Excuses, démentis, IA et open source : Proton change de ton face à la polémique

Proton fait son mea culpa

 
Ce vendredi 30 octobre, le compte officiel de Proton a présenté ses excuses sur X et a démenti avoir installé un logiciel de suivi sur les ordinateurs de ses salariés. L’entreprise promet aussi de publier en open source ses règles internes sur l’IA et des versions inédites de son assistant Lumo.

Après Andy Yen, son CEO, c’est au tour de l’entreprise de s’exprimer. Dans un message publié ce vendredi 30 octobre sur X par son compte officiel @ProtonPrivacy, l’entreprise suisse reconnaît ne pas avoir été à la hauteur de ce qu’on attend d’elle et présente ses excuses. La veille, Andy Yen s’était contenté d’expliquer sur Reddit que ses propos avaient été sortis de leur contexte, sans démentir avoir parlé de « mentalité de loser ». Proton reprend la main sur la communication et passe donc d’une défense improvisée, signée par son patron, à une réponse d’entreprise aux accusations.

Pour rappel, ces accusations viennent de l’enquête de 404 Media publiée ce jeudi 29 octobre. Le média américain s’appuie sur huit salariés et un ancien employé, des conversations Slack, des enregistrements de réunions et un manifeste sur l’IA rédigé par le directeur technique, Bart Butler. Il affirmait notamment que Proton avait installé sur les ordinateurs de ses équipes un logiciel qui mesure la quantité de code écrite par l’IA. Le même Bart Butler aurait annoncé en réunion que l’IA avait écrit 90 % du code de Proton en octobre. Entre-temps, de nombreux utilisateurs ont annoncé sur les réseaux sociaux qu’ils résiliaient leur abonnement payant.

Pour Proton, tout part d’un malentendu

Concernant le logiciel de suivi, Proton dément et parle d’une incompréhension du fonctionnement de ses outils de MDM (Mobile Device Management). Les logiciels de gestion des appareils permettent au service informatique de piloter à distance les ordinateurs des salariés, par exemple pour installer des mises à jour, imposer le chiffrement du disque ou effacer une machine volée. Ils ont donc un accès large au poste de travail, ce qui peut inquiéter un salarié qui les voit tourner. L’entreprise affirme aussi avoir ajouté des étapes de revue de sécurité au cours de l’année écoulée. Elle cherche ainsi à se protéger des IA hostiles qui passent au crible son code, public puisque ses applications sont open source.

Proton indique qu’il ne procédera pas à de nouveaux entretiens avec le personne sur l’utilisation de l’IA et nie toute suppression de poste liée à ces entretiens. Lors de la réunion où l’entreprise a annoncé l’annulation de ces entretien, le CEO y aurait reconnu « un échec de communication » de sa part. Pourtant, des salariés interrogés par 404 Media affirment que ce que ces entretiens devaient mesurer sera intégré aux évaluations de performance.

Lumo en open source, une promesse déjà entendue

Proton s’engage enfin à publier en open source plusieurs outils internes, dont des versions plus avancées de Lumo, son assistant IA, jamais rendues publiques. L’entreprise promet aussi de publier ses méthodes de revue de code et de sécurité, ainsi que ses règles internes d’usage de l’IA.

Nous publierons également la manière dont les revues de code et les revues de sécurité sont réalisées chez Proton, et détaillerons nos politiques sur l’IA, y compris les endroits où l’IA est autorisée, et là où elle ne l’est pas, ainsi que nos justifications. Au lieu de pouvoir seulement voir le code open source final que nous produisons pour vérifier la sécurité, vous pourrez également évaluer comment ce code a été produit.

Sur Lumo, pourtant, le précédent appelle à la prudence. Au lancement de l’assistant, en juillet 2025, Proton le présentait déjà comme entièrement open source. Le European Open Source AI Index, un projet qui évalue l’ouverture réelle des IA, l’avait alors qualifié d’assistant « ouvert » le moins ouvert de sa base. Seul le code des applications mobile et web était public. Proton n’avait publié ni le prompt système de Lumo, ni le mécanisme qui choisit quel modèle répond à chaque question.


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