Faites une recherche sur le Play Store, et le seul Pirate Bay que vous y trouverez vous renverra vers un jeu de pirates – logique – ou vers divers albums musicaux. Et c’est normal : Google s’est lancé dans une chasse aux applications de peer to peer via BitTorrent et a fait disparaître les apps relatives au célèbre The Pirate Bay de son Play Store.

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Hasard du calendrier ou pas, il faut avouer que The Pirate Bay est actuellement dans le collimateur à la fois de Google et des autorités hexagonales. Le tribunal de grande instance de Paris, à la joie de la Société Civile des Producteurs Phonographiques qui publiait l’information en fin de semaine dernière, a en effet enjoint les « fournisseurs d’accès de mettre en œuvre toute mesure propre à empêcher l’accès à partir du territoire français du site de partage de fichiers musicaux The Pirate Bay ainsi que de ses sites de redirection et sites miroirs ». Cette décision de justice devra prendre effet sous quinzaine et durera un an chez les différents FAI (Orange, Bouygues, Numericable, Free…). Cette décision n’a rien d’une exception à la française, puisqu’elle fait écho à des mesures déjà prises de l’autre côté de la Manche, en Irlande ou au Royaume-Uni.

L’Internet fixe n’est pas seul à être touché par cette interdiction de The Pirate Bay. Elle se répercute en effet sur le Play Store, comme s’en insurge TorrentFreak, qui révélait il y a quelques jours la suppression d’apps telles que The Pirate Bay Proxy, The Pirate Bay Premium, The Pirate Bay Mirror et PirateApp, lequelles font souvent usage de proxy. Le site publie au passage l’email reçu par les développeurs des applications visées. Il fait mention de la justification des choix opérés par Google : la « violation de la propriété intellectuelle » est au centre des arguments invoqués par Mountain View. Pour l’instant en vain, le développeur de The Pirate Bay Proxy a fait appel de cette exclusion du Play Store.

Entre législations nationales cherchant à lutter contre le téléchargement illégal de contenus culturels et volonté assumée par Google de pénaliser les pages web permettant de télécharger des fichiers pirates, la lutte se déporte du web fixe au web mobile. Toutefois, certaines applications disparues sont aujourd’hui disponibles sous forme d’APK, signe que les principaux concernés ne sont pas prêts à se laisser impressionner par des instances pourtant beaucoup puissantes qu’eux.