Note de la rédaction : vous ne trouverez pas de note dans ce test. Ce n’est pas un oubli, mais un choix. Le Mate X7 est un très bon smartphone sur certains aspects, mais se trouve totalement décorellé du marché sur bien trop de points, la faute à l’embargo des États-Unis qui pèse encore sur Huawei. Si on devait le noter pour ce qu’il est il ne mériterait pas non plus la note maximale, il a de sérieuses lacunes. Et en le plaçant face aux pliables du moment, il se ferait croquer dans la seconde. C’est un smartphone à acheter l’esprit clair, en sachant absolument où l’on met les pieds.
Cela fait des années que nous assistons à une course aux spécifications effrénée, où l’intelligence artificielle et la miniaturisation extrême règnent en maîtres. Dans ce contexte, Huawei maintient sa position d’outsider résilient face à l’embargo américain. Le constructeur chinois continue de développer ses propres technologies, souvent en vase clos, pour contourner l’impossibilité de collaborer avec des géants comme Google ou ARM.
Le Huawei Mate X7 s’insère dans l’écosystème comme le successeur direct du Mate X6, lancé un an plus tôt. Il s’adresse à une niche d’utilisateurs exigeants, cherchant un appareil hybride capable de se muer en véritable tablette de travail. Les promesses marketing sont grandiloquentes : le smartphone pliant le plus résistant du monde, doté du meilleur appareil photo jamais intégré à ce format. Sur le papier, le contrat semble rempli.
Cependant, la réalité attendue au tournant par les puristes est plus nuancée. Face aux puces gravées en 3 nanomètres de la concurrence, le processeur maison de Huawei accuse un retard technologique visible. De plus, l’absence native des services Google reste un frein psychologique et pratique majeur pour le grand public occidental.
Le défi du Mate X7 est donc titanesque : justifier un positionnement ultra-premium par l’excellence de son châssis et de ses optiques, tout en demandant à l’utilisateur de faire d’importantes concessions logicielles.
Fiche technique
| Modèle | Huawei Mate X7 |
|---|---|
| Dimensions | 144,2 mm x 156,8 mm x 4,5 mm |
| Taille de l’écran | 8,0, 6,49 pouces |
| Définition | 2416 x 2210 pixels |
| Densité de pixels | 412 ppp |
| Technologie | OLED |
| Stockage interne | 512 Go |
| Appareil photo (dorsal) |
Capteur 1 : 50 Capteur 2 : 40 Capteur 3 : 50 Mp |
| Capteur photo frontal | 8 Mp |
| Wi-fi | Wi-Fi 7 (be) |
| Bluetooth | 6.0 |
| NFC | Oui |
| Capteur d’empreintes | latéral |
| Type de connecteur | USB Type-C |
| Capacité de la batterie | 5300 mAh |
| Poids | 236 g |
| Couleurs | Noir, Rouge |
| Fiche produit |
Ce test a été réalisé avec un smartphone prêté par la marque.
Design
Dès la première prise en main, le Huawei Mate X7 impose le respect par sa finesse, même si d’autres smartphones pliables font un peu mieux sur ce point. Déplié, l’appareil n’affiche que 4,5 millimètres d’épaisseur, et se replie sur lui-même pour atteindre 9,5 millimètres.

Cette finesse est accentuée par les bords délicatement arrondis du châssis en aluminium. Ce choix esthétique, contrairement aux tranches plates très en vogue chez la concurrence, facilite grandement l’ouverture du terminal, offrant une préhension naturelle et sécurisante. Le poids de 235 grammes est parfaitement réparti, rendant l’utilisation à une main assez confortable.

Notre modèle de test arbore le coloris « Rouge nébuleux » (existe aussi en noir), revêtu d’un similicuir d’une excellente facture. Ce matériau n’est pas qu’un choix cosmétique : il résiste remarquablement bien aux traces de doigts et offre une adhérence supérieure, limitant les risques de chutes accidentelles. L’écran extérieur est quant à lui protégé par le « Kunlun Glass 2 », la réponse de Huawei au célèbre Gorilla Glass.
La véritable révolution de ce design réside dans sa durabilité, puisqu’il est certifiée IP58 et IP59. Un indice 5 signifie une excellente protection contre la poussière. Le chiffre 9, rare sur un smartphone pliable, indique que l’appareil peut résister à des jets d’eau à très haute pression et à haute température, en plus de survivre à une immersion de 2 mètres pendant 30 minutes.

À l’arrière, le module photographique a été repensé. Fini le simple cercle, place à la « Time-Space Gate » (la Porte Spatio-Temporelle), une excroissance assumée et texturée qui abrite les précieux capteurs. Si ce module dépasse de manière significative de la coque, rendant le téléphone bancal posé à plat, l’étui en similicuir fourni dans la boîte (doté d’une béquille métallique très pratique) vient habilement compenser ce déséquilibre. Le placement des boutons est par ailleurs bien pensé, avec un lecteur d’empreintes digitales intégré au bouton d’allumage réactif sur la tranche droite, tombant naturellement sous le pouce.
Verdict
Le Huawei Mate X7 impressionne par sa finesse et sa prise en main naturelle, sublimées par des finitions premium en cuir vegan et un châssis aux bords arrondis. Outre son esthétique soignée, l’appareil marque un tournant historique en matière de durabilité pour un pliant, grâce à ses certifications IP58 et IP59 lui offrant une résistance inédite à l’eau et à la poussière. Malgré un module photo imposant, l’équilibre général et la qualité de construction confirment que Huawei a réussi à gommer la fragilité habituelle de ce format.
Écran
L’affichage est le cœur névralgique de tout smartphone pliant, et le Mate X7 ne déçoit pas avec ses deux dalles de très haute volée.
L’écran intérieur est une immense dalle OLED pliable de 8 pouces, affichant une définition de 2 210 x 2 416 pixels. Il repose sur la technologie LTPO, qui permet à l’écran de faire varier dynamiquement sa fréquence de rafraîchissement de 1 Hz pour une image fixe à 120 Hz, préservant ainsi massivement l’autonomie de la batterie).

L’écran externe n’est pas en reste, offrant une diagonale très confortable de 6,49 pouces, elle aussi en OLED LTPO (1 080 x 2 444 pixels). Ces deux écrans bénéficient d’une gradation PWM très élevée fixée à 1440 Hz. (La gradation PWM, ou Pulse-Width Modulation, est la technique utilisée par les écrans OLED pour baisser la luminosité en allumant et éteignant l’écran très rapidement. Une fréquence élevée comme 1440 Hz rend ce scintillement totalement invisible à l’œil nu, évitant ainsi la fatigue oculaire et les maux de tête chez les utilisateurs sensibles).
Sur le banc d’essai de la luminosité, les chiffres sont excellents, bien que très légèrement inférieurs aux ténors de chez Samsung. Huawei promet des pics à 2500 nits en interne et 3000 nits en externe. Le Mate X7 reste parfaitement lisible même en plein soleil, avec une réflectance bien maîtrisée qui limite les reflets gênants.
On note le support du standard HDR Vivid (une alternative dynamique au HDR10, optimisant le contraste scène par scène), mais l’absence de certification Widevine L1 maximale bloque Netflix et consorts en qualité standard, un comble à ce prix.

Enfin, abordons le sujet qui fâche souvent sur les pliants : la pliure. Sur le Mate X7, grâce à une charnière en acier de nouvelle génération (supportant une pression de 2350 MPa) et un écran renforcé par une structure composite à trois couches, la pliure est devenue presque un mythe. Elle se ressent très légèrement au passage du doigt, mais face à l’écran allumé, elle est strictement invisible.
Verdict
Le Huawei Mate X7 offre une expérience visuelle de premier ordre grâce à ses deux dalles OLED LTPO fluides et extrêmement lumineuses, garantissant une lisibilité parfaite même en plein soleil. Si l’on salue le confort oculaire apporté par la gradation PWM haute fréquence et une pliure interne quasiment invisible à l’usage, on regrette toutefois l’absence de certification Widevine L1, qui limite la qualité de streaming sur les plateformes majeures. C’est un écran d’exception pour la productivité et la navigation, légèrement freiné par des contraintes logicielles pour le divertissement pur.
Performances
Au cœur du terminal bat le processeur maison Kirin 9030 Pro. En raison de l’embargo américain empêchant l’accès aux fondeurs taïwanais (TSMC), cette puce est gravée en 6 nanomètres par l’entreprise chinoise SMIC. Avec ses 6 nm, Huawei accuse trois générations de retard.

L’architecture interne se compose de 9 cœurs de calcul, dont un cœur principal cadencé à un modeste 2,75 GHz, bien loin des puces de ses rivaux. Le processeur est épaulé par 16 Go de mémoire vive et du stockage UFS. Si la quantité de RAM est généreuse, elle ne masque pas la faiblesse brute du CPU.
Les benchmarks sont sans appel. Sur Geekbench, le Mate X7 affiche des scores comparables à un smartphone milieu de gamme, soit une puissance inférieure de moitié à celle du Galaxy Z Fold 7. Le processeur graphique (GPU) Maleoon 935 apporte certes un gain de 75 % par rapport à la génération précédente, mais il demeure incapable de gérer des technologies modernes comme le Ray Tracing.
Au global, le Mate X7 est bon dernier des smartphones pliables de 2026 en termes de performances. Même un vieux Honor Magic V2 fait mieux avec son Snapdragon 8 Gen 2. Pire, en 2026, on atteint la même moyenne de performances avec un smartphones à 600 euros, le Realme 16 Pro Plus.

Mais le véritable problème réside dans la gestion thermique, ou « throttling ». Lors de nos stress tests poussés, le Mate X7 s’est écroulé, en affichant une stabilité de seulement 54,6 % sur Wild Life, et chutant à un dramatique 33 % en position pliée. La chaleur peine à se dissiper dans ce châssis ultra-fin de 4,5 mm. Étonnamment, le smartphone fait presque un sans faute sur CPUThrottlingtest pendant presque tout le benchmark, avant que les performances ne chutent dans les dernières minutes.
Pourtant, paradoxalement, le ressenti réel au quotidien est bien moins catastrophique. Pour de la navigation web, du multitâche ou de la vidéo, le téléphone reste fluide et réactif. L’interface est remarquablement bien optimisée pour masquer ces lacunes.
Cependant, lancez un jeu très gourmand comme Genshin Impact avec les graphismes au maximum, et les saccades apparaîtront très rapidement, accompagnées d’une chauffe sensible au dos de l’appareil. Les ouvertures d’applications lourdes prennent également une fraction de seconde de plus que sur un flagship concurrent.
Sur Wild Rift, nous avons observé un comportement que nous n’avions encore jamais vu jusqu’à là. En qualité Moyenne, le jeu parvient à atteindre les 120 FPS sur l’écran externe, mais plafonne à 90 FPS sur l’écran interne, alors qu’il affiche pourtant une version « zoomée » du jeu pour remplir tout l’écran.
Verdict
C’est le principal talon d’Achille du Mate X7. Brider par les restrictions technologiques, son processeur Kirin 9030 Pro accuse plusieurs générations de retard face à la concurrence, se traduisant par des scores bruts dignes d’un smartphone de milieu de gamme. Si l’interface reste fluide pour un usage quotidien classique grâce à une excellente optimisation logicielle, la gestion thermique et le throttling limitent sérieusement les sessions de jeu intensives. En somme, le Mate X7 est un outil de productivité élégant, mais il n’est clairement pas taillé pour le gaming de haut niveau.
Logiciel
Le Huawei Mate X7 est animé par la surcouche logicielle EMUI 15. La première pilule difficile à avaler est que ce système est basé sur le code open source (AOSP) d’Android 12, une version de l’OS de Google sortie fin 2021. En termes de modernité du noyau, c’est un véritable bond en arrière de cinq ans. De plus, les sanctions obligent Huawei à faire l’impasse sur les Google Mobile Services (GMS), ce qui signifie ni Play Store, ni Google Maps, ni Gmail préinstallés.
Heureusement, l’ergonomie globale d’EMUI 15 reste excellente. L’interface ressemble à s’y méprendre à iOS d’Apple ou à HyperOS de Xiaomi, avec de larges dossiers dynamiques et un système de widgets très intuitif. L’exploitation du grand écran pliant est une franche réussite : le multitâche est fluide, permettant de scinder l’écran verticalement ou horizontalement avec des ratios ajustables, tout en ajoutant des fenêtres flottantes par-dessus.
La transition d’une application de l’écran externe vers l’écran interne, ou inversement, est mieux gérée que sur le Mate X6 où l’on pouvait voir des comportements différents suivant quand l’application avait été ouverte. Cependant, sur certains jeux, on constate toujours que la transition n’est pas parfaite visuellement.

Pour pallier l’absence du Play Store officiel, l’utilisateur devra se tourner vers des alternatives comme l’AppGallery de Huawei ou l’Aurora Store. (L’Aurora Store est un client open-source non officiel qui se connecte directement aux serveurs de Google pour télécharger les applications Android habituelles).
Si l’interface est propre et le catalogue identique, l’illusion a ses limites. Les mises à jour automatiques sont souvent capricieuses, et surtout, il est très complexe de restaurer vos applications payantes ou d’effectuer des achats in-app (les achats intégrés au sein d’une application) sans risquer des dysfonctionnements liés aux DRM de Google.
Une fois vos applications téléchargées, encore faut-il qu’elles acceptent de se lancer sans broncher, et c’est ici qu’entre en scène MicroG. (MicroG est une réécriture libre et open-source des Services Google Play, ces rouages invisibles mais indispensables qui gèrent la localisation, les notifications ou l’authentification sur 99 % des smartphones Android).
Pour tromper des applications exigeantes comme Uber ou WhatsApp, le système utilise le Signature Spoofing (l’usurpation de signature, une technique permettant à MicroG de se faire passer pour le sceau officiel de Google). Si la prouesse technique est admirable, elle repose sur un château de cartes logiciel fragile.
Alors oui, c’est pratique, car on peut synchroniser nos photos avec le cloud de Google, synchroniser Google Chrome avec d’autres appareils ou encore retrouver notre progression instantanément au lancement d’un jeu lorsqu’une sauvegarde Google existe.
Mais pour l’utilisateur intensif de l’écosystème américain, la transition s’apparente à un parcours du combattant quotidien. Il nous a notamment été impossible de récupérer nos mots de passe sauvegardés dans le gestionnaire de Google, car l’appareil ne pouvait pas être vérifié. Et ceci même en essayant d’installer des APK plus anciennes ou plus récentes de Micro G et de Chrome que celles qui étaient proposé sur l’Aurora Store.
Impossible aussi de payer avec Google Pay ou d’utiliser Android Auto pour répliquer votre GPS sur l’écran de votre voiture, ces fonctions nécessitant des autorisations système profondes inaccessibles à MicroG. Quelques petites choses qui pourraient vite devenir rédhibitoires pour beaucoup de monde, tant il faut d’efforts pour s’adapter et transférer ses données manuellement.
Du côté de l’intelligence artificielle, le bât blesse également. Alors que la concurrence déploie des fonctionnalités génératives impressionnantes (retouche magique, traduction en temps réel, résumés intelligents), le Mate X7 en version globale est singulièrement vide. Son assistant vocal Celia est basique, et les fonctions de manipulation d’image se limitent à une gomme magique rudimentaire dans la galerie. Pire encore, Huawei ne s’engage sur aucune politique de mise à jour claire à long terme, là où Samsung ou Google promettent désormais 7 ans de suivi logiciel.
Verdict
L’expérience utilisateur sur le Mate X7 est un mélange de frustration et d’ingéniosité. Si l’interface EMUI 15 est un modèle d’ergonomie et de fluidité pour le multitâche, elle repose sur une base Android datée et souffre cruellement de l’absence des services Google officiels. Malgré les efforts de solutions alternatives comme MicroG pour simuler un environnement Google, l’utilisateur doit composer avec un château de cartes logiciel fragile : paiements sans contact impossibles, Android Auto absent et fonctions d’IA quasi inexistantes. En l’absence d’une politique de mise à jour claire, le Mate X7 s’adresse avant tout à un public technophile prêt à sacrifier le confort de l’écosystème Google pour un matériel d’exception.
Photo
Huawei a toujours traité la photographie comme une priorité absolue, et le Mate X7 hérite d’un matériel digne des meilleurs photophones. Sur le marché des pliants (souvent limités par la place disponible), cette configuration est l’une des meilleures.
- Grand-angle (Principal) : 50 mégapixels, capteur massif de 1/1.28″, pixels de 0.89 µm, ouverture variable mécanique de f/1.5 à f/4.0, autofocus laser, stabilisation optique (OIS).
- Ultra grand-angle : 40 mégapixels, équivalent 13 mm, ouverture f/2.2, avec Autofocus (permettant la macro).
- Téléobjectif : 50 mégapixels, équivalent 84 mm (zoom optique x3,5), objectif périscopique vertical, ouverture lumineuse f/2.2, stabilisation optique (OIS).
- Capteurs frontaux (Selfie) : 8 mégapixels f/2.4 (écran externe) et 8 mégapixels f/2.2 (écran interne).
- Capteur colorimétrique : Spectromètre à 1,5 million de canaux pour assurer la justesse des teintes.
Grand-angle
De jour, le capteur principal utilise une matrice RYYB (où les sous-pixels verts classiques sont remplacés par des jaunes, ce qui capture théoriquement 40 % de lumière en plus). Les clichés en 12 mégapixels sont vibrants, dotés d’un excellent piqué. L’ouverture variable mécanique est la star du show. Le système ajuste ceci automatiquement avec brio.
De nuit, ce grand capteur est incroyable. Les textures urbaines sombres sont restituées avec une bonne définition et un bruit numérique inexistant, aidé par un excellent traitement algorithmique. Seul bémol : la balance des blancs est parfois capricieuse, tirant la plupart du temps vers des couleurs chaudes.
Ultra grand-angle
De jour, la dynamique est excellente, mais on remarque parfois que les couleurs sont plus chaudes que sur le capteur grand-angle. Le ciel n’est jamais « brûlé » et les zones d’ombre gardent des détails. La déformation sur les bords est remarquablement bien corrigée par le logiciel.
De nuit, il reste très exploitable, conservant un bon niveau de détail, bien que les soucis d’inconstance colorimétrique mentionnés sur le capteur principal y soient encore plus flagrants d’une photo à l’autre.
Zoom
En zoomant en x2 avec le capteur principal, ce dernier parvient à conserver un très bon niveau de détails. Mais c’est ce nouveau module périscopique vertical x3,5 est un bijou d’ingénierie optique de jour. La clarté des clichés est fantastique, reléguant le zoom numérique au placard. Même en poussant le zoom jusqu’à x10, les clichés restent exploitables. Le Huawei Mate X7 nous laisse zoomer numériquement jusqu’à x100.
Hélas, de nuit, c’est tout juste correct. L’algorithme de lissage de Huawei devient trop agressif pour compenser le manque de lumière, transformant parfois les textures fines en bouillie de pixels.
Portrait
Les portraits capturés au capteur principal ou au téléobjectif sont sublimes. Le détourage des sujets (cheveux, lunettes) est chirurgical. Les tons de peau sont flatteurs sans tomber dans le lissage artificiel.


Selfies
Quant aux selfies, les capteurs de 8 mégapixels intégrés aux écrans font un travail honnête avec une bonne plage dynamique.


Cependant, comme souvent, l’astuce ultime consiste à déplier le téléphone pour utiliser les puissants capteurs arrière tout en se cadrant sur l’écran extérieur pour obtenir une bien meilleure qualité.


Vidéo
Le Mate X7 enregistre en 4K à 60 images par seconde sur tous ses capteurs arrière. La stabilisation combinée (optique matérielle + électronique logicielle) est bonne, effaçant totalement les tremblements de la marche. L’Ultra HDR vidéo permet de conserver un contraste saisissant même face au soleil. En revanche, la captation audio via les micros plafonne, manquant d’ampleur lors d’enregistrements en environnement bruyant.
Verdict
Le Huawei Mate X7 s’impose comme l’un des meilleurs photophones pliables du marché grâce à un équipement matériel de haut vol. Son capteur principal à ouverture variable et son téléobjectif périscopique x3,5 délivrent des clichés détaillés et vibrants, excellant particulièrement dans l’exercice du portrait et de la macro. Si la gestion de la balance des blancs et le lissage nocturne sur le zoom montrent quelques signes d’inconstance, la polyvalence globale et la qualité de la stabilisation vidéo placent cet appareil bien au-dessus de la moyenne de sa catégorie.
Audio
Le Huawei Mate X7 embarque deux haut-parleurs stéréo placés en haut et en bas de l’appareil. Lorsque le téléphone est déplié, cette configuration crée un rendu asymétrique, le son semblant légèrement déséquilibré selon la façon dont vous tenez le smartphone en mode tablette.

Le volume maximal est très bon, suffisant pour sonoriser une petite pièce sans saturer. La restitution sonore offre des fréquences aiguës très cristallines et des basses étonnamment percutantes pour un châssis si fin.
Toutefois, le mixage global manque de chaleur : les voix sonnent un peu plat, limitant l’immersion lors du visionnage de films riches en dialogues. L’expérience reste globalement très satisfaisante pour des vidéos YouTube ou des podcasts, mais les audiophiles préféreront y appairer des écouteurs sans fil de qualité.
Réseau et communication
Côté connectivité, le constat est frustrant. L’embargo américain bride ce smartphone à la 4G LTE en Europe, le privant de la 5G. Il se rattrape néanmoins en local avec le Wi-Fi 7 (débits maximisés) et le Bluetooth 6.0, assurant des connexions sans fil de dernière génération.
Batterie
Le domaine de l’énergie est aussi l’un des points forts absolus du Huawei Mate X7. Le constructeur a réussi le tour de force d’intégrer une batterie massive de 5 600 mAh dans un châssis aussi fin. Pour y parvenir, Huawei utilise la technologie des batteries au Silicium-Carbone.

En usage mixte quotidien, l’appareil encaisse sans sourciller une grosse journée de travail, incluant plusieurs heures de streaming vidéo sur Netflix et de la prise de photos. Seul le jeu 3D intensif fait fondre la batterie prématurément, la faute à la gravure en 6 nm peu efficiente du processeur.
Bien que le chargeur ne soit pas inclus dans la boîte (une mauvaise habitude de l’industrie), le terminal accepte la charge filaire rapide « SuperCharge » à 66 Watts, ainsi que la charge sans fil à 50 Watts.
La courbe de charge est rectiligne et véloce : en partant de 0 %, il ne faut que 15 minutes pour regagner près de 50 % d’autonomie. La barre des 80 % est atteinte en 30 minutes, et une charge complète s’effectue en près de 45 minutes.
Verdict
Le Huawei Mate X7 parvient à loger une batterie massive de 5 600 mAh dans son châssis ultra-fin grâce à la technologie Silicium-Carbone. Si le processeur daté peut se montrer énergivore en jeu, l’appareil assure une excellente endurance en usage mixte, couvrant largement une journée intensive. La charge rapide 66 W et sans fil 50 W vient parfaire ce tableau, offrant une récupération d’énergie véloce et intelligente. Huawei signe ici l’un des pliables les plus endurants et rapides à charger du marché.
Prix et disponibilité
Le Huawei Mate X7 a été commercialisé en Europe au tarif astronomique de 2 099 euros pour son unique version équipée de 16 Go de mémoire vive et 512 Go de stockage interne, avant d’être réduit à 1999 euros.
C’est un prix qui le place d’emblée dans la stratosphère des terminaux ultra-luxueux. Ce positionnement tarifaire est d’autant plus difficile à digérer que la marque souffre de limitations techniques majeures, notamment l’absence de compatibilité avec les réseaux 5G occidentaux.
À ce niveau de prix, le consommateur s’attend légitimement à une fiche technique sans le moindre compromis.

La confrontation avec le marché actuel rend ce tarif encore plus périlleux. Son principal rival, le Samsung Galaxy Z Fold 7, se négocie souvent à plusieurs centaines d’euros de moins.
Bien que le modèle sud-coréen soit peut-être un peu moins audacieux sur le plan photographique, il offre une tranquillité d’esprit totale avec une interface aboutie, la puissance d’un Snapdragon 8 Elite et un accès natif à tout l’écosystème Google.
Demander près de 2000 euros pour le Mate X7 relève donc d’un pari audacieux, réservé aux inconditionnels de la marque.
Verdict
Sur le plan purement matériel, Huawei livre un véritable chef-d’œuvre d’ingénierie : un châssis d’une finesse et d’une robustesse inégalées, une autonomie remarquable portée par une batterie Silicium-Carbone, et un équipement photographique qui redéfinit les standards de la catégorie des pliables.
Cependant, il est impossible de fermer les yeux sur l’archaïsme de son moteur interne. Le processeur Kirin, gravé en 6 nm, s’essouffle bien trop vite sous la charge et chauffe exagérément, indigne d’un tarif fixé à plus de 2000 euros. S’ajoutent à cela un socle Android poussiéreux, l’absence des services Google natifs requérant de perpétuelles bidouilles logicielles, un manque cruel de fonctionnalités liées à l’intelligence artificielle générative et l’absence de 5G. Ce produit s’adresse donc exclusivement aux technophiles avertis, amoureux de beaux objets et prêts à faire des compromis sur la praticité logicielle pour obtenir les meilleurs clichés possibles sur un format pliant.
Face à lui, le marché est impitoyable. Le Honor Magic V5, qui sera bientôt remplacé par le Honor Magic V6 offre un design luxueux similaire et une polyvalence photo comparable, mais avec un processeur surpuissant, des services Google natifs et un tarif bien plus agressif.
De son côté, le Samsung Galaxy Z Fold 7 reste la valeur refuge par excellence. Bien qu’il soit un peu plus épais et moins audacieux en photographie, son interface multitâche est inégalable, son processeur est à la pointe de la technologie, son écosystème d’IA est déjà mature et il coûte plusieurs centaines d’euros de moins.
Le Huawei Mate X7 reste un bel objet pour les technophiles avertis, mais un choix déraisonnable pour le commun des mortels.





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