Uber : des robotaxis en Europe dès 2026

Le pari sans lidar

 
Uber a profité de la conférence Nvidia GTC Taipei pour officialiser une alliance avec l’éditeur israélien Autobrains et le fondeur californien. Objectif : faire rouler des robotaxis dans Munich d’ici fin 2026, sans le moindre lidar.

L’annonce est tombée ce 1er juin à Taipei, en marge de la grand-messe IA de Nvidia. Trois acteurs sur la même feuille de route : Uber, Autobrains et Nvidia veulent ouvrir un service de taxis autonomes à Munich avant la fin de l’année, sous réserve du feu vert du régulateur allemand.

Uber apporte sa plateforme de VTC, Autobrains le logiciel de conduite, Nvidia la puce embarquée (la plateforme DRIVE Hyperion, conçue pour la conduite autonome de niveau 4).

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Côté matériel, c’est l’inverse de la cathédrale technologique de Waymo. Six caméras standard et des images aériennes en guise de carte vivante, pas de lidar (ces capteurs laser qui coiffent les Jaguar I-Pace de Waymo et coûtent plusieurs milliers d’euros pièce). Au-dessus, une intelligence artificielle dite « agentique » : au lieu d’un seul gros modèle qui décide de tout, plusieurs agents logiciels se partagent les tâches, détection des piétons, gestion des priorités, anticipation des trajectoires, et un système central tranche en temps réel. Le niveau 4 désigne ici une autonomie complète, mais limitée à des zones géographiques bien définies (typiquement le centre-ville).

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Convaincre le passager qu’il peut lâcher prise

Pour rassurer, la voiture annonce vocalement ses manœuvres : changement de voie, dépassement, freinage marqué. Petite astuce psychologique, mais qui change beaucoup : on accepte mieux ce que la machine fait quand elle prévient. Un conducteur de sécurité restera assis derrière le volant durant les six premiers mois, prêt à reprendre la main, et l’Autorité fédérale des transports automobiles (KBA) a déjà homologué un premier véhicule d’essai.

Le choix de Munich n’a rien d’un hasard : Igal Raichelgauz, CEO d’Autobrains, voit dans le trafic dense bavarois et le cadre réglementaire allemand un terrain d’épreuve réplicable ailleurs.

Le pari inverse de Waymo

Là où Waymo bourre ses voitures de lidars, de radars et de puces sur-mesure, et déploie déjà ses robotaxis à Londres pour sa première offensive européenne, le trio Uber/Autobrains/Nvidia mise sur des capteurs standards intégrables à n’importe quelle voiture de série.

La promesse : un système « OEM-agnostique », que les constructeurs pourraient glisser dans leurs flottes existantes sans repartir d’une feuille blanche.

Uber, qui avait abandonné ses propres développements après un accident mortel impliquant un véhicule d’essai en Arizona en 2018, vit désormais d’alliances : Autobrains à Munich, Wayve à Londres, et Lucid associé à Nuro pour son projet premium dévoilé au CES 2026. En face, Lyft pousse ses propres robotaxis avec le chinois Baidu sur l’Allemagne et le Royaume-Uni à la même échéance.

Sur le papier, l’approche « caméras + IA agentique » promet une mise à l’échelle plus rapide et moins chère que la débauche de capteurs de Waymo. Reste l’épreuve du trafic réel d’une grande ville européenne, c’est précisément ce que les six mois sous surveillance humaine vont mesurer. En cas de succès, Autobrains vise 20 autres villes européennes d’ici 2028, un calendrier agressif que personne ne peut sérieusement garantir aujourd’hui.


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