
Il y a des fuites plus gênantes que d’autres. Alors que la France a fait face à des piratages en cascade ces derniers mois, la dernière fuite de données révélée par les équipes de France 2 est peut-être l’une des pires.
Une base de données en libre accès sur Internet contient les informations médicales de 11 à 15 millions de personnes, avec notamment des commentaires très personnels sur l’état de santé des victimes.
Des détails intimes
Les dossiers médicaux de certaines personnes mentionnent des détails délicats comme « porteuse sida », « suicidaire » ou « viol incestueux », mais aussi des orientations sexuelles et religieuses. Contactées par la rédaction de France 2, certaines des personnes concernées ont confirmé que les informations contenues dans la base de données étaient véridiques, laissant peu de doutes sur la fiabilité de la fuite.
Histoire de rendre l’histoire encore plus gênante, les dossiers médicaux de certaines personnalités politiques sont aussi accessibles, dont ceux de « potentiels candidats à l’élection présidentielle, de hauts fonctionnaires et de responsables de la sécurité nationale » égrène la chaîne de service public sans pour autant donner de noms.
Le hacker à l’origine de cette fuite explique que seule une partie de la base de données a pour le moment été publiée. Elle a été subtilisée à Cegedim, spécialiste des logiciels médicaux. Dans un communiqué, l’entreprise précise que 1 500 cabinets de médecins sont concernés par cette attaque et assure que l’incident a été « circonscrit » depuis sa découverte fin 2025.
Regrettant que ces données aient été « extraites illégalement » depuis le service MonLogicielMédical.com, Cegedim note tout de même que les commentaires les plus sensibles proviennent du dossier administratif des patients et plus précisément de la case « commentaire administratif en texte libre », mais que « les dossiers médicaux structurés des patients sont restés intégrés ».
Cegedim, déjà épinglée par la Cnil
Cette même entreprise avait d’ailleurs écopé d’une amende de 800 000 euros en septembre 2024 pour traitement sans autorisation de données de santé non anonymisées. À l’époque, le gendarme des données personnelles s’émouvait que l’entreprise aspire un peu trop facilement des données, telles que « l’année de naissance, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, les allergies, les antécédents médicaux, la taille, le poids, le diagnostic, les prescriptions médicales, les arrêts de travail et les résultats d’analyse ».
Pour aller plus loin
1,2 million d’IBAN français dans la nature : la France est victime d’un piratage historique
Contacté par la rédaction de France 2, Cegedim n’a pas donné suite. La Cnil, de son côté, ne s’est pas encore exprimée publiquement sur l’affaire.
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