
L’heure est à la souveraineté numérique et tous les efforts sont bons à prendre. C’est sans doute cette logique qui a poussé une coalition d’acteurs technologiques européens à lancer le projet « Euro Office ». Annoncé en grande pompe le 27 mars dernier outre-Rhin, ce logiciel vise à concurrencer Microsoft Office en offrant une suite bureautique axée vers le cloud.
Petit problème, cette initiative soutenue par des grandes entreprises comme Nextcloud, Ionos ou Eurostack s’inspirerait largement du code d’OnlyOffice allant jusqu’à violer l’esprit de la licence libre qui régit son utilisation argue la partie lésée.
Un Libre Office en ligne
Avant de plonger dans les affres de débats propres à la communauté du libre, il est important de bien comprendre ce qu’est Euro Office. Présenté comme une réponse à Microsoft Word, Excel et tout le reste des produits stars de Microsoft, le logiciel n’est pas exactement pensé comme un outil à part, mais plutôt comme une solution technique pouvant être intégrée à des plateformes cloud tierce.
Des services comme Nextcloud, La Suite numérique ou pourquoi pas Infomaniak, pourrait ainsi utiliser Euro Cloud comme moteur de leur suite bureautique en ligne. L’équivalent 100 % cloud d’un logiciel comme Libre Office et une sorte de Google Drive utilisable par qui veut en somme. Le tout sous licence libre, bien sûr pour assurer transparence et fiabilité.

Jusque-là, la solution de choix pour ce genre d’usage était justement OnlyOffice, une suite bureautique robuste pouvant être utilisée par n’importe quel éditeur de site web grâce à son code libre. Sauf que le logiciel est depuis longtemps critiqué par la communauté open source en raison de son approche paradoxalement très opaque du développement. De plus, Nextcloud accuse l’entreprise éditrice d’être basée en Russie (malgré des nombreuses tentatives de masquage de son origine) et proche du pouvoir poutinien. De quoi rendre la collaboration compliquée.
De sombres histoires de licence
C’est là que le bât blesse dans cette affaire. OnlyOffice accuse la coalition Euro Office d’avoir copié le code source de son logiciel sans en respecter les contraintes. Si l’alternative européenne se base bien sur le travail accompli par son ancien partenaire, elle efface les logos et marques OnlyOffice pour les substituer par des marquages maison.
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Cette pratique violerait la licence AGPL V3 qui régit l’utilisation du code d’OnlyOffice selon l’entreprise. De son côté, Euro Office invoque l’impossibilité d’utiliser l’image d’Only Office dans son fork pour des raisons de violations du droit des marques. L’affaire est juridiquement complexe et pourrait bien compliquer le lancement d’Euro Office, qui n’avait sans doute pas besoin de ça.
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