Pour deux des trois flagships du MWC 2017 (les LG G6 et Sony Xperia XZ Premium), l’un des principaux apport est l’écran HDR. Véritable avancée ou pétard mouillé ?

Chaque année, les fabricants misent tout sur une innovation pour ringardiser instantanément les produits de la génération précédente. Cette innovation est parfois un véritable progrès, parfois un argument fallacieux.

Qu’en est-il du HDR, tendance du MWC 2017 ?

4K sur smartphone : fallacieux

Il y a deux ans par exemple, Sony a présenté le Xperia Z5 Premium, premier smartphone à écran Ultra HD dit 4K. Mais à moins d’avoir un œil bionique, il est quasi impossible de discerner un petit écran Ultra HD d’un petit écran de 2560 x 1440 pixels.

Sur un smartphone, l’Ultra HD n’a d’intérêt que pour la réalité virtuelle, très exigeante en résolution, mais Sony ne propose pas de casque.

Le luxueux Xperia Z5 Premium n’a d’ailleurs pas fait recette, si bien que son successeur, l’actuel Xperia XZ, est revenu à une définition Full HD de 1920 x 1080 pixels.

La définition de 2560 x 1440 pixels est souvent improprement appelée « 2K ». Or si un écran de 3840 x 2160 pixels est un écran 4K (ce qu’il n’est pas), alors un écran 2K devrait être un écran de 1920 x 1080 pixels, ce qu’on appelle, à juste titre cette fois, un écran Full HD. Le sigle 4K, provenant de l’industrie du cinéma, devrait désigner une définition de 4096 pixels de large.

À lire sur FrAndroid : Sony Xperia XZ Premium : 4K HDR et ralentis à 960 fps – MWC 2017

HDR sur smartphone : progrès

Cette année, le nouveau porte étendard de Sony dispose de nouveau d’un écran « 4K », toujours aussi inutile. Mais cette fois il est en plus HDR.

HDR, l’écran du LG G6 l’est aussi, mais il s’en tient à une définition plus que suffisante de 2880 x 1440 pixels (soit un 2560 x 1440 pixels allongé).

Enfin, l’écran OLED de 9,7 pouces de tablette Samsung Galaxy Tab S3 l’est aussi.

Et contrairement à l’Ultra HD, la HDR est une avancée significative quelle que soit la taille d’écran.

C’est que, pour commencer, cette technologie offre comme son nom l’indique une plage dynamique étendue, c’est-à-dire qu’elle augmente l’écart entre le noir et le blanc. Pour ce faire, elle augmente le contraste, en affichant des noirs plus sombres et surtout des blancs plus lumineux.

Mais elle étend aussi l’espace colorimétrique, et restitue donc des couleurs plus vives, plus saturées. En d’autres termes, des rouges plus rouges, des verts plus verts, etc. En somme, lorsqu’il est exploité subtilement, un écran HDR peut restituer des images plus réalistes.

Ce n’était pas le cas sur les Sony Xperia XZ Premium en démonstration au MWC 2017, beaucoup trop clinquants. Nous attendons de voir si ces deux premiers smartphones seront plus fidèles en pratique.

Le début de la démocratisation

La HDR sur smartphone, et plus largement sur n’importe quel écran, est donc un progrès. Pour autant, ce n’est pas encore un argument de vente décisif.

En effet, tout comme l’Ultra HD, la HDR réclame une chaîne de contenu de bout en bout. Or on trouve encore bien peu de programmes en HDR, en fait une fraction des programmes disponibles en Ultra HD. À ce jour on trouve essentiellement des séries sur Netflix et sur Amazon Video, et quelques rares vidéos sur YouTube.

L’arrivée de la HDR sur deux des trois derniers flagships présentés signale donc le début d’une démocratisation, qui s’étendra ces prochaines années à toutes les gammes de smartphones.

En attendant, il est probablement prématuré de choisir un smartphone pour cette raison, à moins d’être un super early adopter. Pour expérimenter la HDR et par extension l’Ultra HD, mieux vaut se tourner vers le marché des téléviseurs, bien plus mature sur ces points.