Cybercab sans volant : Tesla utilise la stratégie « foncer d’abord, réguler ensuite », la NHTSA enquête

Auto-certifié, déjà audité

 
Tesla a lancé son robotaxi sans volant à Austin. Quelques heures plus tard, le régulateur américain a ouvert une enquête sur la façon dont la marque a validé elle-même une voiture sans volant, pédales ni rétroviseurs.

Le 3 septembre 2026 dernier, Tesla a fait payer ses premières courses en Cybercab dans les rues d’Austin. Le même jour, la NHTSA, le régulateur automobile américain, a ouvert l’audit AQ26002. Dans le viseur : environ 1 000 Cybercabs, soit bien plus que la flotte réellement en circulation, qui se compte encore en dizaines. L’agence ne cherche pas à savoir si la voiture conduit bien, elle veut voir les papiers.

Aux États-Unis, un constructeur s’homologue lui-même. En clair, il déclare que son véhicule respecte les normes fédérales de sécurité, les fameuses FMVSS, et il le commercialise sans feu vert préalable de Washington.

La NHTSA contrôle ensuite, et peut ouvrir une enquête si quelque chose cloche. Sauf que ces normes ont été rédigées pour des voitures avec conducteur humain, donc avec un volant, des pédales et des rétroviseurs. Le Cybercab n’a rien de tout ça.

Tesla a donc décidé que certaines de ces règles ne s’appliquaient pas à une voiture sans commandes humaines. C’est ce raisonnement que la NHTSA veut éplucher, en réclamant les données sur lesquelles Tesla a jugé certaines FMVSS « inapplicables ». Le même logiciel de conduite et la même base compacte pourraient d’ailleurs se retrouver sur de futures Tesla.

L’exemption que Tesla n’a pas voulu demander

Il existait pourtant une voie légale toute tracée. La NHTSA peut accorder des dérogations pour faire rouler jusqu’à 2 500 véhicules par an sans commandes humaines. Amazon a suivi ce chemin pour sa navette Zoox : auto-certification d’abord, puis demande formelle d’exemption, accordée le 31 juillet 2026, avant de lancer ses courses payantes à Las Vegas.

Tesla, elle, a sauté cette étape, fidèle à sa manière de foncer : c’est aussi elle qui a parié sur le tout-caméra quand Waymo a choisi le LiDAR.

Reuters résume la stratégie d’Elon Musk, patron de Tesla, sans détour : il pousse les limites réglementaires. En clair, on déploie d’abord et on discutera avec le régulateur ensuite.

En Europe, ça ne passerait pas comme ça

De ce côté de l’Atlantique, la logique est inversée. Un véhicule doit y être homologué avant de rouler : le contrôle se fait en amont, quand la voiture est encore sur le papier. L’Union européenne s’appuie sur cette réception préalable, le type-approval, plus contraignante que l’auto-déclaration américaine. Et les premières règles mondiales pour les véhicules pleinement autonomes n’ont été adoptées qu’en juin 2026, par le forum WP.29 de l’ONU à Genève. Un Cybercab sans volant n’est donc pas près de venir chercher un passager à Paris.

Pour l’instant, l’audit n’est ni un rappel ni une interdiction de rouler. Mais la NHTSA et Tesla se connaissent déjà bien : leurs échanges autour du FSD ont déjà montré une relation tendue. Et la marque ne ralentit pas pour autant : elle prévoit déjà de transformer ses Cybercab en véhicules de prêt pour ses clients en réparation.


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