Nacon se déclare en cessation de paiement : pourquoi et quelles suites pour l’éditeur français ?

 
En marge des nombreux déboires d’Ubisoft, l’industrie française du jeu vidéo assiste cette semaine à une nouvelle avarie, celle de l’éditeur Nacon, filiale de BigBen Interactive, qui a demandé hier son placement en redressement judiciaire.
Lancé en septembre dernier, le jeu Hell is Us, développé par le studio canadien Rogue Factor, est le dernier gros projet en date à avoir été édité par Nacon // Source : Rogue Factor / Nacon

Les difficultés financières de BigBen Interactive, actuellement en défaut de paiement, pourraient bien entraîner sa filiale Nacon par le fond. On apprend de France Info que l’éditeur a annoncé hier être en cessation de paiements et qu’il a par conséquent demandé son placement en redressement judiciaire.

« À ce jour, la Société fait état d’actifs disponibles ne lui permettant pas de faire face à son passif exigible. Dans ce contexte, la Société va, dès aujourd’hui, procéder à une déclaration de cessation des paiements auprès du Tribunal et solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire », lit-on dans un communiqué partagé dans la foulée par Nacon.

« Cette procédure permettra à la Société de continuer son activité, renégocier ses créances et élaborer un plan de continuation crédible et efficace », explique l’éditeur d’Hell is Us, RoboCop : Rogue City, Styx Blades of Greed ou encore Test Drive Unlimited.

Nacon, un éditeur qui pèse lourd dans l’industrie française du jeu vidéo…

Contacté par l’AFP suite à cette annonce, le Syndicat des travailleurs du jeu vidéo (STJV) accueille paradoxalement la mise en redressement judiciaire de Nacon avec une pointe d’optimisme, estimant que cette procédure pourrait constituer une opportunité « d’enfin changer la direction du groupe pour repartir sur des bases de travail saines ».

« Les représentant.es du personnel alertent depuis des années [sur le fait] que le groupe et ses studios vont dans le mur », commente le STJV, évoquant les mauvaises conditions de travail dénoncées depuis septembre 2024 par les représentants d’au moins deux studios détenus par l’entreprise : Spiders et Kylotonn, alors en grève.

L’éditeur français Nacon se déclare en cessation de paiement et demande l’ouverture d´une procédure de redressement judiciaire.

Gauthier 'Gautoz' Andres (@gautoz.cool) 2026-02-25T08:05:47.443Z

Numéro 3 au rang des plus gros éditeurs français de jeu vidéo, après Ubisoft et Pullup, Nacon réunit au total 16 studios de développement, dont les français Spiders, Cyanide et Kylotonn, souligne France Info. Le groupe, basé à Lesquin (dans le Nord), emploie actuellement plus d’un millier de collaborateurs.

Comme évoqué plus haut, l’annonce de Nacon intervient dans le cadre bien précis des importantes difficultés financières rencontrées par sa maison mère, le français BigBen Interactive, surtout connu pour ses périphériques et accessoires. Depuis le 19 février, la firme se trouve dans l’impossibilité de rembourser une échéance de prêt d’environ 43 millions d’euros.

En difficulté depuis de longs mois, l’entreprise est percutée, elle aussi, par la crise qui traverse le secteur du jeu vidéo. Ce contexte défavorable a aussi un impact sur la stratégie de très grands groupes, comme la branche Xbox de Microsoft, qui a récemment subi un changement de direction aussi radical que soudain.


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