000 nits soutenus en SDR et jusqu’à 2 000 nits en plein soleil, mais ces niveaux dépendent de la luminosité automatique : avec une lampe d’intérieur braquée sur le capteur, j’ai vu l’écran monter vers 795 cd/m². Il faudra un test au soleil pour vérifier la promesse.
Le HDR est beaucoup plus spectaculaire. Sur une vidéo HDR10 affichée sur 5 à 25 % de l’écran, la dalle atteint 1 950 cd/m², au niveau des 2 000 nits promis et 18 % au-dessus du Mini LED du M4 Pro. Un reflet, un phare ou un coucher de soleil ressortent avec un éclat qu’on voit rarement sur un portable.

L’OLED a toutefois une limite connue : il baisse sa luminosité quand une grande partie de l’écran s’allume, pour protéger la dalle et maîtriser la consommation. Dès que le blanc occupe la moitié de l’écran, la luminosité recule de 7 %, et en plein écran, elle tombe à 995 cd/m², la moitié de la pointe. Le Mini LED du M4 Pro garde 1 194 cd/m² dans ce cas. Sur une scène de neige ou un grand ciel clair, l’ancien écran reste donc plus lumineux. L’OLED tient en revanche parfaitement ses 995 cd/m² pendant cinq minutes, quand le Mini LED perd 2,3 %.

Couleurs : très juste en HDR, un peu froid en SDR
La dalle couvre 99,4 % de l’espace DCI-P3, celui du cinéma numérique. Pour la fidélité, j’utilise le Delta-E, un indice qui chiffre l’écart entre la couleur demandée et la couleur affichée : sous 2, l’œil ne voit pratiquement pas la différence, sous 1, on atteint le niveau d’un moniteur de référence.
En SDR, l’écran obtient 1,64 de moyenne. Les couleurs saturées sont très justes (0,52 pour l’orange, 0,58 pour le vert, 0,77 pour le rouge) ; les écarts viennent des gris, un peu froids, avec un blanc mesuré à 6 885 K au lieu des 6 500 K de référence. Une réserve s’impose : ma sonde utilise une correction approchée pour l’OLED, qui peut expliquer une partie de cet écart.
En HDR, tout dépend du préréglage. Dans le préréglage « HDR Video (P3-ST 2084) », pensé pour l’étalonnage vidéo, la dalle affiche exactement ce qui est encodé, et le Delta-E tombe à 1,53. C’est mieux que le Mini LED de mon M4 Pro (5,79) et équivalent à celui du M5 Pro (1,57). Dans le préréglage par défaut, macOS éclaircit en revanche tout le HDR quand la luminosité est au maximum : le blanc de référence, censé sortir à 203 cd/m², s’affiche à 283 cd/m². Pour regarder un film HDR le soir, mieux vaut ne pas pousser la luminosité à fond.

Deux promesses d’Apple n’ont pas été confirmées par mes mesures dans Safari : la couverture native de l’Adobe RGB (85 à 86 % mesurés dans le préréglage dédié) et plus de 80 % du Rec. 2020 (71,6 % mesurés). Le navigateur ramène probablement les couleurs dans l’espace P3 ; il faudra les vérifier avec des images au profil Adobe RGB dans Photoshop. La dalle reste, de loin, la meilleure que j’ai mesurée sur un ordinateur portable, et elle est clairement conçue pour la création.
Processeur et GPU : le M5 Max devant le RTX Spark
Le M5 Max associe le même processeur de 18 cœurs que le M5 Pro (six « super cœurs », les plus rapides d’Apple, et douze cœurs performance) à un GPU deux fois plus grand, jusqu’à 40 cœurs. Le score mono-cœur mesure la vitesse d’un seul cœur, qui compte pour la réactivité du système ; le multi-cœur mesure ce que tous les cœurs font ensemble, et compte pour la compilation de code, l’export vidéo ou le rendu 3D.
Sur Geekbench 7, le MacBook Pro obtient 3 759 points en mono-cœur et 35 526 en multi-cœur, soit 43 et 51 % de plus que le RTX Spark (2 635 et 23 462 points). C’est le plus haut score multi-cœur de notre laboratoire. Cinebench 2026, qui simule un rendu 3D, confirme avec 9 498 points en multi-cœur, 45 % de mieux que le RTX Spark et 39 % de mieux que le Snapdragon X2 Elite Extreme de Qualcomm.

Face au M5 Pro, l’écart processeur est minime : 1 % en mono-cœur et 4 % en multi-cœur sur Geekbench 7. Si vous ne faites ni 3D, ni IA locale lourde, ni montage très exigeant, le M5 Pro offre donc le même confort au quotidien. Et pour un usage plus classique, notre test du MacBook Pro 14 pouces M5 montre que la puce de base suffit déjà largement.
Le GPU fait la différence. Sur Geekbench 7, le M5 Max obtient 244 243 points en Metal, l’API graphique d’Apple, soit 1,77 fois le M5 Pro. En OpenCL, la seule API commune aux deux plateformes dans Geekbench, il dépasse le RTX Spark de 31 % (154 426 contre 117 532 points) et la RTX 5070 portable du Framework Laptop 16 de 12 %.


SSD, connectique et Wi-Fi 7
Le SSD de 2 To lit et écrit à 12,8 Go/s en séquentiel, presque deux fois plus vite que celui du RTX Spark (7,1 Go/s en lecture, 5,5 en écriture). Sur une écriture de 200 Go d’un seul tenant, il tient environ 12 Go/s pendant les 110 premiers Go, puis redescend entre 3,4 et 6 Go/s, toujours bien au-dessus du SSD saturé du RTX Spark.

La connectique reste l’une des plus complètes du marché : trois ports Thunderbolt 5 (des USB-C capables de très hauts débits, jusqu’à 120 Gbit/s selon Apple, qui servent aussi à la recharge), un port HDMI qui gère la 4K à 240 Hz ou la 8K à 60 Hz, un lecteur de cartes SDXC, la recharge magnétique MagSafe 3 et une prise casque capable d’alimenter des casques à haute impédance. Le M5 Max pilote jusqu’à quatre écrans externes, contre trois pour le M5 Pro. Je n’ai pas encore mesuré les débits des ports.
Le Wi-Fi 7 passe par la puce N1 d’Apple, avec une limite : la largeur de canal plafonne à 160 MHz, alors que le Wi-Fi 7 peut monter à 320 MHz. Plus le canal est large, plus le débit maximal grimpe. À deux mètres d’un routeur Wi-Fi 7, le Mac se connecte à 2,4 Gbit/s et transfère réellement 1,5 à 1,9 Gbit/s, ce qui reste très rapide. Au même endroit, un PC portable compatible 320 MHz fait 37 à 93 % mieux. Détail agaçant : sur un réseau qui porte le même nom sur toutes les bandes, macOS s’est accroché à la bande 2,4 GHz, la plus lente, et ne permet pas de forcer le choix.

IA locale : la bande passante mémoire fait la différence
C’est le terrain sur lequel Nvidia attendait le plus sa RTX Spark, et celui où le duel est le plus instructif. J’en ai profité également pour le comparer à la plateforme AMD Strix Halo (également en 128 Go). Quelques notions d’abord, pour bien lire les chiffres.
Pour aller plus loin
On a testé la puce Nvidia RTX Spark qui veut réinventer le PC : les résultats face à Apple, AMD et une RTX 5070
Tokens, quantification et bande passante : ce qu’il faut savoir
Un modèle de langage produit son texte par petits morceaux appelés tokens, qui correspondent à un mot ou à un fragment de mot. Sa vitesse se mesure donc en tokens par seconde (tok/s) ; au-delà de 20 tok/s, la réponse s’affiche plus vite qu’on ne la lit. Pour tenir en mémoire, les modèles sont « quantifiés », c’est-à-dire stockés sur 4 bits au lieu de 16, ce qui divise leur taille par quatre au prix d’une légère perte de précision.
Il faut ensuite distinguer deux phases. La lecture (le « prefill ») correspond au moment où le modèle ingère votre question, un document ou du code : elle dépend surtout de la puissance de calcul. L’écriture de la réponse dépend surtout de la bande passante mémoire, c’est-à-dire de la quantité de données que la puce peut lire chaque seconde. Pour produire chaque token, le modèle doit en effet relire l’ensemble de ses paramètres actifs.
Le GPU du M5 Max lit sa mémoire à 558 Go/s dans mes mesures, 91 % des 614 Go/s annoncés. C’est 2,2 fois le RTX Spark (249 Go/s) et deux fois le M5 Pro (275 Go/s). Un calcul simple montre que tout se tient : Qwen3 8B pèse 5 Go et s’écrit à 98,7 tok/s sur le Mac, ce qui revient à relire environ 495 Go chaque seconde.

Écriture : jusqu’à deux fois plus rapide que le RTX Spark
J’ai fait tourner huit modèles avec llama.cpp, exactement dans la même version et avec les mêmes fichiers que lors de mon test de la puce RTX Spark (en CUDA, son meilleur moteur). Le Mac écrit plus vite sur tous, de 1,46 à 1,96 fois.
| Modèle (taille) | MacBook Pro M5 Max | RTX Spark (CUDA) | MacBook Pro M5 Pro 48 Go | Ryzen AI Max+ 395 |
|---|---|---|---|---|
| Qwen3 8B (5 Go) | 98,7 | 53,1 | 54,4 | 45,0 |
| Qwen3.8 27B (16,5 Go) | 29,4 | 16,3 | 16,5 | 13,2 |
| Qwen3.6 35B-A3B (22 Go) | 109,1 | 74,8 | 68,7 | 64,7 |
| Qwen3-Coder 30B (18,6 Go) | 154,4 | 104,6 | 100,9 | 91,7 |
| gpt-oss-120b (63 Go) | 107,0 | 63,3 | ne se charge pas | 56,7 |
| Qwen3.8 Flash-Next (94 Go) | 50,2 | 25,6 | ne se charge pas | 28,5 |
L’écart est le plus net sur les modèles « denses », qui activent tous leurs paramètres à chaque token (×1,8 à ×1,86 sur Qwen3 8B et Qwen3.8 27B). Il se réduit un peu sur les modèles « MoE », pour mélange d’experts, qui n’activent qu’une petite partie de leurs paramètres à chaque token et dépendent donc un peu plus du calcul (×1,46 et ×1,48 sur Qwen3.6 35B-A3B et Qwen3-Coder 30B). gpt-oss-120b, le modèle ouvert d’OpenAI, montre l’effet de cette architecture : malgré ses 120 milliards de paramètres, il n’en active qu’environ 5 milliards par token, et le Mac l’écrit à 107 tok/s, plus vite que Qwen3 8B (98,7 tok/s), un modèle dense quinze fois plus petit.

Les gros modèles, sans le moindre réglage
Sur un Mac, la mémoire est partagée entre le processeur et le GPU sans qu’on ait à choisir. D’origine, macOS laisse 107,5 Gio (environ 115 Go) au GPU sur les 128 Go. Sur le RTX Spark, il faut fixer la part du GPU dans l’application Nvidia, redémarrer à chaque changement, et j’avais dû libérer de la place sur le SSD pour que Windows accepte de charger le plus gros modèle de mon test.
Sur le Mac, ce modèle, Qwen3.8 Flash-Next (94 Go), se charge en 12,3 secondes depuis le SSD et écrit à 50,2 tok/s, presque deux fois plus vite que le RTX Spark (25,6 tok/s) et que le Ryzen AI Max+ 395 d’AMD (28,5 tok/s). gpt-oss-120b se charge en 9,3 secondes.

Lecture des longs documents : le RTX Spark garde la main
Quand il s’agit de calculer, Nvidia reprend l’avantage grâce à ses cœurs Tensor, spécialisés dans les calculs d’IA. Sur un texte de 16 384 tokens, l’équivalent d’un long rapport, le RTX Spark lit 54 % plus vite que le Mac avec Qwen3 8B (2 581 contre 1 673 tok/s) et 32 % plus vite avec Qwen3.8 27B. Le Mac met environ 10 secondes à ingérer ce texte avec le petit modèle, contre un peu plus de 6 secondes pour le RTX Spark. L’écart compte pour les agents d’IA, qui relisent des fichiers entiers à chaque étape.

J’ai aussi mesuré la vitesse cumulée quand plusieurs requêtes arrivent en même temps, comme lorsqu’un agent lance des sous-agents. À 16 requêtes simultanées sur Qwen3 8B, le Mac écrit 543 tok/s au total, 6 % de plus que le RTX Spark (510 tok/s). La puce de Nvidia monte toutefois plus vite en charge (×9,6 entre une et seize requêtes, contre ×5,6 pour le Mac), et pourrait repasser devant au-delà.
Génération d’images : le RTX Spark deux fois plus rapide
En génération d’images, le résultat s’inverse. Avec Flux.2 Klein 4B dans ComfyUI, le Mac met 36,2 secondes pour une image de 1 024 x 1 024 pixels, contre 16,2 secondes pour le RTX Spark et 18,7 secondes pour la RTX 5070 portable. En 2 048 x 2 048, il faut 215,5 secondes au Mac, contre 90,8 pour le RTX Spark.
L’explication est la même que pour la lecture des prompts. Le modèle d’image est petit (7,4 Go), mais il est appliqué vingt fois de suite à toute l’image, avec énormément de calcul pour chaque octet lu : la puissance de calcul compte alors bien plus que la bande passante mémoire. Les PC Nvidia profitent en plus du format NVFP4, des nombres sur 4 bits que leurs cœurs Tensor traitent nativement, alors que le Mac calcule sur 16 bits. Le moteur MLX d’Apple ne change presque rien (35,9 secondes au lieu de 36,2).

À quoi servent vraiment 64 ou 128 Go de mémoire
Il faut être transparent sur un point : aucun modèle de langage « frontière », ceux qui font tourner Claude, ChatGPT ou Gemini, ne tournera sur cette machine. Leurs poids ne sont pas publics, et les plus gros modèles ouverts dépassent les 600 milliards de paramètres : un modèle comme DeepSeek V3 (671 milliards) demande plus de 330 Go rien que pour ses poids compressés sur 4 bits. Les 128 Go du MacBook Pro plafonnent autour de 100 à 120 milliards de paramètres, comme gpt-oss-120b ou Flash-Next. Ce sont de très bons modèles, mais on peut pas parler de l’état de l’art.
Cette mémoire sert en revanche à faire tourner des agents en local, c’est-à-dire des programmes qui enchaînent des actions (lire des fichiers, lancer des commandes, écrire du code) en s’appuyant sur un modèle de langage.
Avec un « harnais » d’agent branché sur un serveur local comme llama.cpp, LM Studio ou Ollama, on peut confier à un modèle local les tâches répétitives sur des données qui ne doivent pas quitter la machine : trier et résumer des mails, classer des documents, extraire des informations de centaines de PDF, transcrire des réunions. Le modèle frontière, dans le cloud, garde le raisonnement lourd et la planification. Avec 128 Go, on peut même faire tourner plusieurs modèles en parallèle (un pour le code, un pour la recherche dans les documents, un pour la transcription) tout en gardant Xcode ou Photoshop ouverts, et profiter de longues fenêtres de contexte, qui consomment elles aussi beaucoup de mémoire.
En 64 Go, on garde l’essentiel : les modèles de 20 à 35 milliards de paramètres, très bons en code, tiennent largement, et ils iraient à la même vitesse qu’en 128 Go, puisque la quantité de mémoire n’accélère rien, seule la bande passante compte. On perd gpt-oss-120b, Flash-Next et la possibilité de cumuler plusieurs modèles. Attention : le M5 Pro plafonne à 64 Go, et avec deux fois moins de bande passante, il écrit 1,5 à 1,8 fois moins vite que le M5 Max.

Siri AI fonctionne en France sur Mac
Contrairement à l’iPhone et à l’iPad, le Mac a droit à Siri AI en Europe, en français, depuis macOS 27.2, sorti le 26 octobre : la Commission européenne n’a pas désigné macOS comme service de plateforme essentiel au sens du DMA, ce qui le place hors des restrictions qui bloquent l’assistant sur les autres appareils d’Apple. Siri AI s’appuie sur votre contexte personnel (il peut chercher dans vos messages, vos notes et vos mails pour répondre), agit dans les applications et s’ouvre depuis Spotlight ou la Dynamic Island. Certaines fonctions s’exécutent sur le modèle embarqué le plus puissant d’Apple, qui demande au moins une puce M3 et 12 Go de mémoire. Les fonctions qui passent par les serveurs d’Apple sont soumises à des limites d’usage quotidiennes.
Siri AI n’a pas besoin de 128 Go pour fonctionner, mais il montre la direction que prend macOS : un système qui agit à votre place dans les applications, à partir de vos données. Ajoutez des modèles ouverts plus efficaces à taille égale et des agents locaux qui se multiplient, et une grande quantité de mémoire trouve une utilité réelle dès aujourd’hui, qui devrait grandir. Ces 128 Go donnent à la machine une bonne marge pour les prochaines années, ce qui compte sur un ordinateur qu’on garde longtemps.
Jeu vidéo : plus rapide que le RTX Spark, mais pas fait pour ça
J’ai lancé Cyberpunk 2077 dans sa version Mac, avec son test intégré, en 2 560 x 1 600 pixels. En Ultra, sans ray tracing ni agrandissement d’image, le MacBook Pro tient 57,3 images par seconde, 28 % de plus que le RTX Spark (44,9) à réglages identiques, et au niveau de la RTX 5070 portable du Framework Laptop 16 (56,9 images par seconde, mesurées en août avec un pilote plus ancien).

En ray tracing, le Mac garde l’avantage, mais la comparaison est moins propre : le jeu active MetalFX en mode « Auto » sur Mac, qui calcule probablement l’image dans une définition plus basse que le DLSS Qualité utilisé sur le RTX Spark. En path tracing, le mode qui calcule tout l’éclairage par lancer de rayons, le Mac affiche 31,7 images par seconde, puis 58 avec l’interpolation d’images de MetalFX.

Le jeu fonctionne donc très bien, mais ce n’est pas la vocation de cette machine. Les deux plateformes partagent le handicap de l’architecture Arm, et l’offre reste plus riche sous Windows, même en passant par l’émulation, surtout avec les technologies de Nvidia. Si seul le jeu compte, un PC portable gamer équipé d’une RTX 5070 se trouve à moins de 2 000 €, voire moins de 1 500 € en promotion : à ce prix, la comparaison n’a même pas lieu d’être.
Bruit et chauffe : discret en jeu, audible en rendu
Il serait faux de dire que ce MacBook Pro est silencieux quand on le pousse à fond. En jeu, je relève 44,9 dB au maximum, une petite soufflerie sans commune mesure avec le RTX Spark (48 à 51 dB). Sous Cinebench, qui sollicite tous les cœurs du processeur, il monte en revanche à 54,2 dB, un peu plus que le RTX Spark (52 dB) : on entend clairement les ventilateurs, sans que ce soit gênant.

La chauffe, elle, est très bien gérée. Le clavier reste à peine tiède après une session de Cyberpunk suivie de Cinebench, et je n’ai senti aucun point chaud. Les capteurs de la puce plafonnent à 67,5 °C sous Cinebench, loin des températures qui déclenchent un bridage, et macOS n’a signalé aucune contrainte thermique.
Le système de refroidissement, redessiné selon Apple pour l’écran OLED et le tactile, expulse l’air chaud par l’arrière du châssis. C’est un petit détail qui n’en est pas un. Sur l’Asus ProArt P16 que j’ai testé, l’air était soufflé vers le bas, et les cuisses devenaient rapidement bouillantes avec la machine posée sur les genoux. Le MacBook Pro, lui, s’utilise sur les genoux sans se brûler, même quand on le pousse.
Autonomie et charge : l’écart le plus net avec le RTX Spark
J’ai repris exactement le protocole utilisé pour mesurer l’autonomie du RTX Spark : luminosité à 50 %, Wi-Fi actif, consommation relevée toutes les dix secondes sur la batterie, puis autonomie calculée à partir de cette consommation. En navigation web, le Mac consomme 6,05 W, contre 10,2 W pour le RTX Spark, soit environ 16 h 30 d’autonomie contre 9 h 45. Au repos, l’écart se resserre (15 h 20 contre 12 h 30), et en vidéo YouTube 4K avec le son, il fond : 8 h 10 contre 7 h 15, car le décodage et l’image lumineuse pèsent alors plus que la puce. En usage mixte de bureau, la différence est sans appel.

En IA continue, c’est l’inverse. Le Mac tire 106 W et vide sa batterie en 50 minutes environ, alors que le RTX Spark tient un peu plus d’une heure à 89 W. Mais le Mac écrit bien plus vite, 105 tok/s sans ralentir jusqu’à 19 % de batterie, quand le RTX Spark plafonne à 72 tok/s et voit sa vitesse divisée par deux sous 30 % à cause de l’économiseur d’énergie de Windows. Sur une charge, le Mac produit environ 315 000 tokens et dépense 0,28 Wh pour 1 000 tokens. Il garde surtout les mêmes performances sur secteur et sur batterie, une promesse d’Apple que j’ai vérifiée en IA.
Pour la charge rapide, Apple annonce 50 % en 30 minutes avec un chargeur de 140 W ou plus. Je n’avais qu’un chargeur de 94 W sous la main : il fait passer la batterie de 5 à 41 % en 30 minutes, 50 % en 37 minutes et 100 % en 1 h 46, ce qui suffit largement au quotidien. Ce chargeur montre toutefois ses limites sous forte charge : pendant Cinebench, la prise plafonnait à 93,4 W et la batterie se vidait en même temps d’environ 30 W. Pour un usage intensif sur secteur, le chargeur de 140 W s’impose.
Prix et disponibilité de l’Apple MacBook Pro 16 PROLED XDR
Le MacBook Pro 16 PROLED XDR démarre à 3 899 € en M5 Pro et à 5 599 € en M5 Max. Le 14 pouces commence à 3 299 €. La configuration testée (M5 Max avec CPU 18 cœurs et GPU 40 cœurs, 128 Go, 2 To) coûte 8 399 €, ou 250,93 € par mois pendant 36 mois avec le crédit d’Apple (taux débiteur de 4,79 %, soit environ 9 030 € au total). Commandée aujourd’hui, elle est annoncée en livraison entre le 24 novembre et le 1er décembre. La mémoire se paie cher : à configuration égale, le passage de 64 à 128 Go coûte 1 760 €, soit 27,50 € par Go ajouté. À noter aussi que le GPU 40 cœurs impose au moins 48 Go de mémoire ; la version à GPU 32 cœurs coûte 270 € de moins.
Le passage à l’OLED tactile se paie : à puce égale, ces prix de départ sont 400 € plus élevés que ceux des MacBook Pro sans écran OLED tactile.
| Configuration | Prix |
|---|---|
| MacBook Pro 14 PROLED XDR, M5 Pro | À partir de 3 299 € |
| MacBook Pro 14 PROLED XDR, M5 Max | À partir de 5 199 € |
| MacBook Pro 16 PROLED XDR, M5 Pro (CPU 18 cœurs, GPU 20 cœurs) | À partir de 3 899 € |
| MacBook Pro 16 PROLED XDR, M5 Max (CPU 18 cœurs, GPU 32 ou 40 cœurs) | À partir de 5 599 € |
| 16 pouces M5 Max GPU 40 cœurs, 48 Go, 2 To | 6 199 € |
| 16 pouces M5 Max GPU 40 cœurs, 64 Go, 2 To | 6 639 € |
| 16 pouces M5 Max GPU 40 cœurs, 128 Go, 2 To (testé) | 8 399 € |
Mettre plusieurs milliers d’euros dans un portable en 2026
La question mérite d’être posée après la flambée des prix de ces derniers mois. La demande de l’IA pour les serveurs aspire la production de mémoire vive et de stockage, et les perspectives restent sombres pour les deux à trois prochaines années. TrendForce prévoit encore une hausse de 10 à 15 % des prix contractuels de la DRAM et de 15 à 20 % de ceux de la mémoire flash au quatrième trimestre 2026. Interrogé sur CNBC le 13 octobre, Michael Dell, le patron du constructeur du même nom, a été clair : « Je pense que ça va empirer l’année prochaine, en termes d’offre et de demande ». Il évoquait même « peut-être un problème de quatre ans ».
Dans ce contexte, je pense qu’Apple subit un peu moins la pression. Il conçoit ses puces, intègre la mémoire au plus près et négocie des volumes énormes : ses prix augmentent aussi, mais ils restent plus prévisibles. Chez Asus, passer le ProArt P16 de 64 à 128 Go coûte 2 300 € (stockage doublé compris), plus que les 1 760 € demandés par Apple. Il faut en être conscient : acheter maintenant, c’est payer la mémoire au prix fort, mais rien n’indique qu’attendre fera baisser la facture.
128 Go ou un abonnement à une IA ?
L’autre option est de prendre une configuration plus modeste et de payer un abonnement haut de gamme à une IA dans le cloud, comme les formules à 200 dollars par mois de Claude ou de Codex. Le calcul se défend. La version M5 Max en 48 Go coûte 2 200 € de moins que celle que j’ai testée, l’équivalent d’environ un an d’abonnement ; un 16 pouces M5 Pro d’entrée de gamme coûte 4 500 € de moins, près de deux ans d’abonnement. Pendant ce temps, vous profitez des meilleurs modèles du marché, ceux qu’aucun ordinateur portable ne fera tourner. Les 128 Go se justifient si vos données ne doivent pas quitter la machine, si vous travaillez souvent hors ligne, ou si vous développez et testez vous-même des modèles et des agents.
Pour vous situer dans la gamme, notre guide pour choisir entre MacBook Air et MacBook Pro détaille chaque modèle, et notre test du MacBook Pro 14 M5 montre ce que vaut l’entrée de gamme.
Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs ordinateurs d’Apple en septembre 2026 (MacBook, Mac mini, iMac) ?






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