Pendant que Samsung empilait les générations de pliables au format livre et que Motorola se contentait de ses clapets Razr, on attendait ce moment depuis un bon moment : un vrai grand pliable signé Motorola. Le voilà.
Le Razr Fold abandonne le format à clapet pour s’ouvrir comme un carnet sur une dalle interne de 8,1 pouces, et il débarque avec une fiche technique qui, sur le papier, regarde tout le monde de haut. Plus grand écran, plus grosse batterie, charge la plus rapide, triple module 50 mégapixels, stylet fourni : Motorola a coché à peu près toutes les cases.
J’ai passé une dizaine de jours avec ce téléphone comme appareil principal, et c’est précisément là que les choses se compliquent.
Une fiche technique flatteuse ne dit jamais comment un appareil se comporte une fois dans la poche, sous le soleil, en pleine partie ou un mauvais jour de réseau. La vraie question n’est donc pas de savoir si le Razr Fold gagne le concours des chiffres, il le gagne souvent, mais de savoir ce que tout ça donne au quotidien, et si arriver après des concurrents qui ont sept générations d’avance suffit pour exister. Voici ce que j’en retire.
Motorola Razr FoldFiche technique
| Modèle | Motorola Razr Fold |
|---|---|
| Dimensions | 144,5 mm x 160,05 mm x 4,55 mm |
| Interface constructeur | Hello UX |
| Taille de l’écran | 8,09, 6,56 pouces |
| Définition | 2484 x 2232 pixels |
| Densité de pixels | 410 ppp |
| Technologie | OLED |
| SoC | Qualcomm Snapdragon 8 Gen 5 |
| Puce graphique | Qualcomm Adreno 829 |
| Stockage interne | 512 Go |
| Appareil photo (dorsal) |
Capteur 1 : 50 Capteur 2 : 50 Capteur 3 : 50 Mp |
| Capteur photo frontal | 20 Mp |
| Définition enregistrement vidéo | 8K@30fps |
| Wi-fi | Wi-Fi 7 (be) |
| Bluetooth | 6.0 |
| 5G | Oui |
| NFC | Oui |
| Capteur d’empreintes | latéral |
| Type de connecteur | USB Type-C |
| Capacité de la batterie | 6000 mAh |
| Poids | 243 g |
| Couleurs | Blanc, Bleu |
| Fiche produit |
Vous l’aurez compris au regard de cette fiche technique, Motorola ne cherche pas à proposer un pliable « accessible » : à 1 999 €, on est en plein territoire du Galaxy Z Fold, juste sous le tarif habituel du Galaxy Z Fold 7. Le constructeur compense par la générosité de la configuration (16 Go de RAM et 512 Go de stockage en version de base, là où certains rivaux démarrent à 256 Go) et par le stylet livré dans la boîte en Europe, alors qu’aux États-Unis il est facturé en supplément.
Alors, avant de lancer le test, il y a un détail qui mérite qu’on s’y arrête : le processeur. Motorola a retenu le Snapdragon 8 Gen 5, et non le 8 Elite Gen 5 qui équipe la plupart des smartphones de ce début 2026. C’est une puce un cran en dessous du tout dernier haut de gamme de Qualcomm, un choix qui sent l’arbitrage budgétaire. Reste à voir si ce compromis se ressent à l’usage, on y reviendra dans la partie performances.
L’exemplaire de ce test nous a été fourni par la marque.
Motorola Razr FoldErgonomie et design
Première prise en main, et je dois l’admettre : ça respire le sérieux. Le Razr Fold tient bien dans la paume, sans cette impression de plaque épaisse qu’on retrouvait sur les premiers pliables. Fermé, il passe sous la barre du centimètre (9,9 mm) et affiche 240 g sur la balance. C’est plus lourd que le Z Fold 7 et ses 218 g, mais l’écart reste raisonnable une fois en main, et la répartition du poids est plutôt bonne.

Côté finitions, Motorola assume un parti pris mode. Deux coloris seulement, tous deux certifiés Pantone : un Blackened Blue à motifs gravés façon diamant et un Lily White au toucher plus soyeux.

Mon exemplaire était le bleu sombre, qui passe d’ailleurs facilement pour du noir à l’œil nu. Le dos n’est pas en verre dépoli classique, mais dans une matière texturée, à la fois agréable sous les doigts et un peu plus accrocheuse, au sens propre comme au figuré, puisqu’elle attrape volontiers la poussière et les peluches de poche, qu’on enlève à l’ongle.

Le vrai bon point ergonomique se cache sur la tranche. Là où le Galaxy Z Fold 7, ultra-fin, ne laisse presque aucune prise au pouce pour l’ouvrir – on glisse, on s’y reprend à deux fois – Motorola a ménagé un appui qui rend l’ouverture nettement plus naturelle. Ça paraît un détail tant qu’on n’a pas vécu la frustration inverse. Au quotidien, ouvrir le Razr d’une main devient un geste fluide plutôt qu’un petit combat.

Et, il y a le bloc photo. Il fait saillie de façon assez généreuse à l’arrière. Motorola justifie ce volume par des capteurs plus gros, on verra que l’argument tient debout, et la pente douce qui mène à l’îlot évite l’effet « marche d’escalier ». Ce n’est pas le plus discret, mais ce n’est pas non plus inélégant.

La charnière est en acier inoxydable, avec ce mécanisme en goutte d’eau devenu standard sur le haut de gamme. Le mouvement est franc, bien amorti, sans jeu.

À l’avant, l’écran de couverture est protégé par du Gorilla Glass Ceramic 3, une première mondiale sur smartphone. Concrètement, Corning promet une meilleure résistance aux chutes. Difficile à quantifier au jour le jour, mais j’ai eu une chute malheureuse sur du béton : verre rayé, certes, mais pas brisé. Je prends.

L’étanchéité affiche une double certification IP48 et IP49. Le premier indice signifie une protection contre les petites particules et une immersion jusqu’à 1,5 m pendant 30 minutes ; le second, plus rare, certifie la résistance aux jets d’eau à haute température. Pour un pliable, dont la mécanique reste un point de fragilité, c’est rassurant. À titre de comparaison, c’est mieux que le Z Fold 7 sur le volet jets d’eau, même si le Pixel 10 Pro Fold reste le seul du trio totalement étanche à la poussière (sur le papier, mais c’est discutable).

Le capteur d’empreintes est intégré au bouton latéral, fiable lors de mes essais, mais placé assez haut sur la tranche : il faut allonger le pouce pour l’atteindre. C’est mon principal reproche côté commandes, avec deux autres irritants. D’abord, le bouton d’alimentation est un peu mou sous le doigt. Ensuite, et surtout, le bouton AI dédié, coincé entre les autres touches, perturbe le repérage tactile, et il ne peut pas être réattribué à autre chose.

Dernier regret, plus mineur : l’absence d’aimants Qi2 à l’arrière. Posez le Razr sur un chargeur magnétique pensé pour ce standard et il glisse, faute d’accroche. Sur Android, le Pixel reste à peu près seul à porter ce flambeau. Cela dit, mis bout à bout, le travail de design est globalement réussi : le Razr Fold se situe entre le Galaxy très carré et le Pixel plus arrondi, avec une vraie identité tactile.
Motorola Razr FoldPerformances
Au cœur de la machine, donc, un Snapdragon 8 Gen 5 épaulé par 16 Go de RAM. Ce n’est pas la puce la plus musclée du moment — ce titre revient au 8 Elite Gen 5, mais on parle ici d’un processeur de très haut niveau, pas d’un milieu de gamme déguisé. Le choix est avant tout économique, et il faut être honnête : dans la grande majorité des usages, l’écart avec la concurrence ne saute pas aux yeux.

Les 16 Go de RAM et les 512 Go de stockage sont largement dimensionnés. C’est l’unique configuration commercialisée, ce qui simplifie la vie de l’acheteur autant que la gestion de gamme de Motorola. Le stockage repose sur une mémoire rapide, avec d’excellents débits en lecture séquentielle relevés sur les tests dédiés.
Au quotidien, rien à signaler : navigation, messagerie, bureautique, multitâche à plusieurs applications, tout glisse sans accroc. La puissance brute n’est jamais un problème pour les tâches ordinaires, et le grand écran interne rend le multitâche réellement confortable.
C’est en jeu que la décision de Motorola se ressent. Sur les gros titres en monde ouvert poussés au maximum, j’ai noté des baisses de cadence là où le Z Fold 7 fait mieux, mieux loti côté puce. Le Razr s’en sort honorablement, mais il n’est pas le meilleur élève de sa catégorie pour les très gros joueurs.
Bon point en revanche : la dissipation thermique. Motorola a intégré un véritable système de refroidissement liquide. J’ai trouvé (et mesuré) que le Razr reste plus frais en charge soutenue. Cela n’empêche pas la baisse de régime évoquée plus haut, mais le téléphone gère mieux la chaleur sur la durée, ce qui compte sur de longues sessions.
Mon ressenti, justement : la puissance est là, mais l’optimisation logicielle n’est pas irréprochable. J’ai relevé quelques saccades de-ci de-là, notamment dans certaines animations de l’interface, et une légère latence ailleurs (j’y reviens en photo). Rien de rédhibitoire, mais sur un appareil à 2 000 €, ces petits accrocs détonnent face à la fluidité d’un Galaxy ou d’un Pixel (pourtant moins puissant).
Motorola Razr FoldÉcran
Commençons par l’écran de couverture, car Motorola en a fait un vrai argument. Il s’agit d’une dalle pOLED LTPO de 6,6 pouces, au format allongé 21:9, capable de grimper jusqu’à 165 Hz. C’est la plus grande façade externe de la catégorie et le taux de rafraîchissement le plus élevé. Le LTPO, pour faire simple, permet à l’écran d’ajuster automatiquement sa fréquence, de très bas pour économiser la batterie, jusqu’au maximum pour la fluidité.
À l’intérieur, on déplie une dalle pOLED LTPO de 8,1 pouces en définition 2K, à 120 Hz. C’est, là encore, l’un des plus grands écrans internes du marché des pliables, et il est parfaitement net pour lire, retoucher des photos ou parcourir une bande dessinée. La forme est assez carrée, dans l’esprit du Z Fold 7.

La luminosité est l’autre gros atout. Motorola annonce 6 200 nits de pic sur l’écran interne et environ 6 000 nits sur la façade, les valeurs les plus élevées qu’on trouve aujourd’hui sur un pliable. Concrètement, le pic ne s’applique qu’à de petites zones dans des conditions précises, mais la marge est telle que la lisibilité en plein soleil n’est jamais prise en défaut. Lors de mes essais en extérieur, par une belle journée de printemps, je n’ai eu aucun mal à voir l’un ou l’autre écran.

Le différentiel de fréquence entre les deux dalles (165 Hz dehors, 120 Hz dedans) sert surtout sur la poignée de jeux compatibles avec le très haut frame rate. Au quotidien, on profite surtout d’un défilement très lisse sur la façade, qui rend l’écran de couverture aussi agréable qu’un bon smartphone classique.

Pour les personnes sensibles au scintillement des dalles OLED, Motorola annonce une modulation PWM à 720 Hz sur la façade, une cadence de variation de luminosité plus élevée, donc moins susceptible de fatiguer les yeux. De belles valeurs, mais au-dessous de certains rivaux comme l’Oppo Find ou les Honor Magic.
Côté contenu, les deux écrans gèrent le HDR10+ et, fait notable, le Dolby Vision, un format de plage dynamique étendue que ni le Z Fold 7 ni le Pixel 10 Pro Fold ne prennent en charge. Sur le papier, c’est un beau coup. À l’usage, je dois reconnaître ne pas avoir senti de différence flagrante en visionnage courant, mais l’argument existe pour qui consomme beaucoup de contenus compatibles.

Le pli central, hantise du format, reste bien maîtrisé. On ne le perçoit vraiment qu’en inclinant le téléphone et quand la lumière l’accroche de biais. Au toucher, on sent une légère dépression au centre, mais elle se fait oublier en utilisation normale. C’est globalement aussi discret que ce que propose le Galaxy, et plus subtil que sur les générations précédentes.
En résumé, la partie écran est l’une des plus convaincantes du Razr Fold. Plus lumineux, plus rafraîchi, plus grand, compatible Dolby Vision : Motorola signe ici une vraie réussite. On notera tout de même que, sur des mesures de luminosité comparatives en conditions normalisées, le Pixel parvient à se montrer plus brillant sur sa dalle interne ; mais dans la vraie vie, le Razr ne manque jamais de pêche.
Motorola Razr FoldPhotos et vidéos
Le Razr Fold mise sur un triple module de 50 mégapixels, ce qui est, sur le papier, plus généreux que la concurrence. On a un capteur principal Sony Lytia ouvrant à f/1,6 avec stabilisation optique, un ultra grand-angle de 122° lui aussi en 50 Mpx avec autofocus et mode macro, et un téléobjectif périscopique 50 Mpx à zoom optique 3x stabilisé.
Les vrais atouts, ce sont les tailles de capteurs. Motorola a logé des photosites plus grands que la moyenne : le capteur principal serait le plus large des pliables actuels, et même le téléobjectif dépasse en surface le capteur principal du Pixel 10 Pro Fold, une rareté, les téléobjectifs étant d’ordinaire minuscules. Plus de surface, c’est plus de lumière captée, donc, en théorie, plus de détail et un meilleur comportement en basse lumière.

Dans les faits, le capteur principal délivre les meilleures photos que j’aie jamais tirées d’un Motorola. C’est une rupture nette avec l’historique de la marque, dont les flagships ont longtemps déçu sur ce terrain.

En plein jour, le piqué est là, le niveau de détail soutenu, et l’appareil tient enfin la comparaison avec un Samsung ou un Pixel.



Le bémol vient du traitement logiciel, encore imprévisible. Parfois l’image manque de contraste, parfois elle en a trop. J’ai vu des scènes ensoleillées clairement surexposées, comme « cramées », et un portrait au capteur principal complètement raté. La colorimétrie a tendance à pousser la saturation, ce qui donne un rendu plus punchy que nature, certains aimeront, d’autres préféreront la sobriété d’un Pixel.
Sur les portraits et les teintes de peau, le constat est mitigé. Le détourage est excellent, aussi bien au principal qu’au téléobjectif, mais les carnations sont souvent éclaircies à l’excès, donnant un teint un peu pâle, et les couleurs ne tombent pas toujours juste. Là encore, c’est moins une affaire de matériel que de réglage logiciel.



En basse lumière, en revanche, le gros capteur fait merveille. Ironie de la chose : c’est souvent en conditions difficiles que le Razr s’en sort le mieux, avec des clichés plus propres que ceux de la concurrence avant même que le mode nuit ne s’enclenche. Sur certaines scènes nocturnes, il prend une avance nette sur le Z Fold 7.
L’ultra grand-angle de 50 Mpx offre le plus de détail du trio quand on recadre, et son autofocus autorise des prises macro réussies. Mais le traitement reste là aussi un peu fantasque, avec des variations de rendu d’une photo à l’autre qui manquent de constance.
Le téléobjectif est sans doute la meilleure surprise. Grâce à son grand capteur, le Razr capture nettement plus de détail que ses rivaux dès qu’on dépasse le zoom 10x, et conserve un avantage en basse lumière.



Motorola pousse jusqu’à un super-zoom 100x qui, sans miracle, reste exploitable, même si, comme toujours, on s’appuie alors lourdement sur l’IA pour reconstruire le détail.
Pour les selfies, le Razr aligne un capteur de 32 Mpx sur la façade, plus défini que les 10 Mpx de la plupart des concurrents. À l’intérieur, on retrouve un module frontal généreux pour la visio.



On peut aussi, et c’est l’intérêt du format, se prendre en photo avec les capteurs arrière en se servant de l’écran de couverture comme viseur, la meilleure qualité possible pour un autoportrait.

Côté vidéo, la fiche est complète : jusqu’à 8K à 30 ips, 4K à 60 ou 30 ips, et des ralentis en 4K à 120 ips ou Full HD à 240 ips, le tout avec prise en charge du Dolby Vision en captation. Sur le papier, c’est du très haut de gamme.
Dans la pratique, la vidéo est plus inégale. Le Razr a tendance à surexposer les scènes, et la stabilisation de l’ultra grand-angle s’est montrée franchement nerveuse lors de mes tests, l’image sautillant beaucoup. C’est dommage, car le potentiel matériel est là.
Dernier point, et c’est aussi une observation de terrain : j’ai noté quelques lags par-ci par-là en photo, avec quelques millisecondes de latence au déclenchement. Rien de dramatique en photo de tous les jours, mais sur des sujets en mouvement, ce micro-décalage peut suffire à manquer l’instant. Motorola revendique pourtant la première place des pliables au classement DxOMark sur la foi de tests menés en mars 2026, avec un label Gold. La marque a clairement progressé, c’est indéniable, mais entre les chiffres officiels et l’expérience réelle, il reste cette imprévisibilité du traitement et ces petits temps de réaction à corriger.
Motorola Razr FoldLogiciel
Le Razr Fold tourne sous Android 16, surmonté de l’interface maison de Motorola. La bonne nouvelle, c’est qu’elle reste proche d’Android « pur », avec quelques ajustements bien sentis plutôt qu’une surcouche envahissante.

J’ai retrouvé avec plaisir les bulles de notification sur l’écran verrouillé, héritées des anciens Moto X, qui permettent de prévisualiser messages et alertes d’un coup d’œil.

Là où ça coince, c’est sur l’IA. Motorola greffe sa suite Moto AI, résumés de notifications, suggestions d’actions selon le contexte, recherche globale dans les applis, photo de groupe à la manière du « Best Take » de Pixel, accessible via un bouton physique dédié. Problème : ce bouton ne peut pas être réattribué, et la suite reste assez moyenne. Le téléphone embarque par ailleurs plusieurs assistants préinstallés (Gemini, Perplexity, Copilot), ce qui finit par faire beaucoup pour peu de bénéfice réel.

Le format pliable est bien exploité. On peut afficher trois applications côte à côte sur le grand écran et les faire défiler en carrousel, là où le Pixel se limite à deux. Le mode bureau via Smart Connect permet de brancher un écran externe pour une expérience proche d’un PC. Et j’ai été pris au dépourvu, dans le bon sens, par le mode tente : plié sur lui-même, le Razr devient un afficheur d’ambiance avec horloge, agenda et notifications, qui ne s’allume que lorsqu’on le regarde. Sur la grande façade, l’idée prend tout son sens.

Le revers, ce sont les bugs. La tolérance de Motorola me semble un peu trop haute : un recadrage de fond d’écran ignoré à l’enregistrement, un petit accroc récurrent dans la vue multitâche, des notifications Gmail capricieuses, et des appels d’urgence déclenchés par mégarde quand le téléphone traîne dans une poche arrière. Pris séparément, ce sont des broutilles. Le souci, c’est l’historique de Motorola en matière de mises à jour, longtemps poussives.

La marque promet ici sept ans de mises à jour système et de correctifs de sécurité, au niveau de Samsung et Google ; reste à voir si la régularité suivra.
Motorola Razr FoldAutonomie
L’autonomie est sans doute le terrain où le Razr Fold creuse le plus l’écart. Motorola a logé une batterie de 6 000 mAh en technologie silicium-carbone, une chimie qui permet de densifier la capacité sans trop gonfler le volume, là où le Z Fold 7 se contente de 4 400 mAh et le Pixel 10 Pro Fold de 5 015 mAh.
À l’usage, c’est le pliable au format livre qui tient le plus longtemps de tous ceux que j’ai utilisés. Sur une journée chargée, avec partage de connexion, photo à gogo et grand écran sollicité, je n’ai tout simplement pas réussi à le vider avant le soir. Pour un appareil de cette catégorie, où l’autonomie est souvent le point faible, c’est remarquable.
Les tests d’autonomie le confirment : sur une boucle d’applications mêlant réseaux sociaux, vidéo 4K, navigation, jeu et streaming, on obtient 13 heures d’écran allumé, loin devant la concurrence. Une réserve, toutefois : ces chiffres s’accompagnent d’une gestion agressive des applications en arrière-plan, que le système ferme volontiers pour préserver la batterie, au prix, parfois, de notifications manquées.
La charge filaire grimpe à 80 W, soit plus du triple des 25 W du Z Fold 7. En pratique, on récupère un plein en une grosse heure malgré la grande capacité, et, bon point, ces 80 W fonctionnent aussi avec un chargeur tiers, pas seulement avec un bloc Motorola. Aucun chargeur n’est livré dans la boîte, comme c’est désormais l’usage.
Le sans-fil, lui, laisse un goût d’inachevé. Motorola annonce 50 W, ce qui serait impressionnant, sauf qu’il n’existe pour l’instant aucun chargeur capable d’atteindre réellement cette puissance avec ce téléphone. On peut recharger sans fil, mais pas au débit promis. Ajoutez l’absence d’aimants Qi2, et la partie recharge sans fil reste davantage une promesse qu’une réalité.
Motorola Razr FoldPrix et disponibilité
En France, le Razr Fold est affiché à 1 999 € dans sa configuration 16/512 Go, avec le stylet Moto Pen Ultra inclus dans la boîte, un argument que ses rivaux ne proposent pas. Les précommandes ont démarré dès le 13 avril, avec des expéditions à partir du 6 mai et une mise en rayon le 21 mai 2026. En précommande, certains revendeurs comme Fnac et Amazon l’ont proposé autour de 1 749,99 €, avant retour au tarif plein. Deux coloris seulement : noir (Blackened Blue) et blanc (Lily White).
Ce positionnement place Motorola juste sous le Galaxy Z Fold 7, attendu autour de 1 999 € lui aussi sur le marché français. Autrement dit, la marque ne joue pas la carte du prix cassé : elle assume un tarif premium et compte sur la fiche technique, l’autonomie, la luminosité et le stylet fourni pour faire la différence. C’est cohérent avec l’ambition affichée, exister face à Samsung et Google, mais cela signifie aussi qu’on attend de ce premier pliable une copie quasi irréprochable.
Motorola Razr FoldAlternatives
Le concurrent le plus direct reste le Samsung Galaxy Z Fold 7. Plus fin et plus léger (218 g), il embarque un Snapdragon 8 Elite optimisé pour Galaxy, plus performant en jeu, et une dalle interne de 8 pouces. Sa batterie de 4 400 mAh et sa charge à 25 W le placent toutefois loin derrière le Razr en endurance comme en vitesse de recharge. Son capteur principal de 200 Mpx impressionne sur la fiche, mais le Razr soutient la comparaison en basse lumière, et Samsung a abandonné toute prise en charge du stylet. Souvent proposé en promotion, le Z Fold 7 reste la référence pour qui veut la finesse et la puissance pure.
Le Google Pixel 10 Pro Fold joue une autre partition. C’est le seul du trio à être totalement étanche à la poussière (IP68), donc le plus robuste, et il propose les haut-parleurs les mieux équilibrés du groupe, avec un vrai son stéréo quelle que soit l’orientation. Sa puce Tensor est en retrait sur les performances brutes et son autonomie (5 015 mAh) reste sous le Razr, mais l’expérience logicielle Google et le traitement photo plus naturel séduiront ceux qui privilégient la cohérence à la fiche technique.
Enfin, il faut citer l’Oppo Find N6, que je considère comme la meilleure référence photo du segment cette saison, supérieur au Razr sur ce point précis. Le hic : il n’est pas distribué en France, ce qui le réserve à une frange d’acheteurs avertis prêts à l’importer. Pour qui peut mettre la main dessus, c’est une alternative redoutable. On l’a testé malgré tout.






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