Parrot avait dévoilé les minidrones au CES en janvier dernier. Le constructeur français a ensuite commercialisé les Jumping Sumo et Rolling Spider l’été dernier, qui prennent la forme d’un robot sur roues et d’un drone ultra compact. Nous avons pu jouer quelques jours avec ces minidrones, se destinant autant aux adultes qu’aux adolescents. À l’approche de Noël, constituent-ils le cadeau idéal pour les enfants et grands enfants ?

Parrot Minidrones

La société Parrot commence à se faire connaître dans le domaine des drones. Le constructeur français avait commencé avec le Parrot AR.Drone en 2010 puis l’AR.Drone 2.0 l’avait remplacé, pour se familiariser et s’amuser avec ces drones de loisir. Plus récemment, le Bebop Drone (vous pouvez lire notre prise en main) a fait son apparition dans la gamme de la société et qui se destine davantage aux amateurs éclairés, voire aux semi-professionnels. Tous ces drones coûtent entre 300 et 1000 euros, c’est pour cette raison que Parrot a développé les minidrones, vendus entre 100 et 150 euros. Leur cible : les adolescents et grands enfants.

Le Jumping Sumo prend la forme d’un robot équipé de deux roues pour se déplacer ainsi que d’un gyroscope et d’un accéléromètre pour « tenir debout ». Le Rolling Spider, quant à lui, prend la forme d’un petit quadricoptère stabilisé en vol grâce au même couple accéléromètre et gyroscope. Il possède également une caméra verticale pour mesurer sa vitesse, un capteur de pression pour le vol en altitude et un capteur ultrasons pour les vols près du sol. Ces deux minidrones ne sont donc pas de simples jouets puisqu’ils intègrent une partie électronique assez avancée. Les deux minidrones sont basés sur Linux et sont pilotables avec un smartphone ou une tablette sous Android, iOS ou Windows et Windows Phone avec l’application Free Flight 3 de Parrot.

Rolling Spider : le petit drone qui apprend des grands

Parrot Rolling Spider 3

Commençons par le Rolling Spider, mon préféré ! J’ai toujours adoré les drones et même si celui-ci est beaucoup plus compact (15 x 15 cm sans les roues) et plus léger (55 grammes sans les roues) que les autres drones plus « sérieux » du marché, l’électronique à bord n’a rien à envier à ces derniers. Et dans les faits, le pilotage du Rolling Spider est un pur bonheur.

Tout commence avec le décollage. Il suffit d’appuyer sur la touche dédiée sur l’application et le drone se soulève du sol, de quelques dizaines de centimètres. Un autre mode permet de lancer le drone dans les airs, qui se met alors en route tout seul et se stabilise. Le pilote prend ensuite les rênes pour se balader dans la maison ou dans le jardin. Dès qu’on lâche les manettes, le drone se stabilise de lui-même. Il est possible de régler la sensibilité des commandes pour éviter de partir à l’autre bout de la pièce en quelques secondes puisque sa vitesse maximale est de 18 km/h. Le drone se pilote sur 4 axes et il est même possible de réaliser des loopings simplement en appuyant sur un bouton de l’interface.

Pour les pilotes les plus aguerris, il est possible de changer le mode de pilotage. Le mode Expert rassemble les deux axes principaux (altitude et pivot) sur l’écran alors que les deux autres axes (tangage horizontal et vertical) se contrôlent grâce à l’accéléromètre du smartphone : on penche le téléphone vers l’avant pour avancer ou vers la gauche pour tanguer à gauche par exemple. Ce mode à un inconvénient : il est impossible de filmer son drone depuis le smartphone. En effet, avec le mode manette, on peut filmer son drone tout en le dirigeant. Une fonctionnalité un peu gadget.

Parrot Rolling Spider

On peut ajouter des roues au drone, ce qui lui permet de rouler au sol, aux murs et au plafond. Un mode de pilotage très sympa, qui change un peu quand on en a marre de piloter dans les airs. Mais je vous rassure tout de suite, je ne me suis pas lassé même au bout d’une semaine passée avec le drone ! Ces roues protègent les hélices et évitent aussi de tout casser dans la maison lors d’un contact entre le drone et les objets. En effet, les hélices tournent à une vitesse très élevée, capable de déchiqueter du papier. Testé et approuvé sur une guirlande de Noël ! D’ailleurs, un coupe-circuit désactivable permet de couper les moteurs en cas d’impact. Le drone à l’air plutôt solide puisqu’il a essuyé de nombreuses chutes et gamelles et s’en est tiré indemne. En cas de casse, Parrot vend toutes les pièces détachées, de l’hélice à la carte mère en passant par la coque de protection. Pour finir, sachez que les roues ajoutent 10 grammes à l’ensemble, réduisant alors la durée de vie de la batterie : on passe de 8 minutes (oui, c’est court) à 6 minutes (c’est trop court).

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La caméra (0,3 mégapixel) présente sous le drone permet à ce dernier de connaître sa vitesse, mais également de prendre des photos d’une définition de 640 x 480 pixels. La qualité est loin d’être bonne, mais correcte pour conserver des souvenirs. Pour récupérer les clichés, deux méthodes : par Bluetooth (ce qui peut être long selon le nombre de fichiers à récupérer) ou en USB depuis un ordinateur. D’ailleurs, le pilotage se fait par Bluetooth Low Energy, ce qui autorise une portée de 20 mètres sans obstacle.

Parrot Rolling Spider 4

Malheureusement, quelques défauts sont à signaler, qui dégradent un peu l’expérience utilisateur. Tout d’abord, l’application Free Flight 3 n’est pas parfaite. L’ergonomie est discutable,  surtout lors des connexions avec le drone. En théorie, il suffit d’activer le Bluetooth sur le téléphone, d’allumer le drone et de lancer l’application. Mais on se retrouve souvent à devoir fermer l’application, la rouvrir ou encore éteindre et rallumer le drone pour réussir l’appairage. Plutôt frustrant. De plus, les mises à jour ne sont pas très pratiques puisqu’il faut soit les faire en Bluetooth (très long, quelques heures), soit en reliant le Rolling Spider à un ordinateur en USB pour mettre le fichier sur le drone. Il aurait été plus simple et rapide de relier le drone au smartphone en USB. Enfin, il est vraiment dommage de se contenter d’une connexion Bluetooth et de l’absence de transmission vidéo vers le smartphone, mais on imagine que l’autonomie en aurait pris un coup.

 

Jumping Sumo : le R2D2 de Parrot

Parrot Jumping Sumo

Le Jumping Sumo est l’autre minidrone de Parrot. Il ne vole pas, mais presque : il saute, haut, très haut pour sa taille (jusqu’à 80 cm). Quand il ne saute pas, il roule, que ce soit en intérieur, mais aussi à l’extérieur (jusqu’à 7 km/h). C’est un genre de voiture télécommandée un peu plus évoluée. Le pilotage est simple, il suffit de 5 petites minutes pour s’en accommoder. Une jauge tactile permet d’avancer et de reculer alors que l’accéléromètre du smartphone sert à faire tourner le mini véhicule. Il est aussi possible de faire des virages à 90 voire 180° avec une seule touche. On peut aussi réaliser des sauts en hauteur ou en longueur. Le Jumping Sumo est solide et il est possible de lui concocter un parcours du combattant sans avoir peur de le casser. Dans le cas où le robot serait à l’envers, son gyroscope lui permet de se remettre d’aplomb.

Le principal ajout par rapport au Rolling Spider, c’est le flux vidéo qui est retransmis en direct sur le smartphone ou la tablette. Il est ainsi possible de piloter le Jumping Sumo à distance, sans contact visuel. C’est pour cette raison que la connexion entre les deux appareils se fait en Wi-Fi 802.11n. L’utilisateur a le choix de la bande (2,4 ou 5 GHz) ainsi que du canal et de la puissance du signal selon le pays. La bande 5 GHz qui est moins encombrée nous a donné plus de satisfaction puisque le flux vidéo était plus fluide et la portée plus longue, contrairement à ce que nous pensions pour la portée. La fonctionnalité de streaming est permise grâce à l’intégration du Wi-Fi, plus gourmand, mais le drone en lui-même consomme moins d’énergie que le Rolling Spider. Au final, son autonomie est largement supérieure avec 20 minutes d’utilisation, bien qu’il utilise la même batterie que le Rolling Spider.

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On peut donc être assis confortablement sur son canapé, et se balader dans la maison (ou dans le jardin) tant que le signal du Wi-Fi suit. Nous avons réussi à faire le tour de nos locaux (petite vidéo en prime) et de nous éloigner d’environ 10 mètres, sans mur. Nous n’avons pas testé en extérieur, mais Parrot annonce 50 mètres sans obstacle. Les sauts permettent d’atteindre des tables ou encore de lancer des paris comme celui qu’Ulrich a relevé : réussir à faire entrer le drone dans une corbeille. Pari réussi, mais pas du premier coup ! Pour épater la galerie, le Jumping Sumo possède des animations : il peut faire la toupie, danser, ou encore zigzaguer. C’est bien, mais moins impressionnant que le looping du Rolling Spider. Un mode (kicker) permet aussi de repousser les objets grâce au ressort qui permet en temps normal de réaliser des sauts.

Parrot Jumping Sumo Test 2

Il est bien sûr possible d’enregistrer le flux vidéo (640 x 480 pixels à 30 ips) ou encore de prendre des photos à la même définition. Celles-ci sont de moins bonne qualité que sur le Rolling Spider. Malheureusement, le Jumping Sumo ne peut pas stocker de médias sur sa mémoire interne et il faut donc relier une clé USB sur le robot ! Il faut donc passer par une clé micro USB ou une clé USB avec un adaptateur. C’est la solution que nous avons choisie en l’absence de clef micro USB et le résultat visuel est pour le moins disgracieux et tient du bricolage. Mais ça fonctionne, et c’est le principal. En parlant de connexion, la mise à jour du Jumping Parrot est plus simple que son cousin le quadricoptère : il est possible de passer par le Wi-Fi (rapide, quelques minutes) ou de mettre le firmware sur une clé USB et de la relier au robot.

La connexion est sûrement le principal point noir du Jumping Sumo. Nous avons passé de longues minutes à tenter de connecter, en vain, le smartphone avec l’appareil. En effet, à chaque déconnexion, nous étions obligés de redémarrer le smartphone. Finalement, nous avons trouvé une solution plus rapide et pratique : en cas de déconnexion (signal faible, plus de batterie, etc.), il suffit de retirer le drone de la liste des réseaux Wi-Fi connus puis de s’y reconnecter. Parrot a donc encore du travail à réaliser sur la partie logicielle, un peu trop perfectible, surtout sur le Jumping Parrot.

Parrot Jumping Sumo Test

 

De parfaits cadeaux de Noël

Nous voilà arrivés à la fin de notre test du Rolling Spider et du Jumping Sumo. Vous l’avez peut-être ressenti à la lecture du test, j’ai été totalement conquis par le quadricoptère. Le véhicule robotisé (si vous me permettez cette appellation) est fun, il n’y a rien à dire là-dessus, mais je me suis moins amusé qu’avec le drone, tout de suite plus impressionnant puisqu’il défie davantage les lois de la physique. Les deux minidrones feront à coup sûr un tabac dans n’importe quelle assemblée. Vous les mettez en marche et toute personne présente à moins de 10 mètres à la ronde veut essayer l’engin, qu’il roule ou qu’il vole. Et ça marche aussi bien avec les enfants qu’avec les adultes. C’est donc un cadeau idéal, qui ravira toute la famille. Ils sont solides, bien plus que les hélicoptères ou les voitures qu’on peut trouver sur Internet et qui viennent d’Asie. En cas de pépin, les pièces détachées seront disponibles pour les réparations.

Parrot Minidrones 2

Finalement, les deux seuls éléments qui viennent plomber la fête sont leur prix et leur autonomie. Et il faudra faire un compromis puisque le Rolling Spider (entre 6 et 8 minutes d’autonomie) est vendu 99 euros, un prix tout à fait correct selon moi. En revanche, le Jumping Sumo (20 minutes d’autonomie) est vendu 159 euros, légèrement trop cher à mon sens. Pour les plus gourmands en énergie, il est possible d’acheter des batteries de rechange (compatibles avec les deux appareils) pour 14 euros. Temps de recharge : environ 1 heure, selon le chargeur utilisé, mais Parrot recommande de ne pas dépasser 1A.