
Ce jeudi 2 avril 2026, l’ambiance est particulièrement électrique devant la commission d’enquête de l’audiovisuel. Xavier Niel, auditionné aux côtés de Matthieu Pigasse et Jérôme Nommé sur le dossier Mediawan, ne décolère pas.
Le patron de Free fulmine de n’avoir pas pu faire reporter cette convocation pour une raison très précise : elle l’empêche d’assister au conseil d’administration d’Exaion, une ancienne filiale d’EDF récemment rachetée par le géant américain Mara.
Devant les députés, le milliardaire n’a d’ailleurs pas caché l’enjeu, qualifiant formellement la structure de « société d’importance vitale pour le pays » comme on peut le voir dans un passage relayé sur X (ex-Twitter). Mais que cache exactement cette entreprise pour justifier une telle implication au sommet de l’État ?
L’équation énergétique au cœur de l’intelligence artificielle
Pour comprendre le fond du dossier, il faut se pencher sur les besoins industriels d’EDF. Exaion a été créée comme la filiale de l’énergéticien dédiée au calcul haute performance, une activité devenue absolument centrale avec l’explosion de l’intelligence artificielle et du minage de cryptomonnaies.


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L’idée de départ répond à une problématique physique du réseau électrique. Le parc nucléaire français fait face à une surproduction structurelle, avec des excédents estimés à environ 130 TWh par an.
Plutôt que de perdre cette énergie décarbonée, EDF comptait s’appuyer sur les centres de données d’Exaion pour absorber et valoriser cette électricité. Le minage de bitcoins et l’IA, extrêmement gourmands en énergie, fonctionnent techniquement comme une éponge : il peut tourner à plein régime lorsque l’électricité est abondante et se mettre en pause lors des pics de consommation de la population.
Toutefois, le déploiement de ces infrastructures demande des fonds considérables, forçant EDF à chercher des capitaux extérieurs. C’est dans ce contexte que l’entreprise américaine Mara, un mastodonte mondial du secteur, est intervenue pour s’emparer de 64 % du capital d’Exaion en signant un chèque de 168 millions de dollars.
L’Élysée en arbitre et le verrouillage de Xavier Niel
Face aux tensions politiques provoquées par le passage sous pavillon américain d’une activité touchant aux données de l’énergéticien national, le gouvernement a dû réagir. Pour éviter de bloquer totalement l’apport financier tout en préservant le contrôle français, la présidence de la République a fait appel à Xavier Niel. Le milliardaire a ainsi investi à hauteur de 10 % dans Exaion.
L’objectif de cette manœuvre n’est pas de diluer massivement l’Américain, mais de bloquer la gouvernance. Grâce à cet investissement stratégique, le fondateur d’Iliad a pu imposer la présence de « 6 Français sur 10 administrateurs » au sein du conseil de l’entreprise. L’acquéreur détient la majorité financière, mais les grandes décisions et l’accès aux données d’EDF restent pilotés par la partie française.
C’est d’ailleurs cet assemblage qu’a défendu le ministre Roland Lescure en affirmant publiquement que « l’État a refusé une cession exclusive pour imposer un partenariat équilibré. ». Afin de désamorcer la crise entourant la cession, l’État a donc orchestré un montage hybride protégeant l’adaptation du parc nucléaire français, selon le média d’investigation The Big Whale.
Un équilibre précaire pour l’avenir numérique
La frustration de Xavier Niel lors de son audition parlementaire s’explique donc logiquement par l’importance de ce conseil d’administration post-rachat. La présence physique des administrateurs français constitue la seule garantie réelle pour empêcher l’opérateur américain de contourner les garde-fous fixés par l’État.
Le dossier Exaion illustre le défi fondamental de l’industrie technologique en Europe. La France dispose de l’infrastructure énergétique nécessaire pour alimenter les futurs modèles d’intelligence artificielle et de cryptomonnaies, mais manque cruellement de capitaux locaux capables d’assumer ce risque industriel à long terme.
La solution trouvée avec l’entrée de Xavier Niel permet de conserver la main sur les décisions critiques, en attendant de voir si ce mur de protection résistera aux ambitions d’expansion du géant américain.
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