La première fois que j’ai croisé le Roomba Mini, c’était au Japon, au hasard d’un rayon de grand magasin. Là-bas, les mini-robots aspirateurs sont monnaie courante et les références se comptent par dizaines, logements compacts obligent.

En France, le segment reste confidentiel. SwitchBot l’a longtemps occupé seul avec ses K10+, K10+ Pro et K11+, avant qu’Ecovacs ne rejoigne la partie avec son excellent Deebot Mini.

Ce lancement intervient dans un contexte très particulier pour la marque américaine. iRobot est passé sous pavillon chinois avec le rachat par Shenzhen Picea Robotics, qui a sorti l’entreprise de son dépôt de bilan fin 2025. Depuis, le nouveau propriétaire a relancé la gamme Roomba avec huit modèles et des prix en baisse. Le Roomba Mini est l’une des vitrines de cette renaissance.
iRobot arrive donc en troisième larron, avec un argument de poids, ou plutôt de gabarit : le Roomba Mini serait, selon le constructeur, le plus petit robot aspirateur du monde. La marque n’est pas née de la dernière pluie, elle a lancé son premier Roomba en 2002. Reste que ce format record s’accompagne de compromis, et certains pèsent plus lourd que d’autres.
Fiche technique
| iRobot Roomba Mini | |
|---|---|
| Dimensions | 24,5 × 24,5 × 9,2 cm |
| Poids | Environ 2 kg |
| Puissance d’aspiration annoncée | 7 000 Pa |
| Autonomie annoncée | Environ 90 minutes |
| Temps de charge annoncé | 3 heures |
| Franchissement de seuil | 1,3 cm |
| Bac à poussière | 200 mL |
| Navigation | Télémètre laser ClearView LiDAR, détection des tapis |
| Base AutoEmpty | |
| Dimensions | 21,2 × 17,8 × 28,5 cm |
| Poids | 2,03 kg |
| Sac à poussière | 2,5 L, jusqu’à 90 jours selon iRobot |
| Fonctions | |
| Lavage | Lingette jetable fixée sous le robot |
| Connectivité | Wi-Fi, Alexa, Siri, Google Assistant |
| Coloris | Menthe, noir, blanc, rose |
Design : le plus petit du monde, vraiment
Le Roomba Mini porte bien son nom. Avec un diamètre de 24,5 cm, il se glisse sous la barre du SwitchBot K11+ (24,8 cm) et de l’Ecovacs Deebot Mini (25,6 cm), là où un robot aspirateur classique tourne autour de 35 cm. Côté hauteur, ses 9,2 cm le placent entre le K11+ (9,02 cm) et le Deebot Mini (9,98 cm). Concrètement, il passe sous des meubles bas qui restent hors de portée de la plupart des robots du marché, et c’est bien tout l’intérêt de ce format.

Le poids plume, environ 2 kg, facilite les déplacements d’une pièce ou d’un étage à l’autre. iRobot soigne aussi la présentation, avec quatre coloris au choix : menthe, noir, blanc et rose. Une touche de fantaisie bienvenue dans un univers dominé par le blanc et le gris anthracite, qui rappelle que ce robot a d’abord été pensé pour des intérieurs où il restera visible en permanence.

Sur le dessus, un dôme abrite le télémètre laser ClearView LiDAR, chargé de la cartographie et de la navigation.

Dessous, iRobot a fait des choix plus radicaux : une seule brosse principale, épaulée par une brosse latérale, et un bac à poussière de 200 mL seulement.

Cette brosse unique peut pénaliser le robot sur les tapis épais ou dans les foyers avec beaucoup de poils d’animaux. La boîte contient tout de même un outil coupe-cheveux pour dégager la brosse, ainsi que 30 lingettes de lavage jetables, nous y reviendrons.

La base : minuscule elle aussi, mais limitée à l’autovidange
La station AutoEmpty joue la même partition que le robot : 21,2 cm de large, 17,8 cm de profondeur et 28,5 cm de haut, pour 2,03 kg. C’est à peine plus encombrant qu’une cafetière. À titre de comparaison, la base du Deebot Mini affiche 32 × 38,5 × 40 cm, mais elle gère aussi l’eau propre, l’eau sale et le lavage de la vadrouille. Ici, la philosophie se rapproche de celle du SwitchBot K11+ : la station se contente de recharger le robot et de vider son bac à poussière.

Le sac de 2,5 L promet jusqu’à 90 jours de tranquillité selon iRobot. Une estimation constructeur à prendre avec du recul : dans un foyer animé, avec enfants ou animaux, la réalité sera forcément en dessous.

L’absence de tout circuit d’eau s’explique simplement, le Roomba Mini n’a pas de vrai système de lavage à entretenir. C’est cohérent, mais le produit reste moins ambitieux que son rival d’Ecovacs.
Application et gestion : l’essentiel, sans fioritures
Le Roomba Mini se pilote via l’application Roomba Home. L’appairage Wi-Fi est guidé pas à pas et la cartographie initiale se déroule sans accroc.
Au quotidien, l’application couvre l’essentiel : nettoyage d’une pièce précise, nettoyage ciblé d’une zone, planification de cycles réguliers et zones d’exclusion, que la journaliste décrit comme faciles à définir avec précision et bien respectées par le robot.
Une limite mérite d’être connue avant l’achat : la planification ne concerne que l’aspiration. Impossible de programmer un lavage, puisque celui-ci exige une manipulation physique sur le robot.
Côté suivi logiciel, iRobot n’a pas communiqué d’engagement précis sur la durée des mises à jour du Roomba Mini, un point à surveiller alors que la marque vient de changer de propriétaire. La disponibilité des pièces détachées (brosse, lingettes, sac AutoEmpty) et le prix des recharges pèseront aussi dans le coût réel sur plusieurs années.
Navigation et obstacles : à l’aise partout, sauf avec les câbles
Le télémètre laser ClearView fait du bon travail, la navigation est fiable, y compris dans des pièces peu éclairées, un avantage classique du LiDAR sur les systèmes à caméra.
La méthode de nettoyage est éprouvée : le robot commence par les bords de la pièce, puis couvre le centre en passes régulières. Malgré tout, la couverture du sol est excellente, avec très peu de zones oubliées.
Le format compact prend ici tout son sens. Le Roomba Mini se faufile entre les pieds d’une chaise de bureau, contourne les meubles sans accrocher et se dégage seul quand il se coince, par exemple contre le pied d’un tabouret, rapporte Sabrina Sahota. Sur plusieurs semaines de test, elle n’a dû intervenir qu’une seule fois, pour un retour à la base raté.
Les câbles restent le point noir. Le robot ne les détecte pas et fonce dedans, il s’est retrouvé prisonnier d’un nid de fils sous mon bureau. La parade existe, les zones d’exclusion, mais elle demande un peu de discipline dans la configuration de la carte.
Aspiration : correcte au quotidien, bruyante en permanence
Avec 7 000 Pa annoncés, le Roomba Mini se place entre le SwitchBot K11+ (6 000 Pa) et l’Ecovacs Deebot Mini (9 000 Pa). Sur le terrain, les retours convergent.

L’aspiration est correcte pour l’entretien courant, surtout sur sols durs et petits tapis. J’ai tenté plusieurs essais, comme de la farine renversée sur un carrelage : la brosse latérale a ramené la poudre dans la trajectoire du robot au lieu de la disperser, et le sol est ressorti propre en un passage.

Sur moquette et tapis fins, le robot reste efficace, au prix d’un niveau sonore qui grimpe. Les tapis épais, en revanche, sont à proscrire : lors de notre test, la brosse s’est emmêlée dans les poils longs (voir plus haut). Aucune brosse de rechange n’est fournie, c’est quand même dommage.

Le bruit, justement, est le vrai talon d’Achille de ce robot. Notre sonomètre a relevé 70 dB en fonctionnement, un niveau très élevé pour la catégorie. Le Deebot Mini, à titre de comparaison, plafonnait à 58 dB à un mètre lors de notre test. Difficile de le laisser tourner pendant un appel en visioconférence ou une sieste. L’autovidange est elle aussi particulièrement sonore, presque aussi bruyante qu’un aspirateur classique lancé à pleine puissance.

Reste l’autonomie, annoncée à environ 90 minutes. C’est peu, la faute à une batterie forcément réduite par le gabarit. Chez nous, le robot a couvert trois pièces sur cinq avant de repasser sous les 21 % de batterie, de retourner se recharger, puis de reprendre le cycle là où il s’était arrêté. Le mécanisme de reprise fonctionne bien, mais un nettoyage complet d’un logement moyen peut ainsi s’étirer sur plusieurs heures, recharge comprise. Dans un studio ou un deux-pièces, la cible réelle de ce robot, le problème ne se posera pas.
Lavage des sols : un retour dix ans en arrière
C’est ici que le Roomba Mini décroche face au Deebot Mini. Pas de patins rotatifs, pas de bac à eau, pas de station de lavage : le nettoyage humide repose sur une lingette jetable en microfibre que l’on fixe manuellement sous le robot, comme sur les robots laveurs d’il y a dix ans. Trente lingettes sont fournies dans la boîte, ensuite il faudra racheter des recharges, avec le coût récurrent et les déchets que cela implique.
Autre contrainte, et pas des moindres : une fois la lingette en place, l’aspiration est désactivée. Impossible donc d’aspirer et de laver dans le même cycle, et impossible de programmer un lavage à distance puisque tout passe par cette manipulation physique. Le robot détecte au moins les tapis pour éviter de les humidifier au passage, c’est toujours ça.
Le lavage tient ses maigres promesses. La lingette a bien récupéré la poussière fine, mais a laissé des traces visibles sur le carrelage. Ce lavage basique ne remplace donc pas un vrai nettoyage humide. Considérez cette fonction comme un dépannage entre deux coups de serpillière, rien de plus. Si le lavage compte vraiment pour vous, le Deebot Mini et ses patins rotatifs lavés à l’eau chaude jouent dans une autre catégorie.
Prix et disponibilité
L’iRobot Roomba Mini est commercialisé au prix officiel de 399 €, en coloris menthe, noir, blanc ou rose.
À 100 € de plus, l’Ecovacs Deebot Mini offre un vrai lavage à patins rotatifs et une station complète avec gestion de l’eau. Le calcul change nettement lors des promotions, qui font régulièrement passer le Roomba Mini sous les 300 €. À ce prix, il devient une option sérieuse pour un petit logement.
L’autre alternative du segment est le SwitchBot K11+, positionné sur la même philosophie, aspiration compacte et autovidange, mais avec une puissance inférieure.
N’hésitez pas à passer une tête sur notre guide des meilleurs aspirateurs robots pour comparer avec le reste du marché.
Pour aller plus loin
Meilleurs aspirateurs robots 2026 : notre sélection testée et recommandée





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