« Nous avons effacé 20 ans de progrès » : ce chercheur livre une triste vérité sur la crise de la RAM

 
Le prix des composants et appareils technologiques ne fait que grimper depuis presque un an et nous sommes revenus quasiment 20 ans en arrière selon ce développeur et scientifique canadien.
Crédits : illustration Frandroid

La crise de la RAM et du stockage touche désormais tous les secteurs et catégories de produits grand public, qu’il s’agisse des composants en eux-mêmes (barrettes de RAM, SSD) ou des appareils comme les PC, les smartphones, tablettes ou encore consoles de jeux.

Malheureusement, la situation ne risque pas de s’améliorer avant 2028 alors que 2027 s’annonce comme étant la pire année pour les consommateurs, même si elle a des chances d’amorcer une fin de crise.

Selon le développeur et professeur Daniel Lemire, qui enseigne l’informatique à l’Université TÉLUQ et est professeur associé à l’université du Québec à Montréal, cette crise est une « anomalie historique ».

Une crise sans précédent sur le marché

Les prix de la RAM ont quasiment triplé depuis la fin 2025 et ceux de la mémoire NAND Flash ont presque doublé depuis la même période. Daniel Lemire rappelle dans une publication sur X / Twitter que le coût de l’informatique « n’a cessé de baisser à un rythme exponentiel depuis des décennies ».

L’évolution du prix de la RAM depuis 2024 // Source : Daniel Lemire

Mais cette crise, due à la demande exponentielle des hyperscalers IA, vient de « réduire à néant environ 20 ans de progrès » selon le développeur, qui affirme avec des graphiques que le prix unitaire de la mémoire vive est maintenant « aussi élevé qu’en 2007 ». Ses solutions ne sont guère surprenantes mais méritent d’être rappelées :

Je suppose que soit nous trouverons un moyen de construire des systèmes d’IA sans avoir besoin d’autant de mémoire, soit nous trouverons des moyens vraiment ingénieux de produire beaucoup plus de mémoire beaucoup plus rapidement.

Le prix de la RAM au Go depuis les années 60 // Source : Daniel Lemire

Les fournisseurs de serveurs IA n’ont pour l’instant aucune intention de s’imposer le moindre régime quant à l’intégration de mémoire HBM ainsi que de mémoire NAND Flash pour les tâches d’inférence qui dominent désormais le secteur. La demande dépasse pour le moment de très loin l’offre, si bien qu’une date de sortie de crise n’est pour l’instant qu’une chimère évoquée par des analystes semaine après semaine. Sauf si la bulle de l’IA, autant redoutée qu’attendue, finit par éclater.


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