III – Multimédia et jeux vidéo : un challenge à relever au milieu de la concurrence

1 – Sur les traces du premier lecteur

Le précédent Galaxy avait épaté son monde en décodant les fichiers vidéos les plus exotiques, notamment grâce au duo gagnant made in Samsung d’un processeur performant et d’une batterie de codecs parfaitement adaptés à leur machine. Alors oui, c’était il y a un an à peu près, maintenant, la concurrence a bien rattrapé son retard et du milieu de gamme au haut de gamme, les smartphones lisent tous du 1080p high-profile.

Portrait ou paysage, avec ou sans sous-titres

Pas de surprise – de mauvaise surprise -, le Galaxy S III fera tout ce que vous lui demandez de faire du côté de la vidéo. Du coup, dans un marché qui est maintenant super compétent, comment se démarquer ? Répétons le refrain qui accompagne ce test depuis le début : en proposant une approche grand public de la fonction vidéo. Bien souvent, les constructeurs « oublient » d’installer un lecteur vidéo et font confiance à la galerie Google qui ne fait pas toujours le boulot.

Samsung vous vend du prêt à l’emploi : en quelques secondes, vous avez transféré votre gros fichier vidéo sur la mémoire interne, vous avez débranché votre smartphone et vous êtes déjà en train de lire votre film, grâce au lecteur intégré. Pratique et fonctionnel, que demander de plus ?

Désolé Big Buck Bunny, mais les écureuils volants, c’est has-been depuis lundi 11h30

Vous savez qu’on est méchant – enfin, moi particulièrement – et qu’on aime bien pousser dans leurs derniers retranchements les smartphones, on a donc chargé des fichiers extra-terrestres pour aller plus loin que l’exotisme. Bon, pas vraiment extra-terrestres, mais bruts de décoffrage, de bons vieux .MTS HD, pris avec un reflex. Et bim, le lecteur ne les lit pas, ne les voit pas en fait. Drame hardware ? Non, après un petit tour sur le Play Store pour téléchoper MX Player, le Galaxy S III a pu lire sans aucun problème tous les fichiers que nous lui avons donné.

Du coup, si vous ne voyez pas apparaître le fichier que vous avez transféré dans le lecteur par défaut, vous savez ce qu’il vous reste à faire : côté hardware, le smartphone, lui, décodera tout et n’importe quoi.

2 – Du côté de la capture

Du côté de la capture maintenant, vous retrouverez au dos du smartphone un appareil photo de 8 mpx avec un flash à LED. Comme sur tous les appareils haut de gamme de dernière génération, on retrouve des tas de technologies, aussi bien du côté matériel que du traitement logiciel a posteriori : rien ne sert d’en faire une liste exhaustive qui ferait passer ce test pour une fiche technique détaillée, ce que nous refusons toujours.

Un appareil complet et performant : Samsung veut enterrer votre compact

Comme nous le répétons depuis maintenant quelques tests, il est aujourd’hui tout à fait possible de troquer un appareil photo compact contre un smartphone, bien plus pratique à ranger dans un sac et faisant la plupart du temps des clichés de qualité similaire dans la mesure où vous ne voulez pas réaliser des oeuvres d’art mais saisir des instants pour en avoir un souvenir pictural – lisez en des termes moins poétiques, prendre des photos de touristes, entre potes ou en famille.

L’application photo proposée par Samsung ne s’éloigne pas des standards du genre et ressemble très fortement à celle proposée sous Android 2.x, le Coréen ayant sûrement préféré transposer son .apk plutôt que de repenser l’ensemble. L’appareil tire pourtant partie des avancées d’Android 4.0 et vous aurez, comme sur les modèles de HTC, un déclenchement instantané de la capture et un mode rafale impressionnant qui s’occupera tout seul de choisir « le meilleur cliché ».

Vous retrouverez également des tas de paramètres, de la gestion des ISO à la balance des blancs, de la mesure à la gestion du contraste, de la géolocalisation des clichés aux effets visuels, bref, l’appareil est extrêmement complet et ne devrait pas, en théorie, vous décevoir.

Du côté de l’accessibilité physique, le Galaxy S III n’a pas, comme les modèles de Sony, de véritable déclencheur. Mise au point et cliché se feront donc de manière tactile, en touchant l’écran au bon endroit : certes, le design ne s’y prêtait pas, mais nous trouvons de manière générale que ce petit bouton est toujours une bonne idée. Tant pis. Comme des photos valent toujours mieux que de trop longs discours, place aux clichés, les photos peuvent mettre un certain temps à charger puisque nous les avons laissées dans leur taille originale.

La première photo est assez intéressante puisque vous pouvez vous rendre compte de la précision globale du capteur quand l’éclairage est bon – ni trop fort, ni trop faible. Regardez plus particulièrement les tuiles qui sont très bien rendues, bien détaillées et qui ont une couleur très proche de la réalité. L’ensemble de la photo est un peu fade cela dit, on retrouve sur la première et la troisième un léger masque blanchâtre qui peut être corrigé facilement a posteriori – mais cela peut aussi venir de la lumière émise par le ciel blanc.

La deuxième photo fait un focus sur les bambous au premier plan : si la focale ne permet pas de « flouter » l’arrière plan, la qualité globale est excellente – regardez les feuilles pour vous en convaincre, le tout petit capteur ayant bien joué son rôle pour éviter au maximum les imprécisions que l’on constate habituellement quand on prend de la végétation. Notez également que les contrastes sont plaisants, les zones d’ombres sont noires et les différences de luminosité ne sont pas trop sèches : nous n’avons pas un plan sous exposé et l’autre surexposé, par exemple.

Le troisième cliché est plus dérangeant : même si le capteur nous prouve encore une fois qu’il sait restituer assez fidèlement les couleurs sans saturation, la mise au point sur un paysage peine à être exemplaire. Même si vous réduisez la photo à 30% de sa taille, vous vous apercevez que le fond est flou et que la ligne de démarcation entre le ciel et la montagne n’est pas claire. Les arbres derrière la maison orange sont aussi affectés, le feuillage n’étant plus que de grosses taches vertes à l’écran. Bravo, nous venons d’atteindre la limite physique d’un capteur aussi petit, très peu habile quand il s’agit de prendre des paysages lointains – mais on l’a cherché.

 

Les trois dernières photos ont été prises pour vous montrer le mode macro qui fait de très belles choses si le sujet s’y prête. Comme vous le voyez sur la première photo, l’objectif, même à quelques centimètres, permet de prendre des photographies très correcte d’un sujet floral. Si vous vous éloignez un peu comme sur la deuxième photo, cela redevient plat, mais la colorimétrie est toujours excellente. La troisième photo est à mon sens la plus réussie et celle qui pourra vous montrer la puissance de ce smartphone en mode appareil : en ayant fait la mise au point à mi-champ, nous avons un premier plan flou, un second mis en valeur et un arrière plan flou. Oui, le Galaxy S III permet de gérer aussi finement la macro : on aime, beaucoup.

La capture vidéo, comme d’habitude, sera en retrait : si l’image commence à être de plus en plus belle sur les smartphones haut de gamme, le tout petit micro empêche de faire des captures de son correctes, les souffles et les sons lourds étant considérablement amplifiés. TechRadar a fait un comparatif photo et vidéo du Galaxy S III et de l’HTC One X : globalement, le premier est bien plus neutre, le HTC ayant une fâcheuse tendance à réchauffer les couleurs.

Alors oui, l’appareil du Galaxy S III a quelques défauts, mais pour un objectif de cette taille, c’est peut-être l’un des meilleurs que nous ayons pu tester jusqu’ici.

2 – Le salut du jeu mobile sans Tegra 3 ?

Quand nous avons testé les précédents smartphones haut de gamme, ce qui revenait, c’était souvent que le smartphone pouvait faire tourner la plupart des titres, Gameloft et Tegra Zone exceptés, ce qui enlevait quand même un bon paquet de jeux à gros budget. Du côté Tegra, le constat sera le même, les jeux optimisés pour le processeur de nVidia restant utilisables uniquement par les appareils équipés chez eux. Du côté Gameloft et contenu tiers en général, en revanche, c’est un petit peu mieux.

Gratuitement, mais en payant quand même.

Le développeur le plus innovant de tous les temps a coutume d’optimiser ses grands titres pour les smartphones Samsung : c’est pour cela que l’on a pu voir lors de la présentation de l’engin une démo du prochain Need For Sp… Asphalt. Cela dit, nous avons essayé quelques jeux déjà sortis et non, ils ne sont toujours pas compatibles. Peut-être plus tard ? On l’espère.

Le Game Hub sera là pour vous conseiller des jeux sociaux – lire, des petits jeux addictifs et niaiseux de type Farmville – et vous diriger vers le portail Samsung Apps dont nous vous parlions plus haut. Les jeux proposés sont souvent des sharewares ou des versions de démonstration de jeux disponibles par ailleurs sur le Play Store. D’autres sont payants et se téléchargent directement depuis le portail, bref, pas de quoi casser 6 pattes à un ornithorynque, mais au moins, les jeux proposés par Samsung fonctionnent sur le téléphone.

Encore une fois, hors Tegra, ce n’est donc pas exceptionnel du côté des grosses productions pour Android. Oh, bien sûr, tous les jeux bouffeurs de temps fonctionneront parfaitement – les versions non Tegra de certains gros titres également – et vous pourrez jouer à Angry Birds ou Game Dev Story et autres excellents Hexage en HD sur votre Galaxy S III, mais avec autant de puissance sous le capot, on aurait apprécié que Samsung fasse les mêmes efforts que nVidia pour tenter les gros développeurs et leur faire sortir une grosse ribambelle de jeux en même temps que le smartphone. Pour sûr, ils se seraient mis les gamers tactiles dans la poche.