
La voiture autonome est un vieux rêve d’Elon Musk, qui ne cesse de nous promettre monts et merveilles à ce sujet. Reste qu’une étape cruciale vient d’être franchie avec le déploiement des 45 premiers Cybercab dans la flotte des taxis autonomes de Tesla à Austin (Texas).
Pour aller plus loin
Tesla lance son Cybercab sans volant ni pédale : un départ très modeste pour cette révolution promise par Musk
C’est donc le début (timide) de la première Tesla intégralement dédiée à la conduite autonome, dont la fiche technique et des détails de conception inédits ont été présentés lors de la soirée de lancement.
Si Elon Musk n’avait pas fait le déplacement, plusieurs influenceurs proches de la marque (dont Sawyer Merritt et Zack) y étaient, racontant tout depuis leurs comptes X. L’occasion de découvrir que le Cybercab innove à bien des niveaux, de quoi espérer l’arrivée de nouvelles technologies sur les prochaines Tesla.
Un procédé de fabrication inédit
Le Cybercab semble avoir été conçu avec une idée en tête : être le plus économe possible. Cela débute par le procédé même de fabrication, baptisé Unboxed.

Reprise par Ford sur son prochain pick-up électrique à moins de 30 000 dollars, l’idée est de séparer la voiture en plusieurs modules indépendants : la partie avant est assemblée d’un côté, la partie arrière d’un autre, et on « marie » le tout à la batterie sur laquelle on aura préalablement fixé les sièges et les garnitures. La tôlerie des flancs viendra s’y rattacher.
L’intérêt principal : une baisse des coûts de production en éliminant la longue et complexe ligne d’assemblage, en parallèle d’un rythme de production accru. Musk, jamais avare en promesses sensationnalistes, promet de pouvoir sortir un Cybercab toutes les 10 secondes, voire 5 secondes à terme.


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Une mécanique novatrice
Le procédé Unboxed était déjà connu. La conférence de lancement a permis de découvrir plusieurs éléments inaugurés par le Cybercab et présentés par Tesla lors de la soirée.
Ici aussi, tout est conçu pour être le plus économique possible, cette fois-ci à l’usage. On y découvre une nouvelle unité de gestion thermique, baptisée Supermanifold en interne. Déjà présente sur les Tesla en vente, cette unité fonctionne avec la pompe à chaleur et regroupe échangeur thermique, condensateur, vannes et pompes pour gagner en place, en complexité et consommation d’énergie.
Cette V3 permet, d’après Tesla, d’être 38 % plus efficace que les systèmes concurrents (il faudra le croire sur parole), tout en étant encore simplifiée par rapport à la V2 actuelle.
Le moteur participe également au rendement. Ici aussi, les chiffres sont rares (mis à part la promesse d’être 18 % plus petit et 25 % plus léger que les plus performantes des chaînes de traction automobiles), mais Elon Musk a ajouté que le moteur ne contenait pas de terres rares (comme les premières générations, qu’on avait par exemple sur la Model S), tout en conservant la même consommation.
Enfin, l’absence physique de volant et de pédales permet d’aller plus loin qu’une voiture « classique » : le système de freinage, par exemple, repose uniquement sur la technologie électronique « by-wire », se débarrassant totalement du système hydraulique.
Le freinage « by wire » se répand de plus en plus sur les voitures électriques modernes pour gagner en efficacité de régénération et en confort de conduite (la Mercedes-Benz CLA ou la Volkswagen ID. Polo en profitent, notamment), mais Tesla est le deuxième constructeur mondial à ne reposer que sur l’électronique, juste après le chinois Chery.
Tout cela permet d’offrir une consommation remarquablement faible. D’après les documents officiels, le Cybercab dispose d’une batterie de 50 kWh seulement (à peu près autant qu’une citadine électrique) mais peut en tirer 450 km selon la norme américaine EPA, bien plus dure que notre WLTP européen. Une R5, avec sa batterie un peu plus grande (52 kWh), s’arrête à 430 km WLTP.
Une voiture en rupture (peut-être trop ?)
Enfin, la sécurité (un des éléments clefs des Tesla) n’a pas été oubliée : la marque va jusqu’à clamer dans un post que « le Cybercab est conçu pour être la voiture la plus sûre sur la route ».

On note une quantité impressionnante d’airbags (chaque siège possède deux airbags latéraux !), de quoi faire ressortir un élément : la brochure technique du Cybercab confirme qu’aucune fixation Isofix n’est prévue pour y fixer des sièges enfants, de quoi rendre la Tesla bien moins intéressante dans l’hypothèse (initialement prévue) d’ouvrir le Cybercab à la vente aux particuliers.
Précisons enfin que cette hypothèse ne devrait pas voir le jour avant un certain temps. De par sa conception même, sans volant ni pédale, le Cybercab rentre dans la catégorie des voitures autonomes de niveau 4 grâce au FSD (Full Self-Driving) dans sa version Unsupervised.
L’homologation de ce niveau d’autonomie reste extrêmement compliquée et se fait au cas par cas, État par État, tout en devant rester dans un périmètre géographique et des conditions d’usage bien définis ; dans la plupart des déploiements actuels, une supervision à distance est assurée en cas de situation que le véhicule ne sait pas résoudre seul.

Jusqu’ici, seuls Waymo (Alphabet) et Zoox (Amazon) disposaient d’autorisations étendues aux États-Unis ; Tesla vient de rejoindre ce cercle avec les premiers déploiements du Cybercab au Texas, mais à une échelle encore très limitée.
Bref, la voiture est là, avec des innovations qui pourraient rendre les Model 3 et Model Y encore plus performantes ; les millions de Cybercab promis par Musk devront attendre une réglementation plus généreuse et une maturité logicielle avérée.
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