Yann LeCun lance AMI : tout savoir sur la startup française d’IA qui veut ringardiser ChatGPT

 
Un milliard de dollars pour une série A. C’est ce que vient de décrocher AMI, la nouvelle aventure de Yann LeCun. Cette startup française veut sortir l’IA de sa bulle textuelle pour lui apprendre comment fonctionne réellement le monde physique, loin du blabla des chatbots.
Yann LeCun, ancien chef de la division IA chez Meta // Crédit : École polytechnique – Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Yann LeCun se lance enfin. C’est le Français qui a co-inventé le deep learning et dirigé l’IA chez Meta, il est fraîchement libéré de ses obligations chez Meta. Quelques mois après son départ de Meta, il vient d’annoncer la création d’AMI (Advanced Machine Intelligence).

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Et pour démarrer, AMI vient de lever environ 900 millions d’euros (soit un milliard de dollars) pour son premier tour de table. En France, on n’avait jamais vu une série A aussi massive. On y trouve Nvidia, Samsung, Toyota et même Jeff Bezos ou encore Xavier Niel. Mais le plus intéressant, c’est l’ancrage français. Malgré des ambitions mondiales, le siège est à Paris.

A titre de comparaison, Mistral AI a récolté 1,7 milliard d’euros en série C (septembre 2025), ce qui reste la plus grosse levée unique en France à ce jour. 

Mais ne croyez pas qu’AMI est un énième clone de ChatGPT. Yann LeCun est lassé des LLM (Large Language Models). Selon lui, ces systèmes sont condamnés à rester « bêtes » car ils ne comprennent rien à la réalité physique. AMI veut donc créer des « modèles du monde ».

Pourquoi AMI peut ringardiser ChatGPT

Voici comment ça marche. Les modèles comme GPT-4 sont entraînés sur du texte. C’est brillant pour écrire des e-mails, mais c’est mauvais pour la robotique ou l’industrie.

L’approche de Yann LeCun s’appelle JEPA. Au lieu de prédire le mot suivant, l’IA observe des milliers d’heures de vidéo pour apprendre les lois de la physique. Elle apprend qu’un objet ne peut pas traverser un mur et qu’une action entraîne une réaction. Pour AMI, l’intelligence ne naît pas du langage, mais de la perception du réel.

Le but ? La robotique et l’industrie lourde. On ne parle pas ici d’un assistant pour rédiger vos e-mails, mais d’une intelligence capable de piloter des bras articulés avec une précision humaine ou de modéliser des moteurs d’avions. C’est là que se trouve la vraie valeur économique de cette nouvelle startup.

Contrairement aux géants américains qui ferment de plus en plus leurs modèles (OpenAI ne porte plus très bien son nom), AMI mise sur l’open source, à l’image de Mistral et de nombreux modèles chinois. Yann LeCun le martèle : l’IA est trop importante pour être verrouillée par une poignée de boîtes privées en Californie.

Le projet est risqué. On parle de recherche fondamentale qui mettra des années à devenir un produit grand public. Mais avec un milliard de dollars et le cerveau de Yann LeCun, ainsi qu’une équipe de chercheurs tous issus de Meta, la France vient de s’offrir un siège permanent à la table des décideurs de l’intelligence artificielle.


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