Introduction

Le Nokia 8 est le premier flagship de la marque depuis son retour sur Android. On attendait forcément beaucoup de choses de cet appareil censé redorer le blason de l’écurie finlandaise. Mission réussie ?

Le retour en grande pompe de Nokia a fait du bruit dans le monde des smartphones. Et après avoir sorti trois mobiles d’entrée et de milieu de gamme, il était temps pour la marque de proposer un vrai flagship. Une étape importante pour s’assurer une place pérenne dans ce milieu ultra-concurrentiel.

Nous avons pu tester ledit flagship, mieux connu sous le nom de Nokia 8. Voici ce que l’on en a pensé.

Fiche technique

Modèle Nokia 8
Version de l'OS Android 7.1 Nougat
Interface Android Stock
Taille d'écran 5,3 pouces
Définition 2560 x 1440 pixels
Densité de pixels 554 ppp
SoC Snapdraon 835 à 2,45GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 540
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go
MicroSD Oui
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 800 MHz, 1800 MHz, 2600 MHz, 700 MHz
SIM nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3090 mAh
Dimensions 151,5 x 73,7 x 7,9 mm
Poids 160 grammes
Couleurs Bleu, Argent, Or
Prix 421 euros
Fiche produit

Ce téléphone nous a été prêté par HMD et il s’agit d’un modèle de pré-production.

Test vidéo

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Un design pratique et soigné

Sur le plan du design, le Nokia 8 n’a absolument rien de révolutionnaire. À l’instar du Nokia 5 et du Nokia 6, on sent que HMD a misé beaucoup plus sur un appareil fonctionnel et pratique que sur l’esthétique de celui-ci. Ne me faites cependant pas dire ce que je n’ai point dit. L’appareil reste plutôt joli et le travail apporté aux bordures est soigné. Quand on l’a en main, le Nokia 8 est juste assez glissant pour être agréable à utiliser et pas suffisamment pour qu’on le fasse tomber bêtement.

La face avant est quelconque puisque le terminal reprend les codes esthétiques que l’on observe sur l’immense majorité des produits sur le marché. Les touches de navigation capacitives et le lecteur d’empreintes se sont logés sous l’écran. En raison de sa surface entièrement noire, on ne distingue pas la délimitation entre l’écran et les contours quand le Nokia 8 est en veille. Même le capteur d’empreintes — qui fonctionne très bien — mentionné juste en haut est très discret.

À l’arrière, on a droit à un revêtement en métal. La texture est de très bonne qualité et on sent une bonne maîtrise sur ce plan-là. D’autant plus que la coque ne se salit pas. Même quand on le manipule avec des doigts un peu gras, le dos reste presque intact. Le double module photo à l’arrière est imposant. Intégré dans le sens vertical, il est assez long. Mais par sa faible proéminence et son esthétique assez agréable à regarder, il ne perturbe pas le design.

Personnellement, ce que je retiens du design du Nokia 8 c’est qu’il ne suscitera jamais la surprise, la curiosité ou la jalousie de votre entourage. Mais après tout, qu’est-ce que l’on en à faire ? Le plus important, c’est le confort de la prise en main et le toucher bien délicat de la texture de l’appareil. Et en cela, ce téléphone remplit toute sa part du contrat. HMD ne veut pas fournir un objet d’apparat, mais un outil ergonomique. Et quand c’est bien fait, on ne peut que le saluer.

On finira sur des détails tout aussi classiques : la prise jack est sur la tranche supérieure, à l’opposé du port USB Type-C et du haut-parleur. Les boutons de déverrouillage et du volume sont à droite.

 

Un écran un peu froid, mais de qualité

Dès la première utilisation, on sent que l’écran du Nokia 8 est froid, tirant trop vers le bleu. Notre sonde colorimétrique révèle d’ailleurs une température des couleurs bien givrée tournant autour de 8 800 K. En dehors de cela, l’affichage QHD bénéficiant d’une diagonale de 5,3 pouces est vraiment de belle qualité.

On apprécie tout particulièrement le contraste très bien marqué de 1 628:1 qui permet de bien faire ressortir les tons (même s’ils sont froids). Par ailleurs, avec une luminosité maximale qui monte jusqu’à 687 cd/m², vous n’aurez rien à craindre en plein soleil, car vous serez toujours en mesure de distinguer parfaitement ce qui est affiché.

Par ailleurs, et c’est toujours un vrai plus, les angles de vision de l’écran sont très corrects.

 

Quelques petits bugs logiciels

Le Nokia 8 reste dans la même veine que les autres smartphones de la marque sous Android. À savoir, il ne s’embarrasse pas d’une interface constructeur maison et opte pour une expérience Android pure. À ce propos, il tourne sous la version 7.1.1 Nougat du système d’exploitation et — au moment d’écrire ce test — profite du patch de sécurité d’août.

L’interface est très simple à prendre en main, tout autant que sur les Nokia 5 et 6 que nous avons testés précédemment. Comme d’habitude avec Android Stock, il n’y a pas vraiment de fonctionnalité particulière qui se démarque, mais l’ensemble fonctionne très bien… la plupart du temps. L’application de l’appareil photo a, à deux reprises, planté sans raison pendant notre test. Je n’ai pourtant rien fait d’exceptionnel, me contentant d’utiliser les fonctionnalités proposées par l’appareil photo. Il m’a fallu alors fermer l’application et la relancer. Nous avons demandé à HMD si cela été dû au fait que nous avions entre les mains un modèle de pré-production pas totalement finalisé. Nous attendons la réponse du constructeur.

 

Hormis ce petit pépin, on note d’autres légers bugs. J’ai par exemple dû m’y reprendre parfois à trois reprises pour faire descendre le panneau de notifications quand une application était ouverte. Ce n’est jamais bien méchant, mais ça m’a un peu agacé par moment. On note par ailleurs la présence d’un écran Always On Display, même si l’écran est IPS LCD. C’est pratique pour toujours afficher l’heure et les notifications, mais cela consomme très certainement plus de batterie que sur une dalle AMOLED ou les pixels noirs sont éteints.

 

Photo : petite déception

Avoir un double capteur photo, c’est plutôt chouette… quand il est bien exploité. Le Huawei P10 Plus, le LG G6, l’iPhone 7 Plus et (a priori) le Samsung Galaxy Note 8 savent mettre à profit ce genre d’intégration. Ici, avec le Nokia 8, on aurait préféré que le smartphone se contente d’un seul et unique capteur mieux maîtrisé.

Le double appareil photo du Nokia 8 a une définition de 13 mégapixels, avec un objectif en RVB et l’autre en monochrome. Il est par ailleurs certifié par le spécialiste de la photo Carl Zeiss. On aurait donc pu s’attendre à de la bonne qualité, mais finalement, le Nokia 8 déçoit sur ce plan-là.

Commençons tout de même par le petit point positif : dans la plupart des cas, les couleurs sont assez bien retranscrites. L’ambiance automnale se ressent bien dans les clichés. Ce n’est pas non plus parfait et on peut reprocher aux photos un léger manque de contraste. Autrement dit, les scènes prises en photo ne sont parfois pas assez pêchues.

 

Mais surtout, c’est le niveau de détails trop insuffisants qui dérange. Rappelons que le Nokia 8 est un smartphone qui se positionne sur un secteur relativement haut de gamme, faisant notamment face au OnePlus 5. On aurait donc pu attendre une meilleure qualité. Précisons que le Nokia 8 fait bien mieux que le 5 et le 6, mais c’était la moindre des choses. Le terminal se contente un peu du minimum et, sans être immondes, ses photos sont un peu fades.

Quand on est dans l’application photo, on peut switcher entre 3 modes différents : Couleurs, Double et Mono. Pour les deux premiers, on peut bel et bien percevoir une différence quand on passe de l’un à l’autre, mais celle-ci est très subtile. Ci-dessous, la photo de gauche a été prise avec l’option Double et est très légèrement moins saturée que celle de droite, prise avec le mode Couleur (qui n’exploite qu’un seul capteur). Mais d’aucuns ne verront pas la différence.

Notez tout de même que j’ai pu prendre des photos en mode Double tout en cachant le capteur monochrome et cela n’a pas perturbé la prise de vue. C’est à se demander si les deux capteurs sont vraiment exploités.

Le mode Mono, quant à lui, permet de faire des photos en noir et blanc plus ou moins satisfaisantes, mais les nuances de gris pourraient être beaucoup plus marquées.

En outre, l’effet bokeh permet de jolis résultats, mais il n’est pas très évident à utiliser, car il a parfois du mal à délimiter correctement les contours du sujet pour obtenir un bon effet net flou.

L’effet bokeh est relativement réussi ici sur la fleur.

Dans un environnement à faible luminosité, on retiendra globalement les mêmes critiques en ajoutant, par ailleurs, que dans ces conditions compliquées, il est très difficile d’obtenir une jolie photo. Dans l’ambiance tamisée d’une soirée au bar, les visages de mes compères se sont transformés en flou artistique. Pour éviter cela, il ne faut vraiment pas bouger du tout et demander aux personnes dans le cadre d’en faire de même.

Un très léger mouvement… et la photo est ruinée.

Enfin, n’oublions pas les « Bothies » qui permettent de prendre des photos ou des vidéos en utilisant les capteurs arrière et avant en même temps. Cela peut être pratique pour diffuser certains contenus en direct sur les réseaux sociaux (en appuyant simplement sur un bouton dédié)… ou pour faire l’idiot avec un collègue. C’est totalement gadget, mais fun.

Performances au top

Avec un Snapdragon 835 couplé à 4 Go de RAM, le Nokia 8 ne connait pas de ralentissements sur les jeux les plus gourmands, mais les temps de chargement sont parfois un peu longs. Rien de bien méchant ceci dit et une fois plongé dans l’univers du jeu, on apprécie ce dernier à son plein potentiel.

Le Nokia 8 fait partie des meilleurs smartphones du marché en termes de performances, sans non plus se distinguer particulièrement des autres appareils équipés de la même puce. Il n’écrase donc pas la concurrence, mais n’a pas à rougir devant elle non plus, comme en témoigne le tableau ci-dessous.

 Nokia 8OnePlus 5Sony Xperia XZ PremiumHTC U11
AnTuTu173 955 points179 243 points150 158 points174 203 points
PCMark9 979 points7 852 points7 454 points8 257 points
PCMark 2.07 683 points6 622 points6 523 points6 801 points
3DMark Ice Storm Unlimited42 358 points40 009 points38 778 points39 322 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Graphics)56 732 points56 682 points55 493 points55 232 points
3DMark Ice Storm Unlimited (Physics)22 450 points19 713 points18 877 points19 581 points
3DMark Slingshot Extreme3 505 points3 066 points2 865 points3 402 points
3D Mark SSE (Graphics)3 692 points3 717 points3 697 points3 887 points
3D Mark SSE (Physics)2 998 points2 748 points1 602 points2 367 points
GFX Bench Car Chase (onscreen / offscreen)12 / 22 FPS24 / 24 FPS25 / 23 FPS13 / 24
GFXBench Manhattan (onscreen / offscreen)32 / 55 FPS55 / 60 FPS47 / 49 FPS28 /48
GFXBench T-Rex (onscreen / offscreen)55 / 104 FPS60 / 112 FPS60 / 109 FPS51 / 90
Real Racing 3 (GameBench)60 FPS (100 % stabilité)60 FPS (100 % stabilité)
Hitman Sniper (GameBench)47 FPS ( 84 % stabilité)50 FPS (98 % stabilité)
Lecture / écriture séquentielle661 / 201 Mo/s732 / 219 Mo/s698 / 196 Mo/s728 / 203 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire39,4k / 4,2k IOPS37k / 6k IOPS18k / 4k IOPS24,1k / 20,4k IOPS

Il y a tout de même un détail qui fâche un peu : le téléphone chauffe assez rapidement.

Une belle autonomie

Dans la partie « Design » de ce test, on a mentionné le côté pratique du Nokia 8. Celui-ci s’en trouverait fortement impacté si le terminal n’était pas capable d’assurer une bonne autonomie. Fort heureusement, les observations sont plutôt positives de ce côté-là.

Personnellement, j’ai bien apprécié le fait que la batterie de 3 090 mAh ne fondait pas comme neige au soleil. En l’utilisant de manière assez poussée (jeux, web et visionnage de vidéos), mais pas intensive non plus, j’ai pu tenir près d’une journée et demie sans avoir à recharger le Nokia 8.

Nous avons également soumis le téléphone à un exercice d’endurance. Nous avons utilisé notre protocole de test Smart Viser qui simule une utilisation intensive de l’appareil. Le Nokia 8 a mis 23 heures et 36 minutes pour passer de 100 à 10 % de batterie. C’est un résultat qui se situe clairement dans le haut du panier. Le smartphone n’est pas le champion de ce domaine, mais il n’a pas à rougir de son autonomie et fait clairement partie des bons élèves en la matière.

Réseau et communication

Je n’ai eu aucune difficulté à capter le réseau d’Orange avec ce téléphone. Partout, en ville, j’ai pu profiter d’Internet sur mon téléphone. Idem pour le GPS. Néanmoins, en ce qui concerne la qualité des appels, mes interlocuteurs ne m’entendaient pas bien quand j’étais à l’extérieur, ma voix étant partiellement masquée par le brouhaha — j’ai passé le même appel depuis le même endroit avec un Huawei P9, sans observer ce désagrément. Peut-être cela est-il également dû au fait que notre Nokia 8 est un modèle de pré-production.

 

Prix et disponibilité

Le Nokia est disponible depuis le début du mois de septembre au prix de 599 euros.

 

Galerie photo

Quelles alternatives ?

Entre 500 et 600 euros, il existe de nombreuses alternatives à prendre en compte. Notre sélection : Honor 8 Pro, OnePlus 5 et LG G6.

Notre avis

Test Nokia 8 Le verdict

design
8
Il n'est, certes, pas innovant, mais le design du Nokia 8 est bien maîtrisé et équilibré. Dans la main, il est très agréable à manipuler grâce à des bordures et une texture de qualité. En plus, l'appareil ne se salit vraiment pas facilement. Plein de bons points, malgré l'absence totale de surprise.
écran
9
L'écran est très froid, c'est vrai. Même beaucoup trop froid. Mais ce défaut est vraiment bien comblé par toutes ses autres qualités. L'affichage QHD de 5,3 pouces bénéficie d'une haute luminosité maximale, d'un contraste élevé et de bons angles de visions. Le manque de rouge à l'écran se fait ressentir, mais on arrive à s'y faire.
logiciel
7
L'expérience pure sous Android 7.1.1 Nougat et avec les derniers patchs de sécurité ne semble pas protéger le téléphone contre d'éventuels bugs. Ces derniers ont malheureusement émaillé notre expérience du Nokia 8. Jamais rien de bien méchant, mais juste e qu'il faut pour agacer. Cela est sans doute dû au fait que le smartphone testé était un modèle de pré-production.
caméra
6
La note est un peu sévère, mais elle reflète un sentiment de déception. Le Nokia 8 aurait pu proposer un capteur bien plus agréable à utiliser et bien plus efficace. Ce n'est jamais médiocre, mais ce n'est jamais excellent non plus. Le double capteur de 13 mégapixels semble se contenter du service minimum, or pour un smartphone de cette trempe, nos exigences sont plus élevées.
performances
9
Un Snapdragon 835 au top associé à 4 Go de RAM. Recette classique, mais diablement efficace. Que demander de plus ? Ah oui, une petite chose : un téléphone qui chauffe moins.
autonomie
9
La batterie de 3 090 mAh fait très bien sa part du travail en assurant une excellente autonomie au téléphone. Le Nokia 8 n'est pas l'appareil le plus endurant, mais il fait partie des meilleurs challengers dans ce domaine.
Note finale du test 7/10
Le Nokia 8 est un bon téléphone. Il a un design soigné et un bel écran. En plus de cela, il profite de performances de haute voltige et d'une autonomie très satisfaisante. Grâce à tous ces éléments, le flagship de HMD renvoie une image globalement positive. Et c'est ce que l'on retient essentiellement à la fin de ce test.

Et la frustration est d'autant plus grande face à la qualité beaucoup trop moyenne du double capteur photo qui promettait pourtant de belles choses au moment de l'annonce du téléphone. Le Nokia 8 souffre douloureusement de la comparaison avec les autres smartphones haut de gamme dotés d'un double capteur photo. En plus de cela, quelques bugs logiciels mineurs achèvent de nous agacer (mais on peut mettre ceux-là sur le compte du modèle de pré-production que nous avons testé).

Le Nokia 8 est vendu au prix conseillé de 599 euros et il semblerait plus judicieux d'attendre un peu avant que ce tarif baisse un peu avant de se procurer cet appareil.
  • Points positifs
    • Un design agréable en main
    • Un écran de qualité
    • De bonnes performances
    • Un smartphone autonome
  • Points négatifs
    • Quelques bugs
    • Un appareil photo en-deçà des attentes
    • Tendance à chauffer