
Voilà, c’est fait. Nvidia a profité du Computex pour introduire une nouvelle puce, la RTX Spark.
RTX Spark, c’est une puce unique que Nvidia appelle un « Superchip ». Sur un seul SoC gravé en 3 nm, l’entreprise réunit un GPU Blackwell de 6144 cœurs CUDA, un CPU Grace de 20 cœurs conçu avec MediaTek, et jusqu’à 128 Go de mémoire partagée entre les deux.

Le détail qui change tout : ce CPU est un Arm, pas un x86. RTX Spark est donc une machine Windows on Arm, et c’est la première fois que Nvidia met un pied entier dans le PC grand public. Pourquoi maintenant ? Parce que 2026 est l’année des agents IA, et que faire tourner ces modèles en local réclame beaucoup de mémoire et très peu de watts, exactement le créneau de cette puce.


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Mémoire unifiée contre GPU dédié, le vrai sujet
Un PC portable de jeu classique embarque un GPU dédié avec sa propre mémoire ultra-rapide, la GDDR7. RTX Spark fait l’inverse : le CPU et le GPU se partagent une seule mémoire LPDDR5X à 300 Go/s.

C’est bien moins rapide qu’une VRAM dédiée, qui offre deux à cinq fois plus de bande passante. Nvidia situe d’ailleurs sa puce dans la classe d’une RTX 5070 laptop, pas au-dessus, en répétant que tout dépend de l’application. En clair, pour le jeu en force brute, un vrai GPU dédié restera souvent devant.

En échange, on gagne deux choses. L’efficacité d’abord : Nvidia annonce 100 FPS en 1440p sur Fortnite, Cyberpunk ou Doom, et surtout les mêmes performances débranché que sur secteur, ce qu’aucun laptop de jeu ne sait faire aujourd’hui. La capacité ensuite, avec ces 128 Go adressables par le GPU. Face à Intel, AMD, Apple et Qualcomm, en revanche, Nvidia n’a montré aucun prix, aucun benchmark, et a botté en touche quand on lui a rappelé l’échec commercial des PC Copilot+. Beaucoup d’annonces, peu de preuves.
Pour aller plus loin
Tout ce qu’il faut savoir sur les PC portables Nvidia RTX Spark : puissance, autonomie, modèles et disponibilité
Une vraie bête à modèles d’IA locaux
C’est côté IA que la puce devient vraiment intéressante. Ces 128 Go de mémoire unifiée permettent de charger en local des agents de 120 milliards de paramètres avec un contexte d’un million de tokens, sans jamais payer de tokens à un service cloud. Pour un développeur IA ou un créateur qui manipule de gros modèles, l’argument est réel, beaucoup moins pour le joueur pur qui court après les images par seconde.

Et les zones d’ombre s’accumulent : pas de version Pro, pas de mémoire ECC, pas de Linux, pas de GPU dédié en complément, et un CPU Arm sur lequel NVIDIA n’a livré aucun chiffre. Les jeux et logiciels x86 passeront par l’émulateur Prism de Microsoft, avec la grande question du Windows on Arm : les anti-triche et les éditeurs suivront-ils vraiment ?
RTX Spark est l’annonce la plus ambitieuse de Nvidia depuis longtemps, et sans doute la plus risquée. Sur le papier, c’est un PC qui raisonne comme un serveur d’IA et joue comme un laptop fin et silencieux, mais on nous demande d’y croire sans prix, sans benchmark, et avec le fantôme du Copilot+ qui rôde dans le couloir. Rendez-vous cet automne pour savoir si la prise débranchée tient vraiment ses promesses.
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