Poursuivi en justice, Sony affirme qu’on ne peut pas posséder un jeu PlayStation dématérialisé

 
Après avoir rappelé aux joueurs qu’ils ne possèdent pas leurs jeux, Sony veut les convaincre qu’il n’est pas possible d’en posséder une version dématérialisée.
Source : illustration Frandroid

La fin du support physique sur PlayStation a été actée au début de l’été par Sony et rien ne semble arrêter la firme dans son projet, malgré la fronde des joueurs. Ces derniers ont même reçu il y a peu un e-mail leur rappelant la réalité du dématérialisé, à savoir qu’en achetant leur jeu sur le PlayStation Store, ils n’en possèdent qu’une licence d’utilisation et non la pleine propriété.

Une action en justice collective sur ce sujet brûlant a forcé les avocats de Sony à s’exprimer face aux plaignants. Dans une déclaration relayée par Stephen Totilo dans sa newsletter Game File (via Insider Gaming), Sony insiste sur l’impossibilité de posséder un jeu acheté par voie numérique :

À l’ère du numérique, il n’est pas plausible de prétendre que des consommateurs raisonnables pensaient acquérir la « propriété » d’un jeu vidéo. Si tel avait été le cas, le demandeur Edward Heycock n’aurait pas pu se procurer le jeu Resident Evil Requiem le 25 février 2026, au prix de 69,99 $, sur le PlayStation Store, après que le demandeur Jason Mendoza se l’était procuré le 14 février 2026, car c’est M. Mendoza, et non Sony, qui en aurait alors été propriétaire.

Cet argument sur la propriété n’est toutefois que la ligne de défense secondaire de Sony. Sa demande principale, révélée par Game File, est de renvoyer l’affaire vers un arbitrage privé, au motif que les conditions d’utilisation de PlayStation obligent les joueurs à régler leurs litiges de cette façon. Les arguments sur l’impossibilité de posséder un jeu ne s’appliqueront que si le juge refuse cet arbitrage.

Pour aller plus loin
Fin des disques PS5 : les éditeurs sortent du silence à la Gamescom

Une question de législation ?

Cette action collective, déposée en juin 2026 par quatre clients PlayStation, s’appuie sur une loi californienne, l’AB 2426, entrée en vigueur en janvier 2025. Ce texte encadre l’usage de mots comme « acheter » pour des biens numériques concédés sous simple licence. Les plaignants estiment que les boutons « Acheter » et « Confirmer l’achat » du PlayStation Store laissent croire à une véritable propriété.

Sony, tout comme Xbox ou encore Steam, n’est obligé par aucune loi de fournir cette propriété à l’achat d’un jeu sur leurs magasins dématérialisés.

Selon Sony, une copie d’un jeu numérique ne peut décemment pas être possédée par plusieurs joueurs. Or une copie contient certes les mêmes fichiers, mais sa licence pourrait, en théorie, être délivrée indéfiniment.

La question de la propriété soulève alors d’autres défis techniques comme la revente ou le transfert de ces licences. Mais sachant que toutes ces copies de jeux sont protégées par des systèmes DRM conçus spécifiquement pour protéger cette unique licence, les entreprises comme Sony ou Microsoft n’ont, pour le moment, aucune intention de fournir un compromis aux joueurs à l’arrivée de la nouvelle génération de console.

Si Xbox permet depuis peu de convertir ses jeux physiques en versions dématérialisées, Sony ne freinera pas dans son élan d’ici à 2028.


Si vous voulez recevoir les meilleures actus Frandroid sur WhatsApp, rejoignez cette discussion.

Recherche IA boostée par
Perplexity