Introduction

Le Nokia 8.1 est le successeur du Nokia 7 Plus, l’un des meilleurs smartphones milieu de gamme de 2018. Avec son nouveau smartphone, HMD Global est-il toujours le champion du rapport qualité/prix ? Voyons ça avec notre test.

Avec le Nokia 8.1, le fabricant HMD Global change de stratégie concernant le nom de ses smartphones. Si auparavant le chiffre 8 désignait ses produits haut de gamme, comme les Nokia 8 et Nokia 9 Sirocco, ce n’est désormais plus le cas. Le Nokia 8.1 est donc un successeur du Nokia 7 Plus, et la marque laisse ainsi la place au Nokia 9 Pureview pour être son fleuron.

Fiche technique

Modèle Nokia 8.1
Version de l'OS Android 9.0
Interface Android Stock
Taille d'écran 6,18 pouces
Définition 2280 x 1080 pixels
Densité de pixels 408 ppp
SoC Snapdragon 710 à 2,2GHz
Processeur (CPU) ARMv8
Puce Graphique (GPU) Adreno 616
Mémoire vive (RAM) 4 Go
Mémoire interne (flash) 64 Go, 128 Go
MicroSD Oui
Appareil photo (dorsal) Capteur 1:12 Mégapixels, Capteur 2: 13 Mégapixels
Appareil photo (frontal) 20 Mégapixels
Enregistrement vidéo 4K
Wi-Fi Oui
Bluetooth 5.0 + A2DP + LE
Réseaux LTE, HSPA, GSM
Bandes supportées 2100 MHz (B1), 800 MHz (B20), 1800 MHz (B3), 2600 MHz (B7), 700 MHz (B28)
SIM 2x nano SIM
NFC Oui
Ports (entrées/sorties) USB Type-C
Géolocalisation Oui
Batterie 3500 mAh
Dimensions 154,8 x 75,8 x 8 mm
Poids 178 grammes
Couleurs Bleu, Argent
Prix 380€
Fiche produit

Ce test a été réalisé à partir d’un smartphone prêté par la marque.

Un bijou de finition

Le Nokia 8.1 reprend le design introduit par la marque avec le Nokia 7.1 quelque mois plus tôt. On retrouve donc à l’avant un écran bord à bord, avec une encoche et un menton assez marqués. À l’arrière, le téléphone propose un très classique dos en verre avec un double appareil photo ressortant légèrement, placé au-dessus du lecteur d’empreinte. On peut également voir le logo Nokia au milieu du dos, au-dessus de la mention Android One. Les deux faces sont reliées par un cadre en métal, avec un port USB Type-C en dessous, un port jack au-dessus, et les boutons de réglage du volume et d’allumage sur la tranche droite.

En main, le téléphone fait un peu massif, alors qu’il est plus petit et un peu plus léger que mon Pixel 3 XL surmonté d’une coque. Cette sensation vient probablement de la surface en verre et des angles arrondis du châssis qui rendent le tout un peu trop glissant à mon goût. Résultat, je fais plus attention, et utilise donc plus de force pour tenir mon téléphone. Pour autant, cela reste très subjectif, et aucun de mes collègues n’a été gêné par la prise en main du smartphone lors d’une petite session d’essai.

Le Nokia 8.1 reste malgré tout assez agréable à utiliser : le lecteur d’empreinte tombe bien sous l’index, les boutons sont bien placés et avec suffisamment de résistance pour être agréable. Le smartphone est en tous cas un bijou de finitions.

Écran très lumineux et bien contrasté

L’écran à encoche du Nokia 8.1 propose une dalle 6,18 pouces Full HD+ HDR10. L’encoche est plutôt proéminente, mais est très bien masquée par la barre de notification du téléphone. L’écran se montre lumineux et agréable à utiliser, mais c’est assez simple pour un écran IPS en 2019, surtout lors d’un test en hiver.

Voyons ce que l’écran donne, une fois placé sous notre sonde colorimétrique. D’après nos résultats, l’écran affiche une excellente luminosité maximale de 600 cd/m² et un tout aussi bon contraste de 1400:1. C’est grâce à ce bon taux de contraste que l’encoche se fond aussi bien avec la barre d’état noire. L’écran tire un peu vers le bleu, comme souvent sur smartphone, mais pas plus que de raison. La température moyenne des couleurs de 7800K confirme cette tendance. Le spectre sRGB est ici totalement dépassé par l’écran.

Le smartphone ne permet pas de régler totalement les couleurs affichées à l’écran, mais propose plusieurs modes d’affichage dans les paramètres. Avec le mode cinéma, l’écran affiche des couleurs plus proches de la réalité, mais cela se fait au détriment de la luminosité maximum qui passe à 212 cd/m² avec un contraste de 1280:1.

Android Pie avec Android One aux commandes

Nokia et HMD Global continuent de proposer des smartphones dits Android One. Ici le smartphone tourne sous Android 9,0 Pie, avec le patch de sécurité de décembre 2018. Sur notre exemplaire de test, le téléphone gérait uniquement Widevine L3, ce qui peut poser problème avec la lecture de vidéo HD.

Les applications de Google sont toutes installées par défaut, et on peut en particulier noter que Google Files et Google Pay sont de la partie. Côté Nokia, on retrouve une application pour le SAV, et quelques réglages supplémentaires (« Gestes »).

L’interface va à l’essentiel, et pourrait donc en gêner certains par son manque d’options et de fonctionnalités. Impossible par exemple de ne pas masquer l’encoche, pour afficher une barre d’état complète et donc davantage de notifications. Pour d’autres utilisateurs, une interface qui sait se faire oublier est au contraire une bonne chose.

Performant jusque dans une certaine limite

Le Nokia 8.1 est équipé d’une puce Snapdragon 710 de Qualcomm. Ce SoC est le premier à se placer entre les gammes 600 et 800 de Qualcomm. On l’avait déjà testé avec le Oppo RX17 Pro. Il est épaulé par 4 Go de RAM LPPDDR4x et 64 Go de stockage eMMC 5.1.

Cette puce gravée en 10 nm est composée d’un processeur avec 2 cœurs Kryo 360 Gold (2,2 GHz) et 6 cœurs Kryo 360 Silver (1,7 GHz), une puce graphique Adreno 616 et un modem X15 LTE. Cela permet au Nokia 8.1 d’être compatible avec les dernières normes de Wi-Fi (Wi-Fi 5, 802.11ac) et le Bluetooth 5.0.

À l’usage, cela donne un smartphone très réactif dans les tâches courantes : navigation sur le web, lecture de vidéo, etc. On en attendait pas moins d’un smartphone Android One. Voyons maintenant comment le téléphone s’en sort avec nos tests de performance, et en jeu.

 Nokia 8.1Oppo RX17 ProOnePlus 6Nokia 7 Plus
SoCSnapdragon 710Snapdragon 710Snapdragon 845Snapdragon 660
AnTuTu 7.x170 113168 463267 316140 565
PCMark 2.07 0568 5808 2336 132
3DMark Slingshot Extreme1 8281 8474 6681 330
3DMark Slingshot Extreme Graphics1 6991 7135 2041 159
3DMark Slingshot Extreme Physics2 4912 5463 4302 754
GFXBench Car Chase (onscreen / offscreen)12 / 13 FPS11 / 13 FPS32 / 35 FPS8,6 / 9 FPS
GFXBench Manhattan 3.0 (onscreen / offscreen)31 / 33 FPS28 / 32 FPS59 / 71 FPS21 / 23 FPS
Lecture / écriture séquentielle287 / 201 Mo/s506 / 195 Mo/s718 / 154 Mo/s277 / 212 Mo/s
Lecture / écriture aléatoire17,5k / 1,83k IOPS28,7k / 6,61k IOPS35,9k / 5,6k IOPS14,4K / 4,6K IOPS

Comme on peut le voir, comparé à un Snapdragon 845, le Snapdragon 710 du Nokia 8.1 s’en sort bien pour les taches qui demandent surtout de la puissance processeur, comme PCMark 2.0, mais beaucoup moins avec les tâches qui demandent de la puissance graphique comme 3DMark.

Bon point, le smartphone est compatible avec Fortnite. Par défaut le jeu règle les paramètres graphiques sur moyen et 30 images par seconde, conscient des limites de l’appareil. Avec ces paramètres, le jeu parvient à rester stable à ce qui semble être 30 images par seconde, mais on note quelques hoquets de temps à autre.

Sur Arena of Valor, le jeu est configuré avec les détails élevés par défaut, mais sans l’affichage HD. Le mode IPSE est bien présent, et permet, une fois activé, d’atteindre les 60 images par seconde. C’est avec plaisir que j’ai pu devenir le MVP de ma partie à mon faible niveau, et promis ce n’était pas en affrontant les IA.

Appareil photo

Le Nokia 8.1 intègre deux caméras au dos, une première avec un capteur de 12 mégapixels 1/2,55 pouces et des photosites de 1,4 µm, et la seconde avec un capteur de 13 mégapixels. Tout d’abord, commençons par signaler, comme nous l’avions fait pour le test du Nokia 7.1, que l’application Appareil photo installée par défaut est très complète.

Cela en devient même un peu anxiogène, tant — même avec le mode automatique — l’application propose de nombreuses options : flash, chronomètre, mode beauté, stickers, mouvement et Google Lens. D’autre part, en plus du mode automatique, on compte également : un mode Pro hérité des Lumia, un mode Bokeh en direct, et les habituels modes panorama, carré, ralenti, accéléré et vidéo.

Attention au mode HDR capricieux

Parenthèse sur l’application faite, revenons-en aux clichés capturés par le Nokia 8.1. Commençons par une déconvenue, le mode HDR activé par défaut connait un peu trop de ratés pour être recommandé. Il arrive régulièrement que des éléments sur les photos apparaissent en double (comme la voiture sur la photo prise depuis un balcon, ou un visage pour celle prise dans la rue). Autre problème, l’algorithme ne parvient pas à corriger le ciel brûlé sur la photo des fenêtres prise en extérieure.

Si l’on exclut le mode HDR, l’appareil photo du Nokia 8.1 s’en sort plutôt bien en pleine journée. On retrouve un beau piqué (sur l’affiche ou la porte Saint-Martin par exemple), et une bonne gestion des couleurs au niveau des fruits. Dommage que la dynamique ne soit pas parfaitement gérée, ce que l’on attend pour un smartphone à ce tarif.

Une fois le soleil couché, et dans des conditions plus difficiles, on retrouve nécessairement un peu plus de bruit numérique, mais que le Nokia 8.1 parvient bien à contrôler. Le smartphone s’en sort même plutôt bien sur les détails (le marquage bus, ou la porte Saint-Martin), mais la gestion des lumières est une nouvelle fois un peu décevante. Les éclairages et les néons deviennent facilement brûlés, au point de les rendre illisibles.

Des selfies qui ne justifient pas l’encoche

L’encoche pourtant assez large du Nokia 8.1 abrite une seule caméra de 20 mégapixels. Les smartphones qui intègrent ce genre d’encoche proposent généralement soit deux capteurs en façade, soit une solution de reconnaissance 3D ou infrarouge. Ici il faut se contenter de cette seule caméra.

Le résultat n’est pas non plus à la hauteur de nos espérances. Les photos obtenues sont plutôt correctes, mais la gestion de la lumière est une nouvelle fois problématique de jour (mon front est presque brûlé) et le tout manque de détails. Le cliché de nuit montre les forces et faiblesses que pour la caméra dorsale : peu de bruits, des problèmes de lumières et des détails malgré tout conservés.

C’est donc le traitement logiciel des photos par le smartphone qui semble en retrait, plus qu’un problème au niveau de l’optique ou des capteurs du téléphone. Espérons qu’une mise à jour logicielle pourra améliorer cela.

Son

On ne trouve sur le Nokia 8.1 qu’un seul haut-parleur situé à côté du port USB Type-C, en plus du haut-parleur utilisé pour les appels. Ce petit élément montre vite ses limites aussi bien pour regarder un film que pour de la musique. On est loin des solutions stéréo que l’on trouve parfois chez la concurrence. Pour diffuser du son, le smartphone peut aussi s’appuyer sur le Bluetooth 5.0 et son port jack 3,5 mm. Ils font, cette fois, tous les deux très bien leur office.

La capture du son est plus intéressante puisqu’elle fait appel au système Nokia Ozo surround s’appuyant sur l’intégration de plusieurs micros au téléphone. Ce système permet de mieux capturer le son dans des environnements bruyants comme un concert par exemple. Il est moins convaincant pour les appels téléphoniques. Lors d’un appel de test dans une rue bruyante, mon interlocuteur se plaignait d’une légère saturation au niveau de ma voix. En revanche, le son de la rue était correctement, et totalement, supprimé par le smartphone.

Le bon élève en autonomie et charge rapide

Le Nokia 8.1 intègre une batterie de 3 500 mAh ce qui le place dans la moyenne haute des smartphones, surtout avec un écran LCD Full HD et un SoC 10 nm qui consommeront peu. Cela se ressent à l’usage puisque j’ai pu facilement tenir plus d’une journée même avec une utilisation assez intensive du smartphone incluant lecture de vidéo en streaming, navigation sur le web et les réseaux sociaux, et quelques sessions de jeu.

Ces premiers résultats sont appuyés par les 11 heures et 45 minutes obtenues avec notre protocole de test Viser, qui simule un usage mixte du smartphone. C’est un très bon score qui le place parmi les téléphones les plus autonomes que nous avons testé depuis le début de l’année 2018.

La batterie se recharge par USB Type-C avec un chargeur 18W. Malheureusement, notre exemplaire de test n’était pas fourni avec son chargeur. Nous avons tout de même réalisé notre test de recharge rapide avec un autre chargeur 18W (celui du Google Pixel 3 XL). Le smartphone passe de 0 à 47 % en 30 minutes, et il faut compter 1 heure et 45 minutes pour le charger totalement (0 à 100 %).

Réseau et communications

L’accroche réseau se fait au mieux en 4G LTE Cat.6 (300 / 50 Mb/s). Dans les faits, je n’ai eu aucun mal pour capter la 4G, et même un peu mieux dans le métro parisien qu’avec mon Pixel 3 XL. L’ensemble des fréquences 4G utilisées en France sont prises en charge par l’appareil.

La puce GPS arrive à se connecter au réseau de géolocalisation rapidement et sans problème. De même, le Wi-Fi 5 (802.11ac) fait ici très bien son travail. Le Nokia 8.1 intègre aussi le NFC qui permet le paiement sans contact, notamment avec Google Pay.

Prix et date de sortie

Le Nokia 8.1 est disponible au prix conseillé de 399 euros.

Galerie photo

Test Nokia 8.1 Le verdict

design
9
Le design du Nokia 8.1 n'est pas criant d'originalité, et pourtant le smartphone impressionne en main, notamment grâce à la qualité de sa fabrication. L'encoche est bien là et un peu large, mais sait se faire oublier, et le menton sous l'écran peut être un peu trop large. Dans l'ensemble, le Nokia 8.1 ne fait pas de faux pas en termes de design.
écran
9
Un écran plutôt bien calibré, même si les couleurs tirent trop vers le bleu, mais surtout une luminosité et un contraste record pour un écran IPS LCD. Cela permet à la dalle de très bien masquer l'encoche du smartphone. Les paramètres du smartphone permettent en plus de calibrer parfaitement les couleurs, au détriment d'un peu de luminosité et de contraste.
logiciel
8
Android 9.0 Pie est installé dès la sortie de la boite, et les smartphones Nokia bénéficient d'un bon suivi des patchs de sécurité. L'interface Android One va à l'essentiel et propose une expérience fluide, mais manque un peu de fonctionnalités.
performances
8
Le Snapdragon 710 permet au Nokia 8.1 de proposer une expérience fluide et de lancer les derniers jeux à la mode comme Fortnite, même s'il faut faire des concessions sur la qualité graphique. Il faut toutefois noter que l'on trouve des concurrents en Snapdragon 845 pour moins cher désormais.
autonomie
9
Avec sa batterie de 3 500 mAh, le Nokia 8.1 tient facilement deux jours avec une utilisation modérée, ou une grosse journée un peu plus intensive. Le smartphone se recharge assez vite par USB Type-C.
caméra
7
La caméra est finalement le point le plus décevant de ce Nokia 8.1 alors que le constructeur a déjà fait ses preuves avec d'autres modèles comme le Nokia 7.1. Les photos, qu'elles soient prises avec l'appareil au dos ou à l'avant, restent dans tous les cas correctes et suffisantes pour une utilisation sur les réseaux sociaux. Dommage que le HDR et la gestion de la lumière proposés connaissent des ratés.
Note finale du test 8/10
Le Nokia 8.1 est le digne successeur du Nokia 7 Plus et un joli coup de coeur sur le segment milieu de gamme. L'appareil additionne les bons points comme un bel écran lumineux, un design premium, un logiciel à jour et une très bonne autonomie.

Certes il n'est pas aussi performant qu'un Pocophone F1, un Honor Play ou un OnePlus 6 vendu moins cher, mais c'est une preuve que le constructeur finlandais n'a pas succombé à l'ivresse de la puissance au détriment du reste de la fiche technique. Le Nokia 8.1 est avant tout un smartphone très bien équilibré, sans gros défauts. On pointera surtout du doigt la qualité des photos qui varient entre le très bon et le moyen, et ce mode HDR qui pose parfois problème.

Vous l'aurez compris, le Nokia 8.1 est un smartphone que l'on peut recommander chaudement.
  • Points positifs
    • Belle qualité de fabrication
    • Ecran lumineux et bien contrasté
    • Android Pie avec Android One
    • Une bonne autonomie
    • Interface fluide
    • Encoche bien masquée
    • (HDR10, jack, NFC, microSD et USB Type-C)
  • Points négatifs
    • Rapport performances graphique / prix un peu juste
    • Photos un peu en retrait
    • (DRM Widevine L3)
    • (Encoche large)