Abonnements IA : Claude donnerait cinq fois plus que ChatGPT

Cinq fois, vraiment ?

 
Dans une analyse publiée le 5 octobre 2026, le cabinet SemiAnalysis estime que les abonnements Claude d’Anthropic donnent environ cinq fois plus de valeur que ceux d’OpenAI sur les modèles de milieu de gamme.

C’est toujours obscur, ce qui se cache derrière les abonnements Claude et ChatGPT. Que l’on paye 20, 100, 200 et même 500 €, les limites sont assez abstraites.Et un cabinet américain a décidé d’analyser ce qui était offert aux utilisateurs.

Le cabinet américain SemiAnalysis a été fondé par Dylan Patel. Il est connu pour ses analyses sur les puces et les infrastructures de l’IA. Il a publié une étude intitulée « Anthropic Subscriptions Offer 5x+ More Value Than OpenAI ».

Rien que le nom de l’étude annonce le résultat. Si vous payez un assistant IA, Claude vous en donnerait cinq fois plus qu’OpenAI pour le même prix.

Ce chiffre ne concerne que les modèles intermédiaires. Les deux entreprises les présentent comme les outils de tous les jours. D’un côté, Claude Opus 5.5, 40 % moins cher à faire tourner que son prédécesseur. De l’autre, GPT-6.1 Sol. Sur les modèles haut de gamme, l’écart disparaît presque.

Avec un forfait à 200 dollars, OpenAI coupe l’accès après l’équivalent de 2 897 dollars d’utilisation de GPT-6 Astra (environ 2 600 euros). Chez Anthropic, Fable 5.1 ne peut utiliser que la moitié du quota. Mais après 2 485 dollars de Fable (environ 2 200 euros), il reste encore 50 % du forfait pour les autres modèles Claude.

Comment SemiAnalysis arrive à « cinq fois plus »

Les abonnements IA ne donnent aucun prix par jeton. Le jeton est l’unité de texte (un morceau de mot) que traitent les modèles. Les abonnements affichent seulement une jauge de 0 à 100 %, sur cinq heures et sur sept jours. Les analystes ont donc envoyé des requêtes en boucle. Chacune utilisait un seul type de jetons à la fois (texte envoyé, texte gardé en mémoire, texte généré). Ils ont ensuite regardé de combien la jauge montait. Pour remplir ces requêtes, ils ont pris des passages de Guerre et Paix (certains modèles refusent de traiter du charabia, Tolstoï passe mieux).

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Les analystes ont ensuite converti ces volumes en dollars, au prix catalogue de l’API. C’est le tarif que paient les développeurs qui achètent les jetons à l’unité. Toute l’étude repose sur cette « valeur équivalente API ».

Le scénario retenu est celui d’agents qui programment en autonomie. Les proportions de jetons sont celles que SemiAnalysis a consommées en septembre pour son propre travail.

OpenAI venait aussi de serrer la vis. Lors de sa conférence DevDay, le 29 septembre, l’entreprise a ramené le quota de son forfait Pro à 200 dollars de 20 à 10 fois celui de l’abonnement Plus. Elle a aussi lancé un forfait à 500 dollars (environ 445 euros).

Selon SemiAnalysis, ce nouveau forfait donne seulement 21 % de GPT-6 Astra en plus que l’ancien forfait à 200 dollars.

Vous l’aurez compris, ces forfaits sont vendus bien en dessous de ce qu’ils coûtent. SemiAnalysis estime que chez Anthropic, les abonnements rapportent 10 % du chiffre d’affaires. Pourtant, ils peuvent utiliser plus de 40 % de la puissance de calcul qui fait tourner les modèles. Ce poids s’ajoute aux comptes d’une entreprise qui dépense près de trois dollars pour chaque dollar gagné (et qui, côté recherche, plaide pour ralentir la course à l’IA).

Cinq fois plus, mais pour qui ?

La valeur équivalente API dépend des prix catalogue. Or le jeton d’Opus 5.5 coûte nettement plus cher que celui de GPT-6.1 Sol, ce qui gonfle mécaniquement le score de Claude.

SemiAnalysis affirme que l’écart reste « massif » quand on compte en jetons, mais son texte ne donne pas le chiffre. Le multiple change même d’un passage à l’autre : environ cinq fois plus au début de l’article, environ quatre fois plus quelques paragraphes plus loin.

Surtout, l’étude mesure le cas d’un développeur qui fait tourner des agents à plein régime jusqu’à vider son quota. Pour calculer les marges, SemiAnalysis juge pourtant plus réaliste une utilisation moyenne de 20 % du quota. Un abonné qui pose quelques questions par jour n’atteindra jamais la limite. C’est aussi le cas de celui qui demande à Claude de modifier un tableau directement dans Google Sheets. Pour eux, le multiple ne change rien.

Le cabinet ne mesure pas non plus l’efficacité des modèles, c’est-à-dire le nombre de jetons qu’il leur faut pour finir une même tâche. Un modèle qui en consomme moins fait plus de travail avec le même quota. SemiAnalysis admet que le secteur manque de données fiables sur ce point.

Les limites changent aussi sans prévenir. Pendant ses tests, SemiAnalysis a utilisé trois comptes chez un même fournisseur. L’un d’eux avait des limites inférieures d’environ 20 %. Le fournisseur, que le cabinet ne nomme pas, a confirmé un test A/B « extrêmement restreint ». Dans ce type de test, deux groupes d’utilisateurs reçoivent deux réglages différents.

Malgré tout, OpenAI garde un argument. Ses forfaits Pro n’ont pas de limite sur cinq heures, ce qui aide à consommer tout son quota du mois. Mais, selon SemiAnalysis, ça ne suffit pas à rattraper Opus 5.5.

Avant de changer d’abonnement, regardez donc ce que vous faites vraiment de votre assistant. Si un agent de programmation comme Claude Code ou Codex tourne chez vous toute la journée, l’étude donne un repère utile, valable au 5 octobre.

Pour un usage ponctuel, l’écart compte peu, et les versions gratuites se paient d’une autre façon. D’ailleurs, chez OpenAI, le quota des abonnés Pro 200 sera divisé par deux à partir du 30 octobre.


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