
C’est l’alternative open-source face à Plex. Et Jellyfin continue de s’enrichir.
Le changement le plus visible tient dans le numéro. La version qui aurait dû s’appeler 10.12.0 devient simplement 12.0. Jellyfin abandonne le préfixe « 10. », hérité de l’époque MediaBrowser et Emby. La raison est simple : la version 10.11 avait réécrit toute la base de données de la bibliothèque, un chantier majeur, mais son numéro la faisait passer pour une mise à jour de routine. Désormais, le premier chiffre bouge quand la mise à jour est grosse.
Cette fois, la promesse porte sur la vitesse. Avant, une playlist entière était stockée comme un seul bloc à l’intérieur de son élément parent. Pour compter les titres ou afficher une seule page, Jellyfin devait charger et déballer toute la liste. Concrètement, chaque élément d’une playlist occupe maintenant sa propre ligne dans la base : compter, paginer ou modifier une grande liste ne coûte plus le prix du chargement complet. Les collections profitent du même traitement, et des rubriques comme « Continuer à regarder » ou « À suivre » devraient répondre plus vite.
Là où Jellyfin grignote l’écart avec Plex
Nouveauté attendue : les versions alternatives (director’s cut, version longue, copie 4K…) fonctionnent enfin pour les épisodes de séries. Jusque-là, c’était réservé aux films. Plex gère ces versions multiples pour les films depuis longtemps, mais pas nativement pour les épisodes. Jellyfin comble donc une partie du retard.
Autre gros chantier : les livres et les bandes dessinées. La gestion, longtemps confiée à l’extension Bookshelf, passe maintenant dans le serveur lui-même, qui lit les métadonnées, génère les couvertures d’EPUB et extrait les chapitres des livres audio. C’est un terrain où Jellyfin creuse l’écart, la prise en charge des ebooks restant limitée chez Plex. Surtout, Jellyfin reste entièrement open source et sans abonnement, là où Plex facture son Plex Pass et Emby son Emby Premiere.
La mise à jour embarque aussi des correctifs de sécurité. Jellyfin en détaille cette fois plusieurs : des requêtes forgées pouvant atteindre des fichiers en dehors des dossiers autorisés, un assistant d’installation relançable sans authentification, et des failles de type cross-site scripting (injection de code dans le client web).
Ce qu’il faut faire avant de migrer
Deux précautions avant de se lancer : sauvegarder manuellement ses dossiers de données et de configuration, et retirer les extensions tierces, qui doivent être recompilées pour .NET 10 avant de refonctionner. D’ailleurs, un scan complet de la bibliothèque est obligatoire après l’installation, et il sera bien plus long que d’habitude.
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