Tout ce qu’il faut savoir sur les PC portables Nvidia RTX Spark : puissance, autonomie, modèles et disponibilité

L'Arm fatale de Nvidia

 
Nvidia entre dans le PC portable Windows avec sa puce RTX Spark, et veut bousculer Intel, AMD, Qualcomm et Apple d’un coup. Voici tout ce qu’on sait, et tout ce qu’on attend encore, avant que les fabricants ne dévoilent leurs machines dans les prochains jours.

Pendant des années, on a entendu dire que Nvidia allait faire des puces pour PC. C’était un marronnier, au même titre que la Switch 2 ou la future Shield TV. Cette fois, ça y est vraiment.

Avec RTX Spark, Nvidia ne vend plus seulement la carte graphique qu’on glisse dans une tour, il vend le cerveau complet du PC portable. Et il le fait avec une idée derrière la tête : faire de votre PC une machine qui pense en local. Reste à séparer la promesse du produit, parce qu’à ce stade, Nvidia en dit beaucoup et en montre assez peu.

La puce d’abord, et c’est de l’Arm

RTX Spark, c’est ce que Nvidia appelle un « Superchip » : 70 milliards de transistors gravés en 3 nm chez TSMC, répartis sur deux chiplets dans un seul composant.

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On y trouve un GPU Blackwell de 6144 cœurs CUDA, capable d’un pétaflop en précision FP4, et un CPU Grace de 20 cœurs conçu avec MediaTek.

Capture d’écran par Frandroid

Détail capital : ce CPU est en architecture Arm, pas en x86. RTX Spark est donc une machine Windows on Arm, la même famille que les puces Snapdragon de Qualcomm, mais avec la puissance graphique de NVIDIA derrière. C’est la première offensive vraiment sérieuse du groupe sur le PC grand public.

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Mémoire unifiée contre GPU dédié, le pari technique

C’est là que RTX Spark se distingue, et qu’il faut comprendre le compromis. Un PC portable de jeu classique possède un GPU dédié avec sa mémoire ultra-rapide, la GDDR7. RTX Spark fait l’inverse : le CPU et le GPU partagent une seule mémoire LPDDR5X, jusqu’à 128 Go, à 300 Go/s. C’est énorme en quantité, mais lent en vitesse, une VRAM dédiée moderne va plusieurs fois plus vite. Nvidia situe d’ailleurs sa puce dans la classe d’une RTX 5070 laptop, en répétant que tout dépend de l’usage. Autrement dit : une montagne de mémoire pour charger de gros modèles d’IA, mais pas le bolide qui écrase un GPU dédié en jeu pur.

Capture d’écran par Frandroid

En contrepartie, on gagne une efficacité que les PC portables actuels ne connaissent pas. Nvidia promet 100 FPS en 1440p sur Fortnite, Cyberpunk ou Doom, et surtout les mêmes performances débranché que sur secteur. Pas de mode dégradé sur batterie : c’est le vrai argument, et il est inédit.

Windows on Arm, le pari risqué

Qui dit Arm dit logiciels à adapter. Vos jeux et applications x86 ne tournent pas nativement, ils passent par Prism, l’émulateur de Microsoft, que Nvidia et Microsoft peaufinent depuis des années, avec l’ajout récent du jeu d’instructions AVX2, indispensable aux anti-triche. Et c’est tout l’enjeu. Le Windows on Arm est un cimetière de bonnes intentions, et les PC Copilot+ de Microsoft ont largement déçu. Quand un journaliste a posé la question frontalement, en demandant pourquoi Nvidia ferait mieux, le porte-parole Mark Aevermann a botté en touche : « Je m’en remets à votre jugement ». Difficile de faire plus prudent.

Nvidia assure travailler avec tous les éditeurs et fournisseurs d’anti-triche, premiers et tiers, pour que les jeux tournent bien. EA, qui recrutait pour le Windows on Arm, est cité comme partenaire clé. Reste qu’à ce stade, on nous demande de croire sur parole.

IA, jeu, création : à qui ça parle vraiment

Le vrai terrain de jeu de RTX Spark, c’est l’IA locale. Ces 128 Go permettent de faire tourner des agents de 120 milliards de paramètres avec un contexte d’un million de tokens, sans payer un service cloud au passage. Pour un développeur IA ou un bidouilleur de modèles, l’intérêt est concret.

Capture d’écran par Frandroid

Côté création, Nvidia promet de monter de la vidéo 12K avec encodage Blackwell en 4:2:2 et d’ouvrir des scènes 3D de 90 Go, et Adobe a carrément réécrit Premiere et Photoshop pour la puce, ce dernier passant de 5 % à 100 % de traitement accéléré par le GPU.

Capture d’écran par Frandroid

Côté jeu, on retrouve toute la panoplie maison, DLSS 4.5 jusqu’à 8x de FPS et Reflex pour 40 % de latence en moins. En clair : créateurs et développeurs IA d’abord, joueurs ensuite.

Les laptops attendus dans les prochains jours

Nvidia ouvre le bal avec six designs premium, mais les fiches détaillées viendront des fabricants eux-mêmes, au fil du Computex.

Screenshot

On attend l’Asus ProArt, le Dell XPS 16, le HP OmniBook, le Lenovo Yoga Pro 9n, le Microsoft Surface Laptop Ultra et le MSI Prestige N16. Le Surface est le symbole fort de l’affaire : Microsoft qui pose sa marque la plus visible sur du silicium Nvidia. Et ce n’est qu’un début, puisque NVIDIA évoque plus de 30 laptops à venir chez tous les grands constructeurs.

Screenshot

Sur le format, Nvidia promet du beau : des châssis en aluminium usiné aussi fins que 14 mm, à partir d’environ 1,4 kg, des écrans OLED tandem de 14 à 16 pouces avec G-Sync, et une autonomie annoncée pour tenir la journée. Les configurations mémoire iront de 16 à 128 Go selon le modèle, de quoi laisser le choix entre une machine abordable et un monstre d’IA. Disponibilité : cet automne.

Ce qu’on ne sait toujours pas

Et c’est une liste longue. Aucun prix, Nvidia parle seulement de positions premium au lancement. Ce qui n’est pas étonnant.

Aucun chiffre d’autonomie précis, juste un « toute la journée » et l’aveu que jouer à fond videra la batterie en moins d’une heure, comme partout. Aucun benchmark face à Intel, AMD, Apple ou Qualcomm, malgré des relances répétées. Et de vraies limites assumées : pas de version Pro, pas de mémoire ECC, pas de Linux annoncé, pas de GPU dédié possible par-dessus. Sur le CPU, Nvidia jure être « compétitif » sans livrer le moindre chiffre.

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RTX Spark est l’annonce la plus ambitieuse de Nvidia sur le PC depuis très longtemps, et l’idée d’un laptop qui pense en local, fin et silencieux, tient debout. Mais entre une promesse de keynote et une machine qu’on teste vraiment, il y a un gouffre que seuls les prix, l’autonomie réelle et les premiers tests pourront combler. Les fabricants parlent dans les jours qui viennent. C’est là que la promesse rencontrera le tarif.

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