Installer le vrai SteamOS sur un PC Intel/Nvidia : on a tenté l’impossible, c’était laborieux mais on a « réussi »

 
Transformer un vieil ordinateur portable Intel et Nvidia en console de jeu sous le véritable système de Valve : c’est le défi, un poil masochiste, que nous nous sommes lancé. Si la technique permet de jolis miracles, le quotidien se révèle être un parcours semé d’embûches.

Récupérer un vieil ordinateur portable qui dort dans un placard pour en faire une machine de jeu optimisée, pilotable entièrement à la manette. C’est l’expérience que nous partageons ce jeudi dans notre dernière vidéo, avec la tentative d’installation du système SteamOS officiel sur une configuration non supportée.

Pour ce test d’endurance, le cobaye est un Dell XPS 9570 sorti en 2018 ; une machine équipée d’un processeur Intel Core i7 8750H et d’une puce graphique Nvidia GTX 1050 Ti. Sur le papier, ce matériel est incompatible avec le système de Valve, conçu exclusivement pour les puces AMD.

Le casse-tête des pilotes Nvidia sous Linux

Si l’installation brute se déroule sans encombre, l’absence de pilotes Nvidia rend la carte graphique dédiée inutilisable par défaut. SteamOS fonctionne sur une partition système verrouillée en lecture seule, ce qui empêche d’y installer des pilotes de manière classique.

Pour contourner ce problème, il a fallu ruser avec des scripts installés sur la partition utilisateur, une manipulation complexe qui montre bien les limites actuelles du système. C’est un sujet récurrent, alors même que le support des GPU Nvidia par Valve progresse lentement. Pour ceux qui préfèrent une méthode plus balisée, il reste possible de suivre un guide pour installer SteamOS sur son PC via des distributions alternatives.

Une interface console victime de lourdeurs techniques

Une fois la carte graphique Nvidia reconnue, les vrais ennuis commencent avec le mode console. L’interface de navigation, gérée par le programme Gamescope, s’est révélée particulièrement lente – oscillant péniblement entre 10 et 15 images par seconde.

En cause : la gestion de la correction des couleurs calculée de manière logicielle par le processeur Intel, combinée à la définition 4K de l’écran du PC portable. Quelques lignes de code et l’aide de l’intelligence artificielle Claude ont permis de forcer l’affichage en Full HD et de déléguer les couleurs à la partie graphique intégrée, faisant remonter l’interface à 60 images par seconde.

Pour autant, tout n’est pas parfait. Le système souffre encore de nombreux bugs gênants : l’ouverture du menu Steam fait chuter les performances à 20 images par seconde, et le simple mouvement de la souris crée d’importants ralentissements. En jeu, le mode console s’avère moins performant que le mode bureau classique, avec des pertes de fluidité notables sur des titres comme Rise of the Tomb Raider ou Outer Wilds. Ces instabilités rappellent que, même si Valve prépare sa distribution avec des mises à jour comme SteamOS 3.9.0 pour d’autres formats, l’expérience sur du matériel non AMD reste aujourd’hui expérimentale.

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