Jusqu’à maintenant, on ne savait pas comment les champs électromagnétiques (lignes haute tension, WiFi, 3G, 4G, etc.) influençaient le fonctionnement des mécanismes biologiques. Une équipe de chercheurs de Sorbonne Université vient de montrer comment ces champs magnétiques affectent les humains.

Voilà la conclusion qui vient d’être publiée dans le magazine Plos Biology du 2 octobre : les champs magnétiques ont des effets biologiques, induisant la production de toxines. L’équipe de chercheurs de l’université française a mis en évidence le rôle clé d’une molécule dans ce processus, le cryptochrome.

Les cryptochromes, ce sont des protéines présentes chez les organismes vivants comme les plantes et les animaux. Ce sont des pigments récepteurs de lumière bleue qui interviennent dans de nombreux processus (croissance, développement…) liés au cycle circadien (jour/nuit). Les scientifiques avaient déjà prouvé leur rôle dans la perception du champ magnétique chez les végétaux (CNRS).

L’équipe de scientifiques de Sorbonne Université vient de prouver que les champs magnétiques créent des dysfonctionnements du métabolisme de l’oxygène qui sont à l’origine de la production accrue d’espèces chimiques très réactives appelées « espèces réactives de l’oxygène ». Ces dommages oxydatifs au niveau des macromolécules biologiques (ADN, lipides, protéines) peuvent malheureusement considérablement perturber la machinerie cellulaire. À faible concentration par contre, le champ magnétique peut stimuler le système de défense des cellules pour réparer l’ADN ou détruire cet oxygène oxydatif.

Les expériences menées par l’équipe de Sorbonne Université

Les expériences de Sorbonne Université ont été menées sur des drosophiles : naturellement, les larves de ces petites mouches évitaient les zones où un champ de 2 milliteslas environ (40 fois celui de la Terre) était appliqué. Mais ce n’était pas le cas des larves qui étaient dépourvues de cryptochromes. Ils ont également créé des insectes mutants pourvus de crytochromes humains. Sur ces derniers, ils ont observé de la production d’oxygène radicalaire.

Ces résultats vont d’ailleurs pouvoir être répliqués par d’autres scientifiques, ils permettent également de mieux comprendre les effets de la magnétothérapie. Cette thérapie fait appel aux aimants pour soigner certaines affections. David Larousserie, journaliste au Monde, nous rappelle qu’il n’y a rien de choquant à dire que des champs magnétiques ont des effets biologiques.

« Selon nos résultats, nous ne pouvons pas ignorer les réponses cellulaires à des champs magnétiques induits par les appareils électriques dans l’environnement (…) Mais nous ne pouvons dire pour l’instant si ces ondes sont dangereuses pour les individus. », explique Rachel Sherrad au Monde.

D’ailleurs, il est peu probable que le cryptochrome agisse seul, il n’est peut-être pas directement sensible aux champs magnétiques. Une autre façon de voir les choses est de se dire que nous sommes dotés d’un sixième sens : celui de percevoir les champs magnétiques.

Aux dernières nouvelles, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) constate qu’il n’y a pas d’évidence d’effets sanitaires avérés des radiofréquences.

Le dossier Le Monde consacré à ce sujet est très complet.

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