La fin de la charge quotidienne du smartphone : les 10 000 mAh sont la seule innovation qui compte cette année

 
La course aux mégapixels est finie, celle de l’autonomie commence enfin en dehors de Chine. Realme et Honor viennent de dégainer deux smartphones équipés de batteries de 10 000 mAh. Le secret ? La technologie Silicium-Carbone. Et contrairement à ce que vous pensez, ce ne sont pas des parpaings.

Après des années à stagner autour des 5000 mAh, les constructeurs chinois ont décidé de briser le plafond de verre. Realme vient de teaser le P4 Power, un smartphone qui embarque une batterie de 10 001 mAh.

Realme P4 Power

C’est littéralement la capacité de la batterie externe que vous transportez dans votre sac à dos. Sauf qu’elle est ici dans le téléphone. Honor n’est pas loin derrière, avec son Honor Power 2 et ses 10 080 mAh. Mais le plus impressionnant n’est pas la capacité – c’est le poids : 219 grammes.

Honor Power 2

La fin de la dictature du Lithium-Ion ?

C’est simple : la chimie traditionnelle de nos batteries lithium-ion a atteint ses limites physiques. Pour mettre plus d’énergie, il fallait plus de volume. C’est pour cela que les tentatives précédentes, comme les monstres d’Energizer, ressemblaient à des briques.

La technologie silicium-carbone (Si/C) change l’équation. En utilisant une anode composite, on augmente drastiquement la densité énergétique.

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Bref, on met beaucoup plus d’électrons dans le même espace. C’est ce qui permet au Realme P4 Power de ne pas ressembler à un outil de chantier. D’ailleurs, le modèle standard P4 fait 7,6 mm d’épaisseur avec 7000 mAh. La version Power sera un poil plus épaisse, mais visuellement, ça reste un smartphone normal.

L’autre promesse, c’est la longévité. Realme annonce 1650 cycles de charge avant une dégradation significative. C’est environ quatre ans d’utilisation intensive. Si ça se vérifie, c’est excellent, surtout pour un smartphone qu’on rechargera deux fois moins souvent.

Pourquoi Apple et Samsung sont à la traîne

Vous vous posez sûrement la question. Comment une marque comme Realme, qui opère maintenant dans le giron d’Oppo, peut humilier des géants comme Apple ou Samsung sur leur propre terrain ? Pourquoi votre iPhone 17 ou votre Galaxy S25 se contentent-ils encore de technologies vieilles de dix ans ?

Il faut se rappeler d’une chose. Samsung a vécu le traumatisme industriel du siècle avec le Galaxy Note 7. Depuis, le coréen est tétanisé à l’idée de modifier la chimie de ses batteries.

C’est là tout le problème du Silicium-Carbone. Sur le papier, c’est magique : on remplace l’anode en graphite par du silicium, qui peut stocker beaucoup plus d’ions lithium. Résultat, la densité explose. Le problème ? Le silicium a une fâcheuse tendance à gonfler physiquement lors de la charge.

Le silicium dans l’anode se dilate jusqu’à 300 % lors de la charge, contre 10 % pour le graphite traditionnel. Cette expansion mécanique génère des contraintes importantes sur la structure de la batterie.

Les constructeurs chinois comme Honor, Xiaomi et maintenant Oppo (Realme et OnePlus) ont passé trois ans à peaufiner des algorithmes de gestion de l’énergie et des matériaux composites pour contenir ce gonflement. Apple et Samsung, eux, attendent que la technologie soit mature à 100 % et capable d’être produite à des échelles astronomiques.

Le privilège du terrain

L’autre raison est purement logistique. Regardez où sont fabriquées les batteries.

La Chine ne fait pas qu’assembler nos téléphones, elle possède toute la chaîne de valeur. Les géants de la batterie comme CATL ou ATL travaillent main dans la main avec les fabricants locaux. C’est un circuit court. Les ingénieurs de Realme ou Honor sont littéralement dans les usines de batteries. Ils ont un accès prioritaire aux dernières innovations.

Pendant ce temps, cette technologie a servi de « crash test » sur le marché intérieur chinois.

Apple n’a pas ce luxe. Quand la marque adopte une technologie, elle doit pouvoir sécuriser 200 millions d’unités par an avec un taux de défaut proche de zéro. Or la chaîne de production du Silicium-Carbone n’était tout simplement pas prête à encaisser un tel volume jusqu’à aujourd’hui.

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Mais ne vous y trompez pas : maintenant que Realme et Honor ont prouvé que c’était faisable et fiable (avec ces fameux 1650 cycles), les géants n’ont plus d’excuses. Le compte à rebours a commencé pour tout le monde.

Enfin, les réglementations !

Enfin, la dernière explication tient aux régulations internationales sur le transport aérien des batteries lithium-ion. Les normes IATA et UN38.3 imposent des contraintes strictes sur les marchandises dangereuses. Pour le transport en soute, la limite se situe généralement autour de 20 Wh, soit approximativement 5400 mAh pour un smartphone.

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Au-delà de ce seuil, les constructeurs doivent mettre en place un emballage spécifique, des déclarations de marchandise dangereuse détaillées, et parfois recourir à un fret distinct. Ces procédures augmentent considérablement les coûts logistiques et allongent les délais d’acheminement.

BenzoEnergy, laboratoire spécialisé dans les batteries, indique dans ses rapports que les batteries exportées hors de Chine sont calibrées pour faciliter l’obtention des certificats nécessaires. Réduire légèrement la capacité simplifie drastiquement les processus de certification et de transport.

Mais tout cela change, enfin.


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