
Il y a quelques mois, les agents IA étaient encore un outil que les développeurs testaient avec espoir ou méfiance suivant les mentalités. Mais la situation semble avoir bien évolué : en septembre, ces outils étaient à l’origine de plus de 40 % des pull requests ouvertes sur GitHub, contre 17 % en mars.
Du moins selon les chiffres publiés par la plateforme à l’occasion d’Universe, et de son rapport annuel Octoverse, qui donnent tous deux la mesure du phénomène. Sur les douze mois achevés fin septembre, les développeurs ont poussé du code 17,9 milliards de fois, plus qu’en 2024 et 2025 réunis, détaille GitHub sur son blog.
Les commits, ces instantanés de modifications, ont atteint le nombre de 34,3 milliards, contre 12,9 milliards un an plus tôt. La courbe s’est surtout cabrée à partir de juin : en septembre, GitHub enregistrait environ six fois plus de commits qu’en septembre 2025. Une montée en charge qu’on a d’ailleurs pu observer (ou subir) cet été avec les « quelques » ralentissements de la plateforme.

Quatre millions de cœurs CPU de plus, et ça ne suffira pas
Pour suivre la cadence, GitHub a ajouté depuis janvier 4 millions de cœurs CPU à son infrastructure, 160 pétaoctets de stockage haute vitesse et 50 Tb/s de capacité réseau. Mais le volume de code n’est ici qu’une partie du problème : chaque commit ou pull request déclenche en effet une cascade de tâches automatisées (tests, vérifications de style, analyses de sécurité). GitHub Actions, l’outil d’automatisation maison, a ainsi exécuté 45,4 milliards de tâches en un an, plus de trois fois plus que l’an passé, soit 1 440 par seconde.
Empiler les serveurs ne suffirait donc plus. GitHub a dû revoir l’architecture de Git en simplifiant les briques de base, en séparant le stockage du calcul et en réduisant la coordination entre les systèmes. En parallèle, la plateforme bascule vers un déploiement multirégion sur Azure, le cloud de Microsoft, une migration qu’elle compte boucler début 2027.
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Plus de code ne veut pas dire plus de travail abattu
L’un des éléments les plus intéressants du billet de GitHub, c’est peut-être qu’il distingue le volume de code du travail « utile ». Les dépôts créés cette année et dotés d’un fichier de configuration pour agent affichent en moyenne huit fois plus de commits que les autres. Un écart qui en dit sans doute autant sur la propension des agents à multiplier les petites modifications que sur le travail réellement accompli. La plateforme le reconnaît d’ailleurs elle-même en ouverture de son billet : ce qui compte, c’est le travail terminé, pas la quantité de code.
Le travail fourni par les agents n’est toutefois pas à jeter : en septembre, 90 % de leurs pull requests étaient fusionnées sous deux semaines, contre environ 86 % pour les autres. Enfin, côté langages utilisés, TypeScript, Python et Rust, les communautés qui grossissent le plus vite, sont aussi celles où l’IA intervient le plus, dans 40 à 44 % des pull requests fusionnées.
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Il n’y a plus qu’à voir comment l’IA va encore chambouler les investissements de GitHub dans les mois et années à venir. En attendant, la plateforme parie que tout le code écrit à ce jour représentera moins de 1 % de celui des cinq prochaines années. Autant dire que les 4 millions de cœurs ajoutés cette année ne seront clairement pas suffisants.
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