
Longtemps, le deal était clair sur l’entrée et le milieu de gamme : d’une année sur l’autre, on gagnait un peu en performances ou en photo, sans que la facture bouge vraiment.
Ce contrat implicite est désormais caduc. Depuis la rentrée, plusieurs constructeurs sortent des smartphones plus chers que leurs prédécesseurs, et parfois franchement moins bons.
La mémoire s’envole, et c’est vous qui payez
D’où vient le problème ? De la mémoire, tout bêtement. La RAM et le stockage de nos smartphones sortent des mêmes chaînes que les puces réclamées en masse par les data centers d’intelligence artificielle. Ces géants raflent la production, la demande explose, et les prix suivent. Selon le cabinet Counterpoint Research, le tarif de la mémoire a été multiplié par quatre depuis le dernier trimestre 2025.
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La suite est mécanique. Les prix des smartphones déjà en rayon ont grimpé de 15 % en moyenne en 2026, comme le Phone (4a) de Nothing ou les iPhone d’anciennes générations.
Et c’est pire pour les nouveautés. Elles débarquent environ 25 % plus cher que le modèle qu’elles remplacent. À la crise de la mémoire s’ajoutent des tensions géopolitiques et une valse des devises qui alourdissent les coûts logistiques. On voyait venir la dérive dès décembre 2025, et cet été, les smartphones vendus à moins de 400 dollars (environ 350 euros) ont reculé de plus de 22 %, d’après le cabinet Omdia.


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Moins bien et plus cher : la mauvaise surprise de la rentrée
Tout n’a pas basculé d’un coup. Le premier signal date de mars 2026 avec le Pixel 10a de Google. Ce petit milieu de gamme reprenait presque trait pour trait la fiche de son prédécesseur, le Pixel 9a : un module photo désormais affleurant, une charge un peu plus rapide, une meilleure protection d’écran, et c’est à peu près tout. C’était frustrant, mais au moins Google ne touchait pas au prix. Et à ce moment-là on ne mesurait pas notre chance.
Motorola a poussé le curseur un cran plus loin quelques mois après. Son Razr 70 gagnait un peu en photo et en performances, mais surtout 100 euros au passage, soit plus de 10 % d’augmentation. Le premier vrai coup de canif dans le contrat.
Puis est venue la rentrée, et là, on change de dimension. Le nouveau Redmi Note 17 5G cumule les reculs : processeur moins costaud, capteurs photo en baisse, suppression de la stabilisation optique et de l’ultra grand-angle, mémoire rognée, et un seul haut-parleur au lieu de deux. Le tout pour 350 euros, contre 300 auparavant. Un smartphone à la fois plus cher et moins bon que celui qu’il remplace, c’était du jamais-vu à ce point.
Même logique chez Samsung. Le Galaxy A18 4G, lancé mi-septembre à 279 euros, réclame 80 euros de plus que le Galaxy A17 4G d’il y a un an, soit près de 40 % de hausse. En échange ? Le processeur progresse, mais la protection d’écran descend d’une gamme, et le poids et les dimensions augmentent sans raison évidente. Son cousin, le Galaxy A27, rejoue la même partition, avec un ultra grand-angle et un capteur selfie moins définis, et un Bluetooth qui régressent du 5.3 au 5.1 et un prix en hausse, évidemment.
Le très haut de gamme, lui, continue de faire rêver
Faut-il en conclure que l’innovation est morte ? Que nenni. Elle se réfugie tout en haut. Les constructeurs concentrent leurs efforts sur le premium, quitte à sacrifier le reste de la gamme.
Oppo arrive d’ailleurs bientôt avec son Find X10 Pro Max, premier smartphone à embarquer trois capteurs photo arrière de 200 mégapixels chacun. La démonstration technique reste bien vivante, mais elle se paie au prix fort.
Apple a augmenté ses tarifs de 150 euros sur ses iPhone 18 Pro (et ça aurait pu être pire), mais les constructeurs Android sont en embuscade. Il se murmure qu’Oppo pourrait encore exploser les plafonds, quitte à trop se rapprocher de l’excellent Find X9 Ultra facturé 1700 euros à sa sortie. De quoi brouiller les gammes entre générations.
Mécaniquement, les portefeuilles ne vont pas suivre cette hausse brutale. Selon IDC, les livraisons mondiales de smartphones devraient chuter de 16,7 % en 2026, la pire année de l’histoire du secteur, pendant que le prix moyen d’un smartphone grimpe de 27,6 % pour atteindre 581 dollars (environ 505 euros). Et ce n’est pas près de s’arranger : la mémoire devrait rester chère au moins jusqu’en 2028. Pour beaucoup d’analystes, l’ère du smartphone bon marché ne se conjugue plus qu’au passé.
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Le bon réflexe : viser la génération d’avant
Alors, que faire en attendant que la tempête passe ?
Le plus sage, aujourd’hui, c’est de garder son smartphone actuel le plus longtemps possible. Et si vous devez vraiment changer sur l’entrée ou le milieu de gamme, lorgnez plutôt les modèles de 2024, 2025 ou tout début 2026.
La génération Redmi Note 15, sortie en janvier, coûte déjà bien moins cher que les Note 17 tout en restant très solide : sur Android, les prix chutent vite après la sortie, bien plus que chez Apple. Pour comparer les valeurs sûres du moment, comme un Pixel 10a face à un POCO X8 Pro Max, notre sélection des meilleurs smartphones à moins de 400 euros reste un bon point de départ.
Un dernier réflexe avant de sortir la carte bleue : regardez la date de sortie. Les mises à jour promises par les constructeurs, 4 ans de versions majeures et 6 ans de correctifs de sécurité chez Xiaomi par exemple, démarrent au lancement du smartphone, et non le jour où vous l’achetez. Un modèle lancé il y a un an a donc déjà grignoté une année de suivi. Un point qui peut avoir son importance selon les politiques de mises à jour des constructeurs.
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