En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs semble sans effets

 
Six mois après son entrée en vigueur, une récente étude vient mesurer les premiers effets de l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans en Australie. Une mesure aux résultats discutables loin des objectifs initialement présentés. Un constat qui interroge alors qu’une mesure similaire est à l’étude en France.
Source : Unsplash / Danilo Rios

Pour l’Australie, c’est la douche froide. Six mois après l’entrée en vigueur d’une mesure visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une étude scientifique met à mal la mesure. Selon les chercheurs, les premières évaluations indiquent qu’il n’y a pas « suffisamment de preuves » suggérant que les adolescents se soient détournés des réseaux sociaux, rapporte l’AFP.

Des effets moindres

Pour produire ces résultats, les chercheurs ont interrogé plus de 400 jeunes utilisateurs de réseaux sociaux juste avant l’entrée en vigueur des restrictions, puis à nouveau trois mois plus tard. Sur ce panel, peu de changements ont été observés chez les utilisateurs de 12 à 13 ans, une légère baisse a été notée chez les 14-15 ans. Les utilisateurs âgés de 16 ans et plus ont, eux, vu leur utilisation augmenter.

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Selon l’étude, les utilisateurs contourneraient les restrictions en utilisant des comptes de personnes plus âgées ou tout simplement en créant de faux comptes. Au Royaume-Uni, certains utilisateurs parviennent par exemple à tromper les services de vérification en utilisant des jeux vidéo.  

Un renvoi de responsabilité

Loin de se remettre en question, les politiques australiens pointent du doigt les géants de la Tech. « La législation australienne en matière de réseaux sociaux, à la pointe au niveau mondial, n’est pas défaillante. Ce sont les géants de la tech qui ne respectent pas la loi », a déclaré la ministre des Communications, Anika Wells.

De leur côté, les entreprises concernées se sont engagées à respecter la loi tout en avertissant qu’elles pourraient pousser les adolescents vers des plateformes moins réglementées et plus dangereuses.

Reste maintenant à voir si ces premiers retournements mettront à mal le projet français. Véritable marotte d’Emmanuel Macron, l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs en France pourrait arriver dès la rentrée prochaine.


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