Les négociations ne sont pas nouvelles et ont été officialisées au cours de l’été 2013. Les tractations entre les opérateurs SFR et Bouygues Telecom viennent d’aboutir, avec au menu le partage d’une partie de leurs réseaux mobiles.

Bouygues Telecom SFR

La rumeur d’un accord entre les numéros 2 et 3 des télécoms hexagonaux signée ce jour lors du conseil d’administration de Bouygues Telecom, ce 31 janvier, courait depuis quelques jours. Les oracles ne s’étaient pas fourvoyés, puisque Bouygues Telecom officialise l’accord de mutualisation d’une partie des deux réseaux BT et SFR.

Comment l’accord fonctionnera-t-il ? Demandons-nous en premier où, puisque les zones de population denses, c’est-à-dire les 43 % de la population situés dans les 32 plus grosses agglomérations françaises dépassant les 200 000 habitants, sont exclues par le contrat. Il est ainsi en accord avec les recommandations de l’ARCEP qui souhaite voir les zones denses bénéficier d’une concurrence dite saine. Pour l’aspect du comment, il s’agit, dès la signature de l’accord, de créer une société commune entre SFR et Bouygues, laquelle « gèrera le patrimoine des sites radio mis en commun« , et de s’appuyer sur un service de « RAN-Sharing » rendu mutuellement en matière de 2G, 3G et 4G. Si Bouygues Telecom y gagne dans les deux premiers domaines, SFR profitera par cette mutualisation d’un accroissement rapide de sa couverture 4G, encore à la traîne (moins de 1500 antennes).

Les deux opérateurs, qui mettront à profit leur accord dès ce mois de février pour une finalisation de leur réseau avant la fin 2017, promettent de conserver une indépendance tarifaire totale et de continuer à proposer des services différenciants. Chacun devrait y trouver son compte, dans un contexte où l’on parle de rachats, et notamment de l’opérateur SFR (le nom de Numericable a déjà été évoqué). Avec une mutualisation des réseaux, chacun pourra réaliser des économies substantielles tout en conservant son cœur de réseau, et accroître sa valeur sur la place publique en cas de session. C’est aussi pour mieux rivaliser avec le quatrième acteur de la téléphonie mobile française, Free Mobile, souvent accusé du manque à gagner essuyé par les deux opérateurs.