Quand l’IA fait flamber le prix des voitures : BYD et GM tirent la sonnette d’alarme

Les voitures trinquent aussi

 
La crise de la mémoire dopée par l’intelligence artificielle ne se limite plus aux PC et aux smartphones. Elle atteint désormais l’automobile : General Motors prévient d’une forte hausse de ses coûts, et BYD a déjà relevé de 20 % le prix de ses aides à la conduite en Chine.
Tesla Model S et ses nombreux écrans et processeurs

Jusqu’à présent, la pénurie de mémoire nourrie par l’intelligence artificielle restait un problème de passionnés de tech : mémoire vive introuvable, stockage plus cher, prix des consoles et des ordinateurs qui grimpent. Cette fois, elle déborde vers un secteur autrement plus lourd, l’automobile.

Une voiture moderne carbure aussi aux puces mémoire. Écrans d’infodivertissement, systèmes d’aide à la conduite, calculateurs embarqués : tout cela réclame de la DRAM (la mémoire vive) et du stockage flash, exactement les composants que s’arrachent les centres de données dédiés à l’IA.

Et plus une voiture embarque d’écrans et d’automatismes, plus elle en avale, les modèles récents en réclamant toujours davantage. Selon Tom’s Hardware, General Motors chiffre entre 1,5 et 2 milliards de dollars (environ 1,3 à 1,7 milliard d’euros) la hausse de ses coûts cette année, dont une partie liée à cette flambée de la mémoire. Le constructeur américain n’est pas seul : d’après Nikkei Asia, plusieurs constructeurs étudient déjà une répercussion sur leurs prix de vente.

BYD dégaine le premier

Le chinois BYD, lui, n’a pas attendu. Le groupe a relevé de 20 % le tarif de ses fonctions d’aide à la conduite en Chine, une première concrète qui montre que la facture commence à remonter jusqu’au client. La crise ne reste plus cantonnée aux rayons hi-tech.

Dans le détail, la hausse vise le système d’aide à la conduite God’s Eye B (aussi appelé DiPilot 300), dont le tarif est passé de 9 900 à 12 000 yuans (environ 1 270 à 1 540 euros), soit une hausse de plus de 20 % effective depuis le 1er mai sur plusieurs modèles des gammes Dynasty, Ocean et Fang Cheng Bao. BYD a justifié ce relèvement par l’envolée des coûts mondiaux du stockage.

Pourquoi maintenant ? Parce que les fabricants de mémoire, à commencer par Samsung, SK Hynix et Micron, réorientent leurs capacités vers les commandes très rentables des centres de données IA. Il reste donc moins de puces pour tout le monde, et les prix s’envolent.

Fang Chen Bao Formula S et son LiDAR pour la conduite autonome // Crédit : Fang Chen Bao

On vous détaillait déjà le mécanisme de cette crise de la mémoire vive, et les perspectives ne sont pas franchement rassurantes : le président d’ADATA anticipe une tension pendant encore une décennie. Même l’arrivée de la mémoire chinoise, un temps présentée comme la solution, ne fait pas baisser la note.

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L’automobile n’est donc qu’un domino de plus. Cette pénurie est le revers direct de la course mondiale à l’IA, celle où le CEO de Nvidia voit la Chine finir par l’emporter. Pour l’instant, l’impact final pour l’acheteur reste flou. General Motors table sur une hausse d’environ 0,3 % du prix moyen de ses voitures neuves cette année, un revirement après avoir prévu des tarifs stables, mais les constructeurs n’ont pas détaillé la part exacte imputable à la mémoire.


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