
Les fabricants d’assistance pour vélo électrique sont très rares en France. Dominé par Bosch, Shimano, Yamaha, ou encore les chinois Bafang et Ananda, le marché actuel ne laisse que quelques miettes.
Cela n’empêche pas Virvolt de faire son trou et de se diversifier. Après 10 000 moteurs vendus, la firme parisienne dévoile une nouveauté inédite dans sa gamme : une génératrice, aussi appelée pédalier électronique.
C’est quoi une génératrice de vélo électrique ?
Si vous ne connaissez pas cette technologie, sachez que nous l’avions déjà prise en main chez Cixi avec son PERS. Il s’agit d’un pédalier électronique – environ 3 kg – qui alimente en énergie une batterie, celle-ci venant actionner le moteur. L’apport est d’environ 70 W selon Virvolt, ce qui est faible par rapport au besoin d’un vélo électrique (10 à 25 % selon le type, le ou les moteurs, etc), mais reste proche des assistances conventionnelles.
Si le poids total est plus élevé qu’un moteur classique, il ne faut pas oublier que la génératrice supprime la transmission classique par chaîne ou courroie. Moins de pièces, c’est aussi une intégration plus simple sur les VAE ou véhicules électriques légers.
Un pédalier électronique qui voit double
La Virvolt V-Genera reprend le développement de la Gene-Pi, un pédalier en développement depuis 2018. Fruit de plusieurs itérations et 50 000 km de tests (dont lors des compétitions Sun Trip), elle continue son aventure chez Virvolt avec l’expérience du moteur Virvolt V-900.

Elle y a subi de multiples améliorations, pour devenir la Genera, disponible en deux versions :
- Classique : une assistance linéaire plus propice à la cyclologistique ou vélis (véhicules électriques légers intermédiaires),
- Haptique : un contrôleur supplémentaire ajoute une progressivité en fonction du couple au pédalage, ce qui confère un comportement plus naturel et sportif, adapté à des vélos électriques plus classiques ou des speedbikes.
Nous avons d’ailleurs pu essayer brièvement la génératrice classique, qui monte en puissance progressivement lors des premiers tours de roues, mais qui apporte immédiatement un couple important pour affronter une montée.
On peut y régler 3 niveaux d’assistance, ainsi que la résistance au pédalage avec une molette, tout en freinant avec l’appui d’une régénération d’énergie dans les moteurs comme sur les trottinettes électriques (ou le système eBikeOS sur le Vefaa). Une marche arrière est aussi possible.
Installée sur un véli Supercycle à 4 roues, elle nous montre d’ailleurs ses configurations multiples, avec ici deux moteurs roues à l’avant, des Virvolt 2000 que nous avions découvert en avril 2025 et testé sur le Shwette Baggy.
Il est également possible d’y associer un seul moteur arrière Virvolt 900, ou d’autres moteurs du marché selon les préférences. Côté batteries, les 48 V sont compatibles avec le système, au contraire des 36 V propices à la surtension.
Quand pourra-t-on rouler sur un vélo électrique à génératrice Virvolt ?
Pour le moment, Virvolt ne vend sa solution qu’aux fabricants désireux de l’intégrer sur leurs vélos électriques ou vélis. Plusieurs marques ont déjà des projets comme Maillon Mobility avec son 3 roues, mais il faudra attendre probablement quelques mois pour voir les versions définitives dans nos rues.

Cependant, la génératrice est compatible avec tous les moteurs d’assistance électrique, avec diverses communications : simple pour fonctionner avec la cadence, ou plus évoluée et personnalisable avec les systèmes CAN ou UART.
Dans une seconde phase, la Virvolt V-Genera 900 sera distribuée chez les revendeurs capables de l’installer pour une électrification (ou une transformation). La vente directe aux particuliers n’est donc pas envisagée.
Un prix compétitif et une fabrication française
Quant au prix, il dépend de la version de la génératrice (500 à 600 euros selon la marque), tandis que des « packs » avec un ou plusieurs moteurs sont possibles. L’offre reste abordable, grâce à une industrialisation au sein de l’Usine à Vélos à Villeurbanne (Rhône) aux côtés d’autres acteurs (Vefaa, Addbike, etc) et des moteurs déjà rodés.

Virvolt pousse d’ailleurs à une relocalisation autant que possible des composants, qu’elle avait entrepris dès 2023 avec le moteur central 900. Si le cœur (moteur) reste conçu par Aikema, la société s’approvisionne déjà en pièces tricolores comme Effigear, et va rapatrier le reste d’ici 2027.

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