Wikipedia veut faire payer Apple, Google et Facebook pour l’utilisation de ses contenus

 

Halte aux vols de contenus ! Wikipedia a décidé de monter au créneau et va faire payer les Amazon, Apple, Facebook et Google pour l'utilisation de ses contenus dans leurs outils de recherches. Un juste retour des choses pour le projet libre qui leur a permis de consolider leurs services.

« OK Google, en quelle année a eu lieu la bataille de Marignan ? – Selon Wikipedia… ». « Alexa, quelle est la température du soleil ? – Wikipedia indique que… » 

Ça devait bien finir par arriver. À force de voir ses contenus utilisés par le plus grand nombre, Wikipédia sonne la révolte. Non pas que le fait d’être l’un des sites les plus consultés au monde, d’aider des millions d’étudiants comme de particuliers — voire des romanciers… — ne lui pose un problème. Mais l’encyclopédie libre en ligne, qui vit des donations de ses utilisateurs, en a assez d’être pillée par certaines entreprises.

Et au premier rang desquelles, les plus grosses : Apple, Amazon, Facebook ou encore Google.

Faire payer les géants pour les plus petits

Wikimedia Foundation, l’organisation à but non lucratif qui gère Wikipédia dans plus de 300 langues et d’autres projets Wiki, a donc décidé de monter au créneau et de demander des comptes aux GAFA qui utilisent ses contenus notamment pour les assistants vocaux et les résultats de recherches. Jusqu’à présent, cela avait le mérite d’être à double sens : contenus à disposition pour les uns, notoriété et fiabilité pour l’autre qui devenait alors tacitement une source « vérifiée » dans les esprits.

Mais Google principalement a mis à profit cet échange de bons procédés pour grossir tandis que Wikipédia lutte pour rester à flots. Selon Wired, Wikimedia a donc créé une division pour commencer à valoriser financièrement son encyclopédie auprès des « gros ».

Wikimedia Enterprise est un nouveau service qui va négocier la vente et la livraison de contenus Wikipédia aux Facebook, Apple, Amazon et autres Google, mais aussi toute entreprise qui voudrait en profiter. Jusqu’à présent, ces géants de la tech pouvaient se contenter « d’aspirer » les flux de contenus sur leurs plateformes sans en passer par la Fondation. Et paradoxalement, on trouve dans ces grandes entreprises des équipes dédiées à la gestion des résultats Wikipédia et à la meilleure façon de les intégrer.

Des principes et des sous

Le site spécialisé avance que des négociations sont déjà en cours. Il ne reste désormais qu’à convaincre les milliers de rédacteurs bénévoles de partager leurs écrits. Des accords locaux pourraient être conclus cet été. Pour le grand public, pas d’inquiétude. Le site continuera d’être accessible gratuitement. C’est finalement une mise en forme que s’apprête à mettre en vente Wikimedia Enterprise, avec service client et suivi en temps réel des améliorations.

Logiciel libre, site collaboratif pour le partage des connaissances, Wikipédia se retrouve à revoir ses principes pour sa survie économique. En négociant commercialement avec les ténors du secteur qui n’hésitaient pas à profiter du concept de gratuité, l’organisation remet un peu les choses en ordre et dans une certaine logique. Reste à savoir comment elle va pouvoir justifier de vendre des contenus conçus par tous sous couvert de protection et de mise en valeur technique. Des contenus qui pourraient tout de même rapporter des milliards de dollars…


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