2 millions d’exportations : l’objectif fou de BYD pour fuir la crise en Chine

 
Alors que le marché automobile chinois est en crise, les constructeurs locaux doivent désormais trouver d’autres solutions. Ils sont désormais nombreux à tout miser sur les exportations de leurs voitures électriques, notamment en Europe.
BYD Seal 06 EV // Crédit : BYD

Il est loin le temps où la Chine était un eldorado pour les constructeurs automobiles. Depuis quelques années, les marques européennes ont subi un fort revers sur ce marché historique. C’est par exemple le cas des entreprises allemandes haut de gamme, telles que Volkswagen ou Mercedes. Mais ce n’est pas tout. Car même les marques locales traversent une période difficile. En cause, la concurrence de plus en plus rude, ainsi que la crise de l’immobilier. Le pouvoir d’achat baisse, et les ventes suivent.

C’est justement ce que confirme le média Bloomberg, qui dresse un bilan peu réjouissant du marché auto chinois. Les ventes aux particuliers ont dégringolé de 24 % au cours du mois d’août 2026. Selon l’Association chinoise des voitures particulières, qui a publié ces chiffres ce mardi 8 septembre, ce sont 1,54 million d’unités qui ont été écoulées. Globalement, tous les constructeurs sont touchés par cette crise, amplifiée par la guerre des prix. Tous cassent leurs tarifs, au point de rendre la concurrence ingérable et de faire s’effondrer les marges.

Xpeng G9L // Crédit : Xpeng

Elles ont en effet chuté à seulement 3,6 % sur les sept premiers mois de 2026, alors que la rentabilité moyenne du secteur industriel en Chine est de 6,5 %. Certes, le gouvernement a tenté de taper du poing sur la table. Cependant, cela ne semble pas encore être suffisant. Désormais, les marques originaires de l’Empire du Milieu misent sur les ventes à l’étranger pour survivre. Globalement, les exportations se sont envolées de 78 % en août 2026, pour atteindre un total de 888 000 véhicules.

Une nouvelle stratégie pour les marques

Désormais, les ventes en dehors de la Chine représentent 38 % du total des constructeurs, contre seulement un cinquième en août 2025. Autant dire que le reste du monde revêt une importance capitale pour les marques de l’Empire du Milieu. C’est tout particulièrement le cas de BYD, qui vient tout juste de revoir à la hausse ses objectifs d’exportations. Le géant basé à Shenzhen prévoit désormais d’envoyer deux millions d’autos à l’étranger en 2026. C’est la deuxième révision à la hausse de l’année. L’objectif de départ, fixé à 1,3 million en janvier, était déjà passé à 1,5 million en mars.

Le tout alors que le numéro 1 de la voiture électrique gagne désormais plus d’argent en dehors de son propre pays. Sur les six premiers mois de 2026, la firme a déjà écoulé 792 256 autos à l’étranger, avec un record à 190 000 en août 2026. C’est tout particulièrement l’Europe qui est visée, malgré les droits de douane. Mais BYD prévoit de s’imposer en force sur notre continent, en produisant sur place ses autos. Pour mémoire, il est devenu le plus grand exportateur chinois d’autos électriques et hybrides en août 2026.

Usine Tesla de Shanghai

Cependant, l’entreprise n’est pas la seule à subir un fort revers en Chine. Car c’est aussi le cas de Tesla. La marque d’Elon Musk a livré 86 000 autos issues de son usine de Shanghai, dont 36 000 exportées, soit 41 % de sa production dans l’Empire du Milieu. La firme subit en effet de plein fouet la très forte concurrence qui fait rage dans le pays, qui compte environ 130 marques locales.

Pour l’acheteur européen, cette bascule vers l’export a une conséquence concrète : les modèles électriques chinois, souvent moins chers, vont continuer d’affluer sur notre marché, droits de douane ou pas. BYD a d’ailleurs choisi de contourner ces taxes en produisant directement en Europe, une stratégie que plusieurs autres marques chinoises suivent déjà.


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