« Les suppressions de postes ne sont jamais faciles » : le n°1 du vélo en Europe ferme son usine historique, 160 emplois supprimés

 
Accell Group, numéro 1 du vélo en Europe, a annoncé la fermeture progressive de son usine d’Heerenveen, aux Pays-Bas, d’ici début 2026. Cette décision s’inscrit dans un vaste plan de restructuration industrielle visant à réduire les coûts et à recentrer la production du groupe en Hongrie et en France.
Usine vélo Accell
Un employé de l’usine vélo de Heerenveen // Source : Accell Group

Accell Group (Babboe, Batavus, Haibike, KOGA, Lapierre, Raleigh, Sparta, Winora), n°1 du vélo en Europe, poursuit sa transformation pour assainir sa situation financière. Dans un communiqué de presse envoyé à la rédaction, l’entreprise a confirmé la fermeture progressive de son usine d’assemblage d’Heerenveen, aux Pays-Bas, un site historique qui verra ses activités de production stoppées d’ici la fin du premier trimestre 2026.

« Le transfert de la production commencera en septembre, avec une fermeture de l’usine prévue fin du premier trimestre 2026 », détaille le communiqué. L’usine, qui pèse encore lourd dans l’équilibre industriel du groupe, « représente environ 20 % de la production totale d’Accell », peut-on lire.

Une production recentrée en Hongrie et en France

La disparition de la ligne de production ne signifie pas pour autant un abandon complet du site d’Heerenveen. Le groupe souhaite le transformer en hub stratégique, tourné vers la conception, l’ingénierie et les fonctions de support. Environ 100 salariés, pour la plupart des ingénieurs et du personnel de support, rejoindront ainsi ce lieu afin de poursuivre leur activité au sein du groupe.

Mais derrière ce repositionnement se cache aussi une décision lourde de conséquences : les 160 postes du site d’assemblage seront supprimés, sans reclassement interne possible. « Un plan social est en place pour accompagner les employés durant cette transition », assure Accell.

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Source : M. Lauraux pour Frandroid

L’avenir industriel du groupe s’écrira désormais ailleurs. La majeure partie de la production sera concentrée dans l’usine hongroise, qui deviendra le cœur de la fabrication. Elle sera épaulée par le site satellite de Dijon, en France, spécialisé dans l’assemblage final.

Cette fermeture intervient dans un contexte déjà tendu. Plus tôt cette année, Accell avait mis un terme aux activités de son usine en Turquie, signe que le mouvement de consolidation de son empreinte industrielle est désormais bien engagé.

Accell agit pour survivre

Il est important de rappeler qu’Accell Group a enregistré des pertes de 390 millions d’euros en 2023. Face à ce constat, des décisions fortes doivent être prises pour survivre et repartir de l’avant, dans un contexte pourtant morose : la filiale du cycle est en crise depuis 2022/2023, suite à une bulle post Covid-19 qui a éclaté dans le secteur.

Depuis sa recapitalisation finalisée en début d’année – ses principaux actionnaires l’ont soutenu à hauteur de 600 millions d’euros – Accell Group a engagé une refonte en profondeur de son organisation. Le groupe a réorganisé ses activités en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, tout en rationalisant ses fonctions industrielles et logistiques.

Source : Upway

Les stocks, qui pesaient lourd sur sa trésorerie, ont été considérablement réduits – de 320 000 à 170 000, soit la quantité de stocks conforme à ses habitudes. Le réseau logistique a lui aussi été simplifié, avec un nombre d’entrepôts passé de 85 à 28. Cette stratégie s’accompagne également d’une réduction du nombre de bureaux et d’une baisse structurelle des coûts, destinée à rendre l’entreprise plus résiliente.

Pour Jonas Nillson, PDG d’Accell Group, ces mesures sont nécessaires. « La consolidation de notre production va nous permettre d’améliorer significativement notre efficacité », affirme-t-il. L’enjeu est de « concentrer pleinement nos efforts sur la qualité, la productivité et l’innovation, plutôt que de gérer plusieurs sites sous-utilisés soumis à une forte pression internationale sur les coûts de main-d’œuvre ».

Retrouver l’équilibre

Le dirigeant met également en avant les bénéfices attendus sur le plan opérationnel : « Cela nous permettra d’améliorer nos performances de livraison et de renforcer la cohérence des produits sur l’ensemble de nos marques ».

Il reconnaît toutefois que la transformation ne sera pas instantanée. « Bien que notre stratégie porte déjà ses fruits et que nous observions des premiers signes de reprise du marché, le retour complet prendra du temps ». C’est dans ce contexte que le groupe a choisi « d’accélérer [son] programme de transformation et de centraliser davantage [sa] production ».

Un choix difficile, concède Nillson, conscient des répercussions : « Les décisions entraînant des suppressions de postes ne sont jamais faciles, et nous sommes pleinement conscients de leur impact sur nos collaborateurs ».


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