Fin des disques PS5 : les éditeurs sortent du silence à la Gamescom

Sony ne lâche rien

 
À la Gamescom 2026, plusieurs éditeurs ont dit à Sony tout le mal qu’ils pensaient de la fin des disques PS5. Deux mois après l’annonce, le constructeur n’a rien lâché.

John Linneman, journaliste chez Digital Foundry, était présent au salon. Dans un podcast, il raconte que les éditeurs croisés sur place étaient « largement très contrariés ». Beaucoup réalisent l’essentiel de leurs revenus grâce au disque, et digèrent mal un basculement vers le tout-numérique décidé sans eux. Selon lui, « il y a beaucoup de ressentiment envers ce que Sony a fait et continue de faire ».

Sony a acté ce virage le 1er juillet 2026 sur son PlayStation Blog. À partir de janvier 2028, plus aucun nouveau jeu ne sortira sur disque PS5 : tout passera par le numérique, en boutique en ligne ou chez les revendeurs. Pour se justifier, l’entreprise invoque les habitudes d’achat, qui jouent clairement en sa faveur. D’après les résultats financiers de Sony, 85 % des jeux PlayStation vendus au dernier trimestre de son exercice l’ont été en numérique.

La colère des éditeurs n’a pas attendu la Gamescom. Le label iam8bit a publié un communiqué condamnant la décision, et plusieurs studios et distributeurs ont fait part de leur « profonde déception », rapporte GamesIndustry.biz. La contestation dure depuis l’annonce, faite dans le sillage de GTA 6, sans que Sony ne propose le moindre compromis. Signe du malaise en interne, Hiroki Totoki, le patron de Sony, a même vendu 56 % de ses actions deux jours après l’annonce.

Qui perd vraiment avec la fin du disque

Tous les éditeurs ne logent pas à la même enseigne. Les petits labels comme Limited Run et iam8bit vivent du disque collector : tirages limités et jaquettes soignées pour amateurs, un modèle presque entièrement adossé au physique. Les gros éditeurs AAA, eux, encaissent déjà surtout du numérique et absorbent mieux le choc. Certains applaudissent même : le patron de Take-Two défend la fin du physique, et celui d’Ubisoft donne raison à Sony.

En Europe, et particulièrement en France, l’achat en magasin, la revente et l’échange d’occasion restent des habitudes bien installées. Pour le joueur, la fin du disque signifie la disparition de la revente, du prêt entre amis et de toute propriété réelle sur ses jeux. Sony l’a d’ailleurs rappelé lui-même en écrivant à ses joueurs qu’ils ne possèdent pas leurs jeux. La décision lui vaut déjà d’être attaqué en justice dans deux pays, et le constructeur a commencé à apposer un avertissement sur les boîtes de PS5. Les grosses licences, elles, trouveront des parades : CD Projekt Red a confirmé que The Witcher 4 aura une édition physique, sans préciser sur quel support ni via quel éditeur.

Xbox et Nintendo observent, Sony ne bouge pas

La grogne fait le jeu de la concurrence. Microsoft aurait profité de la Gamescom pour approcher les éditeurs mécontents avec une stratégie « 100 % physique » autour de son projet Helix. Push Square note d’ailleurs que les témoignages se contredisent sur l’ampleur réelle du mécontentement. Nintendo, de son côté, ne montre aucun signe d’abandon des cartouches sur Switch 2, et Linneman glisse que certains éditeurs songent à s’y tourner pour continuer à vendre du physique.

Sony reculera-t-il ? Rien ne l’indique pour l’instant. Après deux mois de protestations sur les réseaux et YouTube, l’entreprise n’a offert aucun geste, visiblement prête à sacrifier un peu de bonne volonté et quelques ventes physiques pour pousser ses joueurs vers le PS Store.


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