800 volts dans un fourgon électrique : Renault veut enfin tuer l’attente à la borne en s’emparant de Flexis

 
Renault reprend 100 % des parts de la coentreprise Flexis et laisse Volvo et CMA CGM sur le bord de la route. Pourquoi ce revirement ? Renault veut garder la main sur sa technologie 800 volts et son architecture logicielle maison.
Source : Flexis

Renault a décidé de reprendre l’intégralité de la coentreprise Flexis, laissant Volvo et CMA CGM sortir par la petite porte. La firme au Losange va racheter les 45 % de parts du constructeur suédois et les 10 % de l’armateur français pour devenir l’unique pilote du projet.

Renault veut le contrôle total. En devenant une filiale à 100 % d’ici le premier semestre 2026, Flexis perd son statut de joint-venture pour devenir le bras armé de Renault dans l’utilitaire de demain. Renault croit dur comme fer à sa nouvelle plateforme modulaire et ne veut plus partager les futurs bénéfices, ni les décisions stratégiques.

Ajoutons un peu de contexte que le communiqué de presse ne précise pas, Renault voulait adapter le business plan à un marché électrique plus lent que prévu, tandis que Volvo s’y opposait, ils ont dû faire appel à un conciliateur en 2025 et cela a mené à un blocage financier.

800 volts et logiciel : la recette de Sandouville

Le futur Renault Trafic E-Tech, dont la production débutera fin 2026 à Sandouville, ne sera pas un énième utilitaire multi-énergie. Son principal argument de vente ? Une architecture 800 volts. Pour les non-initiés, c’est la technologie que l’on trouve sur les voitures électriques les plus haut de gamme actuellement, elle permet des charges très rapides.

Source : Flexis

Le bénéfice pour un artisan ou un livreur est concret. Une tension plus élevée permet de réduire drastiquement le temps de charge sur les bornes rapides.

Pour aller plus loin
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En clair, au lieu de perdre une heure pour récupérer de l’autonomie, quelques minutes suffiront pour repartir en tournée. C’est un gain de productivité immédiat qui justifie, à lui seul, l’existence du projet. On parle d’une autonomie jusqu’à 450 km WLTP, et des batteries NMC ou LFP assemblées en France.

Renault intègre le concept de « véhicule piloté par logiciel », ou SDV. Les mises à jour se feront à distance, sans passer par le garage. Les gestionnaires de flotte pourront aussi surveiller l’état des véhicules en temps réel avec une précision chirurgicale.

Un pari risqué sur la livraison du dernier kilomètre

Le problème ? Le marché de l’utilitaire électrique est devenu ultra-concurrentiel. Entre Stellantis (leader en France à 38,2 % en 2025) qui électrifie massivement ses gammes et l’arrivée de nouveaux acteurs comme Rivian, Renault n’a pas le droit à l’erreur. La reprise totale de Flexis signifie que le constructeur français assume désormais seul tous les risques financiers du développement.


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