« Apple se trompe » : OpenAI riposte et dézingue la plainte d’Apple, captures d’écran à l’appui

« Apple se trompe »

 
Attaqué par Apple pour vol de secrets industriels, OpenAI publie une réponse au vitriol. La tactique est brutale : démolir la procédure d’Apple point par point.
La riposte d’OpenAI contre la plainte d’Apple. // Source : Montage Frandroid

Le ton est donné dès le titre : « Apple is getting this wrong », autrement dit « Apple se trompe sur ce coup-là ». Dans un billet officiel, OpenAI qualifie la plainte d’Apple de « négligente, agressive et bizarrement personnelle ». Plutôt que de plaider sur le fond, l’entreprise de Sam Altman s’attaque surtout à la façon dont Apple a monté son dossier.

Rappel des faits : le 10 juillet, Apple a porté plainte devant un tribunal fédéral de Californie pour vol de secrets industriels. La marque accuse deux anciens salariés passés chez OpenAI, l’ingénieur Chang Liu et le responsable hardware Tang Tan, d’avoir emporté des informations confidentielles sur son matériel pour accélérer les futurs appareils d’OpenAI.

Dans sa plainte, Apple évoquait un pillage piloté depuis la direction de l’entreprise, illustré par ce message d’un ex-ingénieur devenu célèbre : « LOL, j’ai accès au réseau ». Les deux sociétés étaient pourtant partenaires : ChatGPT s’est invité dans Apple Intelligence, avant qu’Apple ne finisse par confier son nouveau Siri à Google Gemini.

Une plainte pleine de trous, selon OpenAI

Le cœur de la riposte repose sur le constat suivant : Apple aurait accumulé les approximations avant même de saisir la justice. La marque affirmait avoir contacté OpenAI en février sans obtenir de réponse. En réalité, ses avocats ont écrit à la mauvaise personne, en confondant deux noms de famille asiatiques, et Apple ne l’a admis qu’une fois le problème signalé par OpenAI. Apple assurait aussi avoir discuté avec Che Chang, le directeur juridique d’OpenAI. Cette conversation n’a jamais eu lieu, ce que la marque reconnaît désormais.

Sur le vol lui-même, OpenAI retourne l’accusation. Apple reproche à Chang Liu d’avoir consulté des fichiers confidentiels après son départ. Sauf que, d’après OpenAI, ce sont des salariés d’Apple qui l’ont recontacté pour lui demander de les aider à remettre la main sur ces fichiers. En outre, « Apple tente désormais de rejeter la responsabilité sur les « accès résiduels », mais l’entreprise omet de préciser qu’il s’agit d’un problème récurrent chez Apple, dû à une mauvaise gestion des accès au système lorsque des employés quittent l’entreprise », lâche OpenAI.

Concrètement, cela signifie que d’anciens employés qui s’efforcent d’agir correctement au moment de leur départ continuent d’avoir accès aux fichiers d’Apple, alors même qu’ils n’en veulent pas ou qu’ils n’en ont même pas connaissance.

OpenAI publie des conversations privées en guise de preuves

Pour défendre Tang Tan, resté 24 ans chez Apple avant de diriger le hardware d’OpenAI, l’entreprise cite ses propres messages : il aurait toujours répété à ses équipes de ne jamais utiliser d’informations confidentielles venues d’ailleurs. À l’appui, OpenAI publie de très longues captures d’écran de conversation via iMessage et échanges de mails. Une réponse directe à Apple, qui réclamait des preuves.

Le fond, lui, n’est pas tranché. Embaucher des centaines d’ingénieurs d’un concurrent n’a rien d’illégal en Californie, rappelle Mark Lemley, professeur de droit à Stanford, interrogé par Reuters. Le vrai risque pour OpenAI, ce serait que ses recrues aient bel et bien emporté des documents confidentiels et que l’entreprise s’en serve. Or, plus de 400 anciens d’Apple travaillent aujourd’hui chez OpenAI, selon la plainte.

L’objectif d’OpenAI est concret : faire échouer l’injonction préliminaire réclamée par Apple, qui empêcherait ses deux ex-employés de travailler sur certains sujets. L’entreprise répète à qui veut l’entendre qu’elle n’a pas et ne veut pas des secrets d’Apple. La suite se réglera normalement devant un juge, mais la bataille de l’opinion est déjà engagée.


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