Samsung réserve 70 % de sa mémoire à Nvidia, Microsoft et Google : la facture va s’alourdir pour nos PC et smartphones

Une note salée

 
Samsung aurait réservé 70 % de sa production mémoire à Nvidia, Microsoft et Google jusqu’en 2031. Pour tout le reste, smartphones, PC et consoles compris, la note va rester salée pendant des années.
Samsung Galaxy S26 Plus // Source : Vic pour Frandroid

Le quotidien économique coréen Seoul Economic Daily rapporte que Samsung a engagé environ 70 % de sa capacité de production mémoire auprès de trois clients : Nvidia, Microsoft et Google. Ces volumes sont bloqués jusqu’en 2031, via des contrats long terme.

Reste donc un petit tiers de la production pour l’ensemble du marché grand public : smartphones, ordinateurs, consoles, objets connectés, etc. L’information a d’abord circulé sur X avant d’être développée par la presse coréenne, et Samsung n’a pas détaillé les termes exacts de ces accords.

Un contrat verrouillé pour cinq ans

Un LTA (long-term agreement) est un contrat d’approvisionnement pluriannuel, à un prix fixé à l’avance. Rien d’exceptionnel dans l’industrie, mais dans la mémoire, ces accords se limitaient historiquement à un ou deux ans. Sécuriser un approvisionnement sur 5 ans, c’est inédit.

D’après l’analyse de Wccftech, ce type de contrat casse la nature cyclique du marché, les fabricants sécurisent leurs marges et gagnent en visibilité sur la demande. Ici c’est une nouvelle fois l’IA qui nourrit cette demande en mémoire haut de gamme : la HBM (High Bandwidth Memory), cette mémoire empilée à très haut débit.

C’est sur le prix que tout se joue. Toujours selon Seoul Economic Daily, un module HBM3E de 36 Go se négocie autour de 2 100 dollars (près de 1 800 euros) sur le marché spot, c’est-à-dire le marché libre au comptant. Les mêmes puces, sous contrat, tournent entre 500 et 700 dollars. Soit quatre à cinq fois moins cher.

Autrement dit, qui n’a pas signé de LTA paie sa mémoire jusqu’à cinq fois le tarif obtenu par Nvidia, Microsoft ou Google. Les startups de l’IA, les assembleurs de PC indépendants et les fabricants de smartphones de second rang partent tous avec ce handicap structurel.

Ici, c’est aussi la proportion qui impressionne et inquiète. Si 70 % des galettes de silicium partent vers l’IA, il en reste moins pour la DRAM classique, celle de nos téléphones et de nos ordinateurs.

Samsung évoquait déjà une hausse de 20 % sur la mémoire vive, et les prix ont déjà doublé sur un an. Le passage à la HBM4, qui empile encore plus de couches de DRAM par module, ne fait qu’aggraver la tension sur le reste du marché.

Le duopole coréen tient le robinet

Samsung et SK Hynix contrôlent à eux deux près de 70 % du marché mondial de la mémoire, ce qui leur donne un pouvoir de fixation des prix qu’aucun concurrent ne peut contester à court terme.

Le patron de SK Hynix, Kwak Noh-Jung, a prévenu que la pénurie durerait jusqu’en 2030. Son usine dédiée dans l’Indiana, plus de 4 milliards de dollars d’investissement, ne lancera pas sa production de puces avant le troisième trimestre 2029. Aucune capacité nouvelle et significative n’arrivera sur le marché avant cette date. SK Hynix parle carrément de l’année record de la pénurie.

Certains analystes espèrent que ces tarifs contractuels finiront par tirer les prix vers le bas, mais tant que Samsung n’aura pas publié les détails de ses accords, ce ne sera qu’un pari.


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