Côté PC, la peur du MacBook Neo et la crise de la RAM sont palpables

 
Le Computex n’a pas encore officiellement ouvert ses portes, et pourtant on peut déjà noter l’état d’une industrie en proie au doute. Le PC a perdu en assurance.
Acer Aspire Go 15 // Source : Frandroid

Chaque année, au tournant des mois de mai et juin, toute l’industrie du PC se concentre à Taipei (Taïwan) pour le Computex. Chaque marque y présente généralement sa vitrine technologique, équipée des dernières puces AMD, Intel ou Qualcomm.

Je suis déjà venu lors de plusieurs éditions du salon informatique, et force est de constater que cette édition 2026 propose comme une ambiance singulière.

Le MacBook Neo est passé par là

Avant l’ouverture du salon, nous avons déjà pu croiser plusieurs grandes marques du monde du PC. Chacune à sa façon, sans nécessairement l’admettre publiquement, nous confirme l’effet qu’a eu le lancement du MacBook Neo.

Quand on est hermétique à l’univers Apple, je pense que l’on peut facilement passer à côté du changement de paradigme provoqué par le lancement du Neo. Apple a lancé ce nouveau PC en mars au tarif très agressif de 699 euros.

Nvidia présentera aussi sa riposte au Computex 2026

Très agressif, car au même moment, la pénurie de mémoire vive et de stockage flash force les marques à augmenter leurs prix. Un problème qui touche moins Apple grâce au chéquier illimité de la marque et aux énormes volumes qu’elle peut commander.

Autrement dit, Apple a lancé un PC inhabituellement abordable pour la marque, au moment où ses concurrents ne peuvent pas riposter efficacement.

699 euros, le nouveau prix psychologique

Le prix de 699 euros du MacBook Neo est devenu la nouvelle cible à atteindre. Pour répondre à Apple, les marques tentent des attaques sur les points faibles du Neo : il n’a pas de clavier rétroéclairé, il est limité en RAM à 8 Go, il n’a pas TouchID sur le modèle le plus accessible, sa connectique est limitée.

Acer Swift Air 14 // Source : Frandroid

L’Acer Swift Air 14 est l’exemple type d’une riposte concentrée sur le MacBook Neo. Le tout nouveau PC portable poids plume d’Acer propose un clavier rétroéclairé, la caméra RGB+IR pour Windows Hello, une connectique plus généreuse et sera configurable jusqu’à 16 Go de RAM et 512 Go de stockage. Notons aussi la présence d’un écran à 120 Hz pour une fluidité sans faille de l’interface.

Acer ne pourra pas le proposer à 699 euros face à Apple, mais on nous indique un tarif de 799 euros avec 512 Go, c’est-à-dire face au modèle supérieur du MacBook Neo.

À ce sujet, plusieurs interlocuteurs dans la presse et chez les fabricants s’interrogent sur la capacité d’Apple à tenir le tarif de 699 euros avec le modèle 256 Go. Ils sont plusieurs à croire à la rumeur d’une suppression du modèle 256 Go pour ne garder que le modèle 512 Go au catalogue à 799 euros.

Moins de folie, plus de rationalisation

Ce Computex 2026 se place aussi déjà sous le signe de la rationalisation. Les produits d’exception que personne ne peut se payer ne sont plus vraiment en odeur de sainteté. La crise du pouvoir d’achat touche tout le monde et les bourses des ménages se sont resserrées.

Face à cela, on voit les fabricants réduire le nombre de modèles et rationaliser certaines gammes. Fini le châssis spécial AMD d’un côté et le châssis Intel de l’autre, on regroupe les forces pour augmenter les volumes et négocier des prix sur la RAM.

En écrivant ces lignes et en y réfléchissant bien, depuis plus de dix ans que je couvre cette industrie, je ne l’ai jamais sentie aussi frileuse et incertaine. Attend-elle l’éventuel effondrement de l’IA pour repartir ? Des produits sont-ils en gestation pour les prochaines années pour relancer la machine ? Je me souviens de la ferveur au moment des netbooks au milieu des années 2000, ou, quelques années plus tard, de celle des PC tablettes 2-en-1 au lancement de Windows 8. Ce temps-là semble bien lointain.

Nvidia peut-il relancer la machine ?

On sait que Nvidia présentera lors de ce Computex, et pour la première fois, une gamme de PC 100 % sous ses couleurs. Fini AMD, Intel, Qualcomm : les PC pourront proposer une puce tout-en-un Nvidia via ARM et MediaTek.

Sur place, c’est motus et bouche cousue, personne n’ose même mentionner le géant de l’IA alors même que les fuites s’enchainent et ne laissent plus aucune place au doute.

Nvidia va-t-il se montrer agressif avec le tarif de ses puces pour rivaliser avec Apple ? Ce n’est pas vraiment l’habitude de la marque avec ses GeForce. Les fuites semblent plutôt indiquer des machines très très haut de gamme, vendues généralement à partir de 2 000 ou 3 000 euros.

En attendant Google

Dernier point d’analyse de la situation : l’ensemble des PC que l’on découvre tourne sous Windows 11 de Microsoft. Cependant, les fabricants semblent, à raison, plutôt frustrés par Microsoft.

Plus de 10 ans après le lancement du projet, Windows n’est toujours pas véritablement optimisé pour les puces ARM, et le système devient petit à petit un vrai frein pour l’écosystème PC.

Source : Google

L’éditeur reste, malgré ces frustrations, le partenaire privilégié des marques et contribue, finances à l’appui, à concurrencer Apple sur les tarifs.

L’alternative gratuite GNU/Linux reste complètement absente des annonces des fabricants, tout comme l’écosystème Google. Les Googlebook récemment dévoilés ne seront lancés qu’à la fin de l’année 2026 et les partenaires ne sont pas encore prêts pour des annonces.

Malgré la popularité d’Android et de Google, on ne sait pas si la sauce prendra cette fois. ChromeOS n’a jamais décollé dans nos contrées, malgré les efforts de l’éditeur et des fabricants comme Acer et HP.

De plus, Google veut réattaquer le terrain par le premium, avec des machines haut de gamme commercialisées sans doute autour des 1 000 euros. Difficile de faire du volume à ce prix face à Apple.


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