
Le 25 août 2026, un huissier s’était présenté à l’usine que Rebirth loue à Saint-Lô Agglo pour appliquer un avis d’expulsion. Le groupe a cependant refusé de quitter les lieux.
L’audience a été reportée
La prochaine étape administrative et judiciaire devait alors se jouer lors d’une audience de recours, attendue devant le tribunal de Coutances le 1er septembre 2026. Cette dernière a finalement été reportée à une date encore inconnue, nous indique par mail l’agglomération de Saint-Lô.
Le bras de fer continue donc entre les deux parties, et cet énième rebondissement de l’affaire Rebirth risque de traîner encore un moment.


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L’origine du conflit est lié à une loyers impayés. Rebirth loue les murs de l’usine où il assemble ses vélos électriques, des murs qui appartiennent à l’agglomération. Faute de paiement, les impayés ont atteint 122 665,81 euros au 4 mai 2026, un montant qui mêle loyers, taxes et frais.
C’est ce chiffre qui a poussé Saint-Lô Agglo à engager la procédure d’expulsion. Le tribunal de Coutances avait pourtant déjà accordé, en novembre 2023, une dernière période probatoire de deux ans à Rebirth. Pour rappel, Rebirth chapeaute plusieurs marques bien connues – Solex, Gitane, Peugeot Cycles, Angell et le belge Cowboy – et affiche un plan de réindustrialisation ambitieux sur le papier, à Romilly-sur-Seine.
La confiance est rompue
Ces loyers impayés sont liés à un autre litige, de 800 000 euros cette fois, autour de la TVA. Nous vous racontions l’ensemble de cette affaire dans un dossier dédié.
De son côté, Fabrice Lemazurier, président de l’agglomération de Saint-Lô, avait lui-même anticipé le report de l’audience en août. Saint-Lô Agglo juge désormais la situation irrévocable et la confiance rompue, reprochant à Rebirth de tenir une usine « qui ne sort pas de vélos ». Le groupe conteste quant à lui la légitimité de la procédure. Son patron, Grégory Trébaol, la qualifie d’« inacceptable » et n’évoque que trois mois de loyers en retard.
Pour l’instant, Rebirth refuse de plier et aucune nouvelle date d’audience n’est arrêtée. Le sort de l’usine de Saint-Lô, et des emplois qui en dépendent, reste suspendu à une décision de justice qui, elle, n’a pas donc encore de calendrier.
Notre dossier en 3 volets sur l’avenir de Rebirth :
- Peugeot Cycles, Solex, Gitane : « 2026 est une année charnière » selon le patron de Rebirth
- Flottes d’entreprises et leasing : la stratégie jusqu’ici tenue secrète de Rebirth (Peugeot Cycles, Cowboy, Gitane)
- « 150 000 à 200 000 unités par an » : usine de 29 000 m² et cadre de vélo injecté en trois minutes, l’ambitieux plan de réindustrialisation de Rebirth
Notre autre dossier en 4 volets sur Cowboy/Rebirth :
- « Je ne recommande à personne d’en acheter » : la grogne et le désespoir des utilisateurs de vélos électriques Cowboy six mois après le rachat par Rebirth
- 45 millions d’euros de dette effacés, 18 000 lignes de SAV, 12 000 cadres à remplacer : le patron de Rebirth défend sa reprise de Cowboy
- Batteries en rupture, factures salées et attente interminable : le cauchemar des réparations chez Cowboy
- « Ce chiffre n’est plus à jour » problèmes de SAV, retard des livraisons, Cowboy répond à notre enquête sur Rebirth
Notre autre dossier en 3 volets sur Angell/Rebirth :
- 57 millions de passif, cadres brisés, procès : notre autopsie industrielle des vélos électriques Angell
- « Il y a un sentiment d’abandon » : le calvaire des clients des vélos électriques Angell après le rachat de Rebirth
- Vélos électriques Angell : l’interminable bras de fer à plusieurs millions d’euros qui paralyse des milliers de clients
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