
Le principe même du Tesla Cybercab est de rendre le conducteur inutile. Contrairement aux Model 3 ou Model Y équipées du FSD, le robotaxi ne possède ainsi ni volant ni pédales et s’en remet entièrement à sa conduite autonome. Une particularité que les premiers clients peuvent désormais expérimenter à Austin, au Texas, où les premières courses payantes ont débuté le 3 septembre.
Mais face à ce drôle d’engin, peut-être vous êtes-vous posé la question : comment déplacer manuellement une voiture qui ne possède aucune commande de conduite ? A priori, ça ne sert à rien, mais il faut bien pouvoir la garer dans un dépôt ou la manœuvrer lors d’une intervention. Comment Tesla s’y prend-il ? Il y a forcément une solution prévue par la marque.

Deux utilisateurs du service Robotaxi viennent de la découvrir par accident, ce lundi 7 septembre. Comme le rapporte notamment Numerama, le Cybercab qu’ils avaient commandé les attendait avec une interface inhabituelle affichée sur son immense écran central. Et surtout, avec ce qui ressemble à une véritable commande de conduite manuelle.
Un joystick pour conduire du bout du doigt
À la place de l’interface normalement proposée aux passagers, une partie de l’écran affichait un joystick virtuel circulaire. Il suffit, en théorie, de déplacer son doigt vers l’avant ou l’arrière pour avancer ou reculer, et latéralement pour faire tourner les roues. Une manière assez déroutante de conduire une voiture, qui se rapproche beaucoup plus du jeu vidéo que d’un poste de conduite traditionnel.
Cette interface ne se limite d’ailleurs pas à ce joystick. On y trouve également des commandes permettant d’ouvrir ou fermer les portes, de klaxonner, d’arrêter le véhicule ou encore de contacter l’assistance. L’autre moitié de l’écran affiche quant à elle les images provenant des différentes caméras disposées autour du Cybercab. Tout laisse donc penser qu’il s’agit d’un mode destiné aux opérateurs de Tesla, notamment pour effectuer des manœuvres à faible vitesse.
Ce mode n’a d’ailleurs rien d’improvisé. Le manuel que Tesla destine aux services de secours mentionne noir sur blanc la présence de commandes manuelles embarquées : un primo-intervenant qui doit déplacer un Cybercab immobilisé est censé contacter l’assistance Tesla, puis présenter son badge aux caméras du véhicule pour débloquer l’accès. Ces commandes restent bridées aux très basses vitesses, autour de 11 km/h. Autrement dit, seul l’affichage de cette interface sur l’écran d’un passager relève du bug ; le joystick, lui, est bien prévu par la marque.
Un client qui a filmé son expérience, Matthew Skrzypczak, a tenté d’utiliser le joystick après être tombé sur cette interface. Sans succès : le Cybercab n’a pas bougé. David Moss, un autre utilisateur confronté au même problème, a dû contacter l’assistance pour que sa voiture puisse finalement reprendre sa route. Dans son cas, l’interface de service est toutefois restée affichée pendant le trajet, l’empêchant d’accéder à la plupart des fonctions habituelles de l’écran.
Tesla n’avait jusqu’ici jamais présenté publiquement ce mode de conduite manuelle. On se souvient évidemment de plusieurs prototypes du Cybercab qui avaient été aperçus avec un volant et des pédales durant leur phase de développement. Mais la version de série s’en étant finalement débarrassée, Tesla a dû imaginer une autre solution pour les rares moments où un humain doit reprendre physiquement la main.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’on voit un Cybercab piloté à la main sans volant. Dès décembre 2024, une vidéo publiée par le Petersen Museum montrait un technicien manœuvrant le véhicule à l’aide d’une manette de jeu, rendue possible par sa direction entièrement électrique (steer-by-wire). Le joystick tactile découvert à Austin n’est donc que la version embarquée de cette même logique.
Le Cybercab n’est donc pas totalement dépourvu de commandes
L’existence de ce joystick ne remet pas pour autant en cause le principe du Cybercab. Il ne semble absolument pas destiné à permettre aux clients de prendre le volant virtuellement, et les deux passagers qui ont essayé n’ont justement pas réussi à déplacer leur voiture. Il s’agit vraisemblablement d’un outil interne pour les équipes de Tesla, apparu par erreur sur l’interface destinée aux passagers.

La découverte montre en revanche une contrainte très concrète des véhicules entièrement autonomes. Supprimer le volant et les pédales libère l’habitacle et permet de concevoir une voiture exclusivement autour de ses passagers, mais cela ne fait pas disparaître tous les cas où quelqu’un doit pouvoir la déplacer manuellement.
Ce bug intervient en plus à un moment délicat pour Tesla. Le constructeur vient tout juste de lancer ses premiers Cybercab à Austin, avec seulement 45 exemplaires immatriculés pour le service commercial. Surtout, la NHTSA a ouvert une enquête sur la manière dont Tesla a auto-certifié une voiture dépourvue de volant, de pédales et de rétroviseurs traditionnels.
Pour l’instant, rien n’indique toutefois que cette interface soit au cœur des interrogations du régulateur américain. Elle permet surtout de découvrir l’envers du décor d’un robotaxi conçu pour ne jamais être conduit. Supprimer le volant n’a pas dispensé Tesla de prévoir un moyen de reprendre les commandes.
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