Introduction

Nous avons cette fois eu entre les mains la phablette entrée de gamme de Meizu, un mix entre le M3 Note et le M5 classique. Sorti en fin d’année 2016, le M5 Note est disponible à moins de 200 euros, soit un tarif accessible. Est-ce un bon investissement ? Notre avis dans ce test.

Fiche technique

Modèle Meizu M5 Note
Version de l'OS Android 6.0 (Marshmallow)
Interface Flyme
Taille d'écran 5,5 pouces
Définition 1920 x 1080 pixels
Densité de pixels 401 ppp
SoC Helio P10 (MT6755) à 1,8GHz
Processeur (CPU) Cortex-A53
Puce Graphique (GPU) Mali-T860 MP4
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 16 Go, 32 Go
MicroSD Oui
Enregistrement vidéo 1080p
Wi-Fi Oui
Bluetooth
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz, 800 MHz, 1800 MHz, 2600 MHz
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) microUSB
Géolocalisation Oui
Batterie 4000 mAh
Dimensions 153,6 x 75,8 x 8,2 mm
Poids 175 grammes
Couleurs Bleu, Gris, Or
Prix 152 euros
Fiche produit

Quasiment un copier/coller du M3 Note

Design

Pas d’évolution majeure ni de grande surprise, le Meizu M5 Note est un M5 grand format. Il troque son châssis en plastique pour du métal. Globalement, cela lui donne des faux airs de premium, ce qui se vérifie d’autant plus avec les deux bandes qui ressortent sur son dos. Sans tomber dans la facilité, la ressemblance est vite trouvée : le M5 Note partage un petit air de famille avec l’iPhone, entre des bords arrondis et un écran 2,5D. On retrouve toujours le petit bouton principal, placé en bas de la face avant, qui s’intègre parfaitement dans l’ensemble. C’est un élément central du design puisque beaucoup de fonctions lui sont associées, mais nous reviendrons sur ce sujet un peu plus tard.

Le dos de l’appareil arbore le logo du constructeur, avec au-dessus une LED flash accompagnée du capteur photo. Aucune protubérance constatée, il ne risque pas de faire chavirer le smartphone, qui se retrouve à plat sur le bureau.

Sur le pourtour du terminal sont localisés les différentes connectiques et boutons, à droite pour les fonctions volume et power, à gauche la fente dual SIM/microSD, la tranche supérieure est vide à l’exception d’un petit trou, certainement le capteur de bruit ambiant. Enfin, le dernier bord contient le port jack (il est toujours là !), le microphone, le haut-parleur. Toujours pas d’USB type-C, ici nous avons un port micro-USB entouré de part et d’autres par deux vis apparentes qui font leur petit effet.

Entre nos mains, le M5 Note est agréable et tient bien dans la paume. Rien à redire sur l’aspect général, sobre et plutôt réussi, même si l’on pourrait déplorer un manque certain d’innovation. À noter que, de par sa conception en métal, le dos du smartphone se refroidit assez vite s’il est laissé un moment sur un bureau ou une table, ce qui n’est pas très plaisant lorsque l’on reprend en main (et je n’ose pas imaginer ce que cela donne en hiver). Fort heureusement, il est possible de lutter contre ce phénomène en glissant le terminal dans un étui ou une coque.

On remarque donc de bonnes finitions, même si notre unité de test présente un défaut sur le bas de la bordure gauche, avec de la colle mal fixée. Non seulement cette rugosité fait tache d’un point de vue esthétique, mais elle se sent en utilisant le smartphone puisqu’il y a toujours au moins un doigt qui loge ici pour maintenir l’appareil.

Écran

On a droit à un écran de phablette, c’est-à-dire l’habituelle diagonale de 5,5 pouces. Celui-ci dispose d’une dalle IPS d’une définition de 1080 x 1920 pixels avec une résolution de 400 ppp.

Passé à la sonde, l’écran du Meizu M5 Note atteint une luminosité maximale de 416 cd/m² et un contraste de 1255:1. Autrement dit, c’est satisfaisant. En revanche, certains points négatifs sont à noter, déjà la température des couleurs qui avoisine les 8250 K, à l’œil nu les blancs de l’écran sont froids. Même s’il est possible, dans une certaine mesure, de corriger le tir via le paramètre chromatique, les couleurs affichées ne sont pas tout à fait fidèles.

Malgré tout, l’écran est sujet aux reflets, au point d’en devenir difficile à lire en plein jour ou sous le soleil. Les angles de visions sont moyennement bons : il vaut mieux ne pas trop s’éloigner de l’écran, ni trop bouger, sous peine de ne pas voir correctement le contenu de l’écran.

Luminosité max, et pourtant on n’y voit presque plus rien !

Audio

Le M5 Note ne risque pas de briller par la qualité de son haut-parleur ni de sa restitution audio : les sons manque nettement de basses, et sur certaines pistes on entend plus la partie vocale que les instruments. Volume maximum, ça manque de puissance.

Nous avons rencontré un souci assez gênant en enfilant un casque/des écouteurs : le smartphone ne détecte pas l’équipement connecté. Il faut procéder à un branchement très en douceur pour que cela fonctionne. En revanche, l’embout jack un peu plus long d’une enceinte est lui détecté sans souci. Cette défaillance est assez intrigante, à voir si cela ne touche que quelques modèles ou si ce problème est plus généralisé.

Flyme

Livré avec FlymeOS 5.2, le smartphone a reçu plusieurs mises à jour en l’espace de six mois, portant la dernière en date à la version 6.7.8.8G (bêta). L’interface du constructeur a été améliorée, pour gagner en fluidité, mais elle n’en reste pas moins complexe. En effet, un adepte d’Android stock aurait beaucoup de mal à s’y retrouver. En un mot, c’est un capharnaüm tellement il est difficile d’y trouver ses marques. Les paramètres système sont étrangement alambiqués, avec des traductions de fonction pour le moins bizarres (le mode nuit/protection des yeux/filtre lumière bleue renommé « doux pour les yeux »… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?).

En outre, le texte des raccourcis rapides ne connaît pas le retour à la ligne, ce qui donne des noms tronqués par des points de suspension. Dans le genre non-sens, on soulignera aussi que baisser le volume au minimum n’active pas le vibreur, cela coupe simplement les différents sons, il faut passer par le raccourci dédié situé sur le panneau, idem pour le mode avion que l’on ne retrouve pas dans le menu d’alimentation (bouton power).

Comme nous l’avons déjà expliqué dans notre test du Meizu Pro 6, la navigation est tout sauf intuitive. Meizu se refuse à la barre virtuelle et laisse l’utilisateur se débrouiller avec un bouton physique en façade. Le mBack, ainsi nommé, est terriblement mauvais. Il combine à lui seul les fonctions précédent (une tape), retour à l’écran d’accueil (un appui), appareil photo (double appui), verrouillage/éteindre l’écran (appui prolongé) en plus de la reconnaissance d’empreintes… Qui est totalement aléatoire : il n’est pas capable de bien faire ce qu’on lui demande. On en arrive à la conclusion que vouloir tout concentrer dans une seule touche relève du génie ou de la folie…

On pourra également déplorer l’absence de tiroir d’application et des applications Google. Tout comme sur MIUI, il faut passer par le store virtuel (hot apps) pour récupérer le Google Installer, qui se chargera alors de déployer les différents services de la firme américaine sur l’appareil, quand bien même le M5 Note n’est pas un appareil certifié. Cette bidouille n’est pas difficile à réaliser, mais cela est loin d’être évident pour des utilisateurs néophytes. En plus, la technique est loin d’être parfaite, nous avons remarqué divers bugs de fonctionnement avec les Google Apps, le système ayant la fâcheuse habitude de venir corrompre le Framework de Google.

Et le clavier de base, on en parle ? Impossible de trouver certains caractères comme le tiret du bas (underscore). TouchPal est proposé comme seconde méthode d’entrée, mais il est loin d’exceller dans son domaine. Pour le coup, pas d’autre choix que d’installer une application tierce comme Gboard pour tapoter convenablement.

On note la présence d’une boîte à outils, pas toujours intégrée par les fabricants, qui rassemble en une seule app les fonctions torche, miroir, boussole, niveau à bulle, décimètre, loupe. Certes, rien de transcendant, mais il est possible de placer un raccourci sur le bureau vers chaque outil. Du côté multimédia, les fichiers musicaux et vidéo sont tous lus sans encombre, avec le support natif du HEVC (x265 10 bits).

Fort heureusement, même si la surcouche maison se montre assez lourde d’usage, celle-ci remonte un peu le niveau grâce à des paramètres utiles et bien pensés comme les gestes, la navigation à travers une touche intelligente, un écran d’accueil simplifié, des modes d’économie d’énergie et marche/arrêt programmables.

Photo

Le Meizu M5 Note n’excelle pas dans le domaine photographique, loin de là. En conditions normales, le capteur fait le job en produisant des photos potables bien que souffrant d’un bruit numérique omniprésent et d’un manque cruel de netteté (surtout en intérieur), sans parler de la mise au point perfectible et la balance des blancs automatique souvent à la ramasse. On aurait pu compter sur le mode HDR pour rattraper le coup, déboucher un peu les ombres et améliorer le contraste, mais son horrible lenteur de traitement risque de décourager les plus impatients. Il faut compter bien 5 secondes pour que le cliché soit capturé et enregistré, de préférence un sujet fixe, car tout ce qui se trouve en mouvement n’est pas saisi sur l’instant. Attention aux photos affichées à l’écran, celles-ci (comme pour les modèles Xiaomi testés récemment) rendent différemment sur ordinateur.

Des filtres sont disponibles pour donner un style au clichés, et le mono se montre particulièrement utile en cache misère pour rendre le bruit moins perceptible. L’app appareil photo offre quelques autres fonctionnalités comme la possibilité de scanner des codes QR, créer des gifs, réaliser des time lapse/ralentis, un mode manuel, et modifier la mise au point a posteriori en capturant 7 clichés différents. Seulement voilà, il faut comprendre que « champ lumineux » correspond à cette fonction… D’un autre côté, le mode macro marche plutôt bien.

En mode vidéo, le micro est beaucoup trop sensible, au point d’enregistrer le bruit des interactions avec l’écran (même une petite tape) et celui du capteur lors de mise au point. Pas glop. Finalement, l’appareil photo du M5 Note peut dépanner, mais difficile d’imaginer s’en servir pour immortaliser des paysages ou des personnes. Étonnamment, les photos prises en zoom ne sont pas trop dégradées.

Point bonus pour la galerie, où il est possible de redimensionner/compresser les photos via le menu propriétés, dommage que cela touche directement à l’original au lieu de créer une copie de moindre résolution. En revanche, un glitch apparaît souvent lors de la visualisation de clichés, sur le bas de l’écran, à travers une bande blanche.

Malgré tous ces points négatifs, le capteur peut saisir des clichés d’assez bonne facture, même si le ciel mériterait un éclaircissement.

Le reste des photos prises :

Perfs

Composé de huit cœurs Cortex-A53 cadencés à 2 GHz et aidé d’un GPU Mali-T760 MP2, le Helio P10 (MediaTek) qui anime le Meizu M5 Note s’en sort bien au quotidien. Multitache, jeux, utilisation intensive… le SoC arrive à suivre, bien que les graphismes ne sont pas exceptionnels. Enfin, aucune véritable différence n’est à constater entre les modes équilibre et performance de Flyme. Ce dernier causerait même quelques lenteurs/saccades (lors de l’édition d’un screenshot par exemple), pour le coup on en viendrait à conseiller de laisser le smartphone en mode économie d’énergie.

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Ce n’est pas une bête de course, mais le M5 Note arrive à faire légèrement mieux que le Xperia XA et vient talonner l’Oppo F1 Plus.

Une grosse batterie pour tenir le coup

Lors de notre test d’autonomie, le M5 Note termine avec 95 % de batterie après la lecture d’une vidéo pendant une heure. C’est un bon résultat qui peut être salué, grâce notamment à la présence d’une batterie 4 000 mAh. Si tenir une journée ne lui fait pas peur, la phablette consomme beaucoup de jus lorsque la luminosité est élevée. Elle peut d’ailleurs facilement aller sur les deux jours d’utilisation grâce aux automatismes d’économie d’énergie précédemment évoqués, qui une fois activés permettent de préserver quelques précieux pourcents.

Autonomie Meizu M5 Note
  • Meizu M5 Note : 95
  • Meizu M5 : 84
  • Oppo F1 Plus : 89
  • Sony Xperia XA : 82
  • : 0

En revanche, carton rouge pour Meizu, qui annonce une charge rapide de 60 % en 30 minutes grâce à son procédé mCharge, alors qu’en réalité il nous a fallu patienter 2h complètes (Wi-Fi + data désactivés et écran éteint) pour voir la batterie passer de 1 à 100 %…

GPS et réseaux

Contrairement aux autres smartphones chinois amputés de certaines fréquences, le M5 Note est presque compatible avec la 4G française (manque la B28 sur le spectre des 700 MHz) et ça se voit : malgré des déplacements sur certaines zones moins bien couvertes, le smartphone est tout le temps resté connecté au réseau 4G. Les résultats des tests de vitesse Orange et Bouygues sont similaires.

Pour ce qui est du GPS, le tableau est moins joli. Un certain temps est nécessaire pour réussir à obtenir le signal. De plus, la position déterminée est souvent imprécise. On note également de gros soucis de navigation avec Google Maps, où notre point ne bouge pas sur la carte. Le système pose également problème au niveau des paramètres réseau, impossible d’effectuer une recherche manuelle. En cas de problème, la seule solution s’avère de redémarrer le smartphone.

Prix et disponibilité

Le Meizu M5 Note est disponible à partir de 165 euros sur le marketplace Fnac, et à un peu plus de 170 euros sur Amazon.

Le Meizu M5 Note en photos

Test Meizu M5 Note Le verdict

design
5
Le design du M5 Note ne présente rien d'original, c'est le même que les précédents modèles, eux-mêmes inspirés du côté de la pomme. Il a de l'allure, oui, mais son bouton mBack est une véritable calamité. On aurait préféré un le capteur d'empreintes relocalisé à l'arrière, plus naturel et instinctif.
écran
6
Un bon contraste n'excuse pas tout : l'écran du M5 Note présente des faiblesses comme la dérive colorimétrique et les angles de vision assez limités. Ces points reviennent souvent sur la table, Meizu devrait vraiment corriger le tir.
logiciel
5
À mi-chemin entre iOS et Android, Flyme ne propose vraiment rien d'original. L'interface se contente de reprendre ce qui se fait chez la concurrence, en moins bien. Les paramètres sont assez casse-tête pour qui a l'habitude de menus bien organisés, et on repassera pour les traductions bancales.
caméra
6
Du bruit, du flou, un mode HDR complètement largué. L'appareil photo du M5 Note se montre fonctionnel en conditions optimales. Autrement, non.
performances
7
Loin d'épater la galerie, le MT6755 fait tout ce qu'on lui demande. Certes, le SoC de MediaTek fait pale figure face aux monstres haut de gamme, mais il remplit ses fonctions sans rencontrer vraiment de problème.
autonomie
7
Le M5 Note s'en sort très bien. Sa batterie d'une capacité supérieure à la moyenne y est pour beaucoup. On peut compter également sur les optimisations logicielles et différentes options d'économie d'énergie intégrées. Dommage que la charge rapide ne soit pas active.
Note finale du test 6/10
Le Meizu M5 Note est dans l'ensemble un bon téléphone, mais manque d'attractivité. En comparaison avec les modèles précédents, le design et les caractéristiques sont presque figées : peu de perspectives de changements, le constructeur chinois réutilise la même formule à outrance, et celle-ci commence sérieusement à montrer ses limites.
Au final, le M5 Note peine grandement à convaincre, car il n'apporte strictement rien de plus que le M3 Note. Dans une fourchette de prix similaire, on lui préfèrera une valeur sûre comme le Honor 6X.
  • Points positifs
    • Fait le job
    • Bonne autonomie
    • Différents modes et filtres photo
    • L'accent mis sur l'économie d'énergie
    • Compatibilité 4G
    • Écran correct
  • Points négatifs
    • Interface logicielle pas très claire
    • Encore et toujours le même design
    • Mode HDR désastreux
    • Jack et capteur d'empreintes capricieux
    • Marshmallow, à quand Nougat ?
    • Fiche technique et connectiques veillissantes
    • Un M3 Note recyclé ?