
C’était sans doute l’annonce la plus importante de ce Computex 2026, et peut-être de l’année pour la tech : Nvidia a dévoilé les PC RTX Spark.
En s’associant avec Mediatek, Nvidia est capable de proposer une puce réunissant à la fois CPU et GPU. Fini AMD, Intel ou encore Qualcomm. Nvidia devient le seul maître à bord et le responsable des choix technologiques de la plateforme.
Pour sa première génération de PC RTX Spark, Nvidia mise sur trois usages : le gaming, l’IA agentique locale et la création de contenu. Au Computex, la marque nous a invités à découvrir les premières machines équipées de sa puce Nvidia RTX Spark.
Des premières démos impressionnantes
À travers un étage complet d’un prestigieux hôtel de Taipei, Nvidia nous a invités chambre après chambre à découvrir les premiers PC équipés de sa puce, mais aussi quelques démonstrations. Dans cet article, nous allons nous concentrer sur ces dernières, permettant de découvrir le potentiel du projet de Nvidia.
Tous les essais ont été réalisés sur des exemplaires de préproduction du Microsoft Surface Laptop Ultra, l’un des quelques produits annoncés pour le grand lancement prévu à l’automne 2026.
Sur l’IA et la création, Nvidia proposait des PC de démonstration avec les outils de référence du secteur comme la suite Adobe ou encore Unreal Engine.
La démo sur ce dernier était particulièrement bluffante. Le logiciel proposait un rendu photoréaliste de Los Angeles, et il était possible de naviguer librement dans la ville. Derrière, l’Unreal Engine utilisait la RTX Spark dans ses derniers retranchements, notamment avec tout le cocktail DLSS.
Ce qui est impressionnant, c’est la fluidité de l’expérience et la vitesse de chargement des éléments d’une scène pourtant très complexe. Le tout fonctionnait très bien même débranché du secteur.
Depuis six ans, c’est la différence fondamentale entre un PC et un Mac. Quand le PC avec processeur AMD ou Intel fonctionne sur batterie, il tourne à une fraction de sa puissance. Du côté du Mac, il n’y a pas de différence. Ici aussi, avec Nvidia, le chargeur USB-C n’est plus synonyme de puissance débrayée. Le PC se comporte parfaitement sur batterie.
Du jeu vidéo natif ou émulé
Évidemment, impossible de parler d’une plateforme Nvidia sans penser à du jeu vidéo. Ici, nous avons pu essayer manette en main quelques minutes de Pragmata et Alan Wake 2.
Dans le cas de Pragmata, il s’agissait d’une version Intel x86 du jeu, tournant sur la plateforme ARM RTX Spark grâce à l’émulation Prism proposée par Microsoft sur Windows 11.
Impossible de savoir à ce stade quels sont les paramètres graphiques réglés par Nvidia, la marque ne nous laissait pas accéder aux options du jeu. Toutefois, ce qui était affiché à l’écran était plutôt bluffant, à la fois très joli et très fluide. On se doute que le ray tracing et le DLSS étaient tous les deux de la partie.
Ici, l’émulation ne semblait pas avoir un impact sensible sur les performances et pour cause, dans le cas d’un jeu vidéo aussi gourmand en 3D, c’est surtout le GPU qui est sollicité. L’émulation n’a qu’un impact sur les performances CPU, moins cruciales pour un jeu.
D’après la marque, il faudra tout de même compter sur une pénalité des performances de l’ordre de 10% due à cette émulation, raison pour laquelle elle cherche absolument à convaincre les développeurs de concevoir une version ARM native de leurs jeux.

Elle a réussi à convaincre Remedy dans le cas d’Alan Wake 2. La version native du jeu offrait là encore des performances tout à fait honorables.
D’autant que le Surface Laptop Ultra n’est clairement pas un PC conçu pour le jeu vidéo. Le design du PC de Microsoft mise tout sur la sobriété, et donc sur une ventilation limitée. Lors de nos tests, elle était d’ailleurs particulièrement audible et sans doute mise à rude épreuve par des jeux tournant toute la journée.
Ça reste impressionnant de voir des PC aussi fins et sobres faire tourner des jeux aussi gourmands dans d’excellentes conditions, et une nouvelle fois, branchés ou sur batterie.
On réservera notre jugement lors de nos tests définitifs, quand on sera en pleine maîtrise de la machine, de ses réglages et avec un logiciel stable et commercialisé. Les représentants de Nvidia insistaient sur le fait qu’il s’agissait d’exemplaires de préproduction, mais aussi de logiciels et de pilotes en développement.
Une révolution ?
Tout ce que l’on a vu tourner est pour le moment très prometteur. Ça met l’eau à la bouche d’imaginer des sessions de jeux ou d’applications lourdes sur des PC qui apparaissent de loin comme des ultraportables fins et légers.
Alors est-ce une grande révolution et le début d’une nouvelle ère pour le PC ? Il est sans doute trop tôt pour le dire, mais je pense personnellement qu’il faut sortir du champ de distorsion de la réalité de Nvidia, cette technique marketing longtemps employée par Apple pour nous faire oublier la réalité lorsque l’on a le nez dans la magie de l’annonce.
Pourquoi ce scepticisme ? D’abord, pour le prix sans doute très élevé des machines RTX Spark, on imagine quelque chose de comparable aux MacBook Pro d’Apple, c’est-à-dire entre 2 500 et 4 500 euros selon les configurations.
Ensuite, parce que nous attendons de voir ce que les PC proposeront en matière d’autonomie et de chauffe. Il y a une idée reçue selon laquelle l’architecture ARM serait forcément associée à une basse consommation et une faible chauffe. Je pense que beaucoup sont convaincus que les RTX Spark et les MacBook Pro sont vendus sans ventilateurs. C’est évidemment faux comme nous l’avons indiqué plus haut.
Aujourd’hui, les solutions d’Intel sont devenues particulièrement performantes. L’arrivée de Nvidia va amener de la concurrence, et va permettre de faire évoluer Windows sur ARM, mais pour le reste, est-ce que le paradigme de l’écosystème Windows va vraiment se retrouver bousculé ?

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