Installer SteamOS sur son PC : le guide complet, étape par étape

Passez à toute vapeur

 
SteamOS n’est plus réservé au Steam Deck ni à la Steam Machine. Depuis la version 3.8, on peut l’installer gratuitement sur n’importe quel PC à carte AMD ou Intel. Voici le tuto complet, de la config matérielle à la configuration du système, avec les solutions pour les cartes Nvidia.

Transformer un PC en console de salon façon Steam Deck prend désormais environ un quart d’heure. L’opération ressemble à une installation de Linux classique, avec deux ou trois réglages qui font toute la différence entre une machine qui démarre du premier coup et un écran noir frustrant. On déroule tout, sans rien laisser au hasard. Et si vous n’avez pas encore la machine, on vous explique justement comment construire sa Steam Machine en 8 composants, avant de lui installer son système. Et si vous hésitez encore entre la monter ou acheter celle de Valve, notre comparatif Steam Machine contre PC à 1 000 € pose le décor.

Quelle configuration pour faire tourner SteamOS ?

Le point déterminant, c’est la carte graphique. SteamOS s’appuie sur les pilotes ouverts d’AMD et Mesa : une Radeon RX 6000 (RDNA 2) ou RX 7000 (RDNA 3) offre le meilleur support, puisque ce sont les architectures du Steam Deck et de la Steam Machine. Les cartes Intel Arc de bureau, type B580, fonctionnent désormais aussi, mais via un bricolage communautaire : l’installation officielle ne les gère pas encore, et la mise en route documentée par des testeurs passe par une carte AMD avant d’échanger pour l’Arc. Les GeForce, en revanche, ne sont pas encore gérées, on y revient plus bas. Côté reste de la machine, visez un SSD NVMe dédié à SteamOS, 16 Go de RAM pour être à l’aise, et gardez en tête qu’une carte récente exige une image récente, sous peine de manquer les pilotes Mesa adaptés.

Pour une base qui colle à la Steam Machine sans se ruiner, notre sélection de composants pour une Steam Machine maison sert de point de départ tout trouvé.

Un détail de vocabulaire pour cadrer les attentes : le support officiel d’Intel introduit avec SteamOS 3.8 vise d’abord les consoles portables, comme la MSI Claw, et non les cartes graphiques Arc de bureau. Faire tourner SteamOS sur un PC fixe à carte Arc reste pour l’instant l’affaire de bricoleurs, et Valve n’a annoncé aucune date pour un support natif des Arc dédiées.

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Nos conseils pour construire sa Steam Machine : 8 composants, moins cher et un piège

Ce qu’il vous faut avant de commencer

  • Une clé USB de 8 Go minimum, 16 Go pour être tranquille. Son contenu sera effacé.
  • L’image de récupération SteamOS, à récupérer sur la page de support officielle de Valve.
  • Un outil de gravure : Rufus sur Windows, Balena Etcher sur macOS et Linux, ou la commande dd pour les habitués.
  • Un clavier et une souris pour les écrans d’installation, même si vous finirez à la manette.
  • Une connexion Ethernet de préférence, plus fiable que le Wi-Fi pendant l’installation.
  • Une sauvegarde de vos fichiers : le disque cible sera entièrement réécrit.

Si vous n’avez jamais touché à Linux, rien d’insurmontable : la logique d’une clé USB bootable et d’un disque à préparer est la même partout. Notre tuto pour installer Linux sur un PC détaille ces bases, utiles avant de se lancer dans SteamOS.

Étape 1 : créer la clé USB d’installation

Téléchargez l’image sur la page d’installation et de réparation de SteamOS, la seule source officielle.

Le fichier pèse plusieurs gigaoctets, une connexion stable aide. Branchez la clé, ouvrez Rufus ou Balena Etcher, sélectionnez l’image puis la clé, et lancez l’écriture. Vérifiez bien que vous pointez sur la clé USB et pas sur un autre disque, c’est l’erreur classique qui efface les mauvaises données.

La manipulation est identique à celle d’une clé d’installation Linux classique, si vous l’avez déjà faite une fois. Une fois l’écriture terminée, éjectez proprement la clé.

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Étape 2 : préparer le BIOS

C’est l’étape à ne pas bâcler. Redémarrez et entrez dans le BIOS, en général via la touche Suppr ou F2. Désactivez le Secure Boot : SteamOS n’est pas signé avec les clés de Microsoft, il refuserait de démarrer sinon. Restez en mode UEFI et coupez le CSM si l’option existe. Si vous le pouvez, débranchez physiquement les autres disques de la machine le temps de l’installation, c’est le moyen le plus sûr de ne pas écraser le mauvais. Enregistrez les changements, puis quittez.

Étape 3 : lancer l’installation

  1. Au démarrage, ouvrez le menu de boot (souvent F12, F11, Échap ou Suppr selon la carte mère) et choisissez la clé USB.
  2. L’installateur charge quelques lignes Linux, puis affiche un bureau KDE. Lancez l’option qui efface le disque et installe SteamOS.
  3. Confirmez l’effacement du disque cible, en vérifiant une dernière fois que c’est le bon. Comptez environ un quart d’heure.
  4. À la fin, retirez la clé avant le redémarrage, pour ne pas relancer l’installateur.
  5. SteamOS démarre sur sa configuration initiale : langue, région, clavier, puis réseau, et enfin connexion à votre compte Steam.

Si l’installateur refuse de démarrer, revérifiez que le Secure Boot est bien désactivé et changez de port USB, les façades avant posant parfois problème.

En cas d’écran noir après l’installation, contrôlez l’ordre de boot et assurez-vous que le bon SSD est sélectionné. Et si une carte récente n’affiche rien, repartez d’une image SteamOS 3.8 ou plus récente.

Étape 4 : configurer le système

Premier réflexe avant tout : la mise à jour. Direction Paramètres puis Système, et installez la dernière version de SteamOS. La machine démarre ensuite directement dans l’interface manette du Steam Deck, avec la précompilation des shaders qui lisse les saccades.

Pour aller plus loin, basculez en mode Bureau via le menu d’alimentation : vous y trouvez un environnement KDE Plasma complet, pour installer des applications, des émulateurs ou un navigateur.

Quelques réglages valent le détour. Dans les paramètres de compatibilité, activez Steam Play pour tous les titres, afin que Proton fasse tourner l’écrasante majorité des jeux Windows. Ajoutez Decky Loader si vous voulez des extensions au mode jeu, et un lanceur comme Heroic ou Lutris pour brancher vos bibliothèques Epic, GOG ou autres. Avant d’acheter ou de lancer un jeu, un coup d’œil à ProtonDB renseigne sur sa compatibilité, et Are We Anti-Cheat Yet indique si son anti-triche passe sous Linux.

Ce qu’il faut savoir avant de se lancer

  • Pas de double démarrage officiel : l’installation prend tout le disque. Valve dit travailler sur un installateur capable de cohabiter avec Windows, mais ce n’est pas encore là. Pour garder les deux, le plus propre reste un disque séparé pour chaque système.
  • Les anti-triches au niveau du noyau bloquent : Valorant, Call of Duty, Battlefield ou les jeux EA Sports refusent de se lancer sous Linux. Toute une catégorie de jeux compétitifs reste inaccessible.
  • Pas de HDMI-CEC : vous ne pourrez pas allumer la TV ni la piloter avec la manette comme sur une vraie console.
  • Le Secure Boot reste désactivé : à garder en tête si vous récupérez la machine pour un autre usage plus tard.

Et si on a une carte Nvidia ?

C’est la principale limite du moment. SteamOS ne gère pas encore les GPU Nvidia, dont les pilotes restent propriétaires là où ceux d’AMD et d’Intel sont ouverts et intégrés au noyau Linux. Sur un système immuable comme SteamOS, Valve ne peut pas simplement ajouter ces pilotes fermés, il doit travailler main dans la main avec Nvidia. L’éditeur a justement confirmé collaborer très étroitement avec Nvidia, avec une équipe dédiée qui grandit. Le calendrier reste lointain : ce rapprochement avec Nvidia ne devrait pas aboutir avant fin 2026, plus probablement 2027.

En attendant, les possesseurs de GeForce ont des solutions. La plus simple s’appelle Bazzite, une distribution communautaire basée sur Fedora qui reprend le mode jeu façon Steam Deck et embarque directement les pilotes Nvidia. Elle couvre les cartes RTX et les GTX 16 récentes, avec une réserve : le support Nvidia dans le mode jeu reste en bêta, avec des bugs assumés, et l’équipe conseille alors plutôt une image de bureau. Les bricoleurs peuvent lui préférer Nobara, plus ouverte mais plus exigeante, tandis que Pop!_OS reste une valeur sûre pour faire tourner un GPU vert un peu ancien.

Si vous voulez comprendre comment ces distributions s’installent, notre guide pour installer Linux sur un PC couvre la méthode pas à pas. Dernière option, la plus sage si votre carte est récente : patienter quelques mois.

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Une fois le bon système choisi, le résultat tient ses promesses : un PC qui s’allume sur sa bibliothèque, se pilote à la manette et se passe des lourdeurs de Windows.

Sur une Radeon, c’est jouable dès aujourd’hui. Sur une GeForce, c’est pour bientôt.

Et si l’envie d’assembler la machine idéale vous démange, on a déjà fait le tri dans les composants à choisir pour sa Steam Machine, avec le piège à éviter au passage.

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